Syrie: 500 morts en un mois à Alep et risque de pénurie alimentaire

«La faim a été utilisée comme arme» dans... (Photo Abdalrhman Ismail, Reuters)

Agrandir

«La faim a été utilisée comme arme» dans l'offensive russo-syrienne, a estimé le secrétaire des nations unies, Ban Ki-moon.

Photo Abdalrhman Ismail, Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a fustigé jeudi les résultats «horribles» des bombardements russes et syriens sur Alep-est qui ont fait, selon lui, près de 500 morts et 2000 blessés depuis le 23 septembre.

Un quart des personnes tuées sont des enfants et la nourriture se raréfie dans la partie assiégée de la ville syrienne, a-t-il souligné lors d'une session informelle de l'assemblée générale de l'ONU consacrée au martyre d'Alep.

Aucun convoi de l'ONU n'est entré dans cette partie de la ville depuis le 7 juillet «et, dans ces conditions dignes du Moyen-Age, les plus vulnérables sont ceux qui souffrent le plus», a-t-il rappelé.

«La faim a été utilisée comme arme» dans cette offensive, a estimé M. Ban. «Les rations alimentaires seront épuisées à la fin du mois».

Tout en «accueillant favorablement» la pause décidée par la Russie dans les bombardements --ce qui devrait permettre des évacuations médicales dès vendredi--, il a ajouté: «C'est le strict minimum».

Il a exigé «un plein accès humanitaire à la partie Est d'Alep».

«N'avons-nous rien appris de Srebrenica et du Rwanda?», a-t-il lancé aux ambassadeurs réunis. «Quand la communauté internationale va-t-elle s'unir pour mettre fin à ce carnage?»

Cette réunion avait été convoquée à l'initiative du Canada, soutenu par 71 pays, après que le Conseil de sécurité eut échoué à adopter une résolution pour mettre fin aux bombardements russes et syriens sur Alep.

Ces 72 pays, sur les 193 membres de l'ONU, ont signé une lettre adressée à M. Ban lui demandant que l'assemblée se saisisse de la crise humanitaire en Syrie.

La Russie et la Chine, ainsi que de nombreux pays africains et quatre autres membres du Conseil (Angola, Sénégal, Japon, Venezuela) n'avaient pas signé cette missive.

«La souffrance des Syriens n'attend pas. Nous devons agir maintenant», a affirmé devant l'Assemblée le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion. «Le régime du (président syrien Bachar al-) Assad et les forces qui l'appuient, surtout la Russie, ont l'obligation de cesser les frappes sur la population civile et de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire dans de bonnes conditions».

Pour M. Dion, «une courte pause humanitaire, annoncée unilatéralement, sans préavis et sans paramètres clairs, ne permet pas les secours nécessaires».

Il a dénoncé «l'incapacité du Conseil de Sécurité à s'acquitter de ses responsabilités», réclamant du Conseil «une résolution forte pour mettre fin à la violence et au bain de sang».

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine s'est déclaré «perplexe». Il a noté que M. Ban «n'avait pas prononcé un seul mot sur les organisations terroristes, comme si le désastre en Syrie était dû à l'ouragan qui a frappé Haïti».

La Russie affirme qu'elle lutte à Alep et dans le reste de la Syrie contre des groupes jihadistes, comme le groupe État islamique (EI) ou le Front al-Nosra (rebaptisé Front Fateh al-Cham en juillet), classés terroristes par l'ONU.

L'ambassadrice américaine Samantha Power a répliqué que «ce ne sont pas les terroristes qui larguent des bombes sur les hôpitaux et les habitations civiles dans l'est d'Alep (...), ce sont le régime d'Assad et la Russie».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer