Malgré la trêve à Alep, l'UE envisage des sanctions contre Moscou

Le président Vladimir Poutine (au centre) s'est entretenu,... (photo Mikhail Klimentyev, AP)

Agrandir

Le président Vladimir Poutine (au centre) s'est entretenu, mercredi à Berlin, avec la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue français François Hollande (à droite) sur l'épineux dossier syrien.

photo Mikhail Klimentyev, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Crise dans le monde arabe

International

Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les tumultes, conflits et guerres qui ont suivi le «Printemps arabe». »

Karam al-Masri
Agence France-Presse
ALEP

La trêve « humanitaire » décrétée par Moscou dans la ville syrienne d'Alep est entrée en vigueur jeudi, mais presque aucun habitant des quartiers rebelles n'avait emprunté les couloirs établis pour évacuer les civils et les rebelles.

La durée de cette « pause humanitaire » de onze heures par jour reste confuse, Moscou annonçant une prolongation de 24 heures, soit jusqu'à vendredi soir, tandis que l'ONU a affirmé que la Russie la maintiendrait jusqu'à samedi soir.

Dénonçant les bombardements meurtriers du régime syrien et de son allié russe sur les quartiers rebelles d'Alep depuis le 22 septembre, les pays de l'Union européenne, qui se réunissent à Bruxelles jeudi soir, ont indiqué envisager « toutes les options y compris des sanctions » contre le pouvoir de Damas et ses soutiens, dont Moscou.

À Alep, deuxième ville de Syrie devenue un des enjeux majeurs de la guerre qui ensanglante ce pays depuis 2011, la pause dite « humanitaire » annoncée par la Russie est entrée en vigueur à 8 h locales (1 h, heure de Montréal).

Huit couloirs humanitaires, dont six pour l'évacuation de civils, de malades et de blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés, mais qui peuvent également être utilisés pour les civils, ont été mis en place, avait annoncé mercredi l'armée russe.

Couloirs déserts

Un photographe de l'AFP ayant visité quatre couloirs n'a vu aucun civil les emprunter, précisant qu'une mère, sa fille, et un homme âgé qui s'étaient engagés dans l'un d'entre eux près du quartier rebelle de Boustane al-Qasr avaient finalement fait demi-tour après avoir entendu des tirs d'artillerie et d'armes automatiques.

Un autre photographe de l'AFP a vu sept blessés réussir à quitter la zone rebelle par Boustane al-Qasr.

Hormis, ces combats dans la matinée, la situation était relativement calme dans cette ville divisée depuis 2012 entre zones tenues par les rebelles à l'est et quartiers sous contrôle du régime à l'ouest.

Des roquettes ont toutefois été tirées sur des quartiers tenus par le gouvernement, blessant une petite fille, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Après avoir soumis les quartiers insurgés d'Alep et leurs quelque 250 000 habitants à un déluge de feu, s'attirant des accusations de crimes de guerre, le régime du président Bachar al-Assad et son allié russe ont suspendu leurs raids aériens depuis mardi.

Les Nations unies espèrent évacuer les premiers blessés d'Alep dès vendredi, a annoncé Jan Egeland, qui dirige le groupe de travail sur l'aide humanitaire en Syrie. Environ 200 blessées et malades ont besoin d'être évacués de toute urgence de l'est d'Alep, selon l'ONU.



Ancienne capitale économique de Syrie, Alep est devenue... (photo archives REUTERS) - image 3.0

Agrandir

Ancienne capitale économique de Syrie, Alep est devenue l'un des symboles de la guerre qui déchire la Syrie depuis mars 2011.

photo archives REUTERS

« Risquer ma vie »

Si des habitants des zones rebelles interrogés par le correspondant de l'AFP ont exprimé le souhait de partir, ils restent sceptiques face aux promesses de trêve de la Russie et du régime syrien, pourtant relayées à coups de tracts et messages dans des haut-parleurs.

« Même si j'ai besoin de sortir d'ici, à cause de la détérioration des conditions de vie avec le siège et le manque de nourriture et de travail, je ne vais pas risquer ma vie et celle de ma famille et être le premier à emprunter ces passages », a indiqué à l'AFP Mohamed Shayah, au chômage et père de quatre enfants.

Dans des messages diffusés par des haut-parleurs, l'armée syrienne appelait les habitants des quartiers Est à « saisir la chance », selon le photographe de l'AFP.

La Russie a toutefois souligné que si ceux qu'elles qualifient de « terroristes » utilisent « la pause humanitaire pour mener des frappes, pour se réarmer, pour renforcer leur arsenal, alors il n'y aura naturellement plus de pause ».

Les Occidentaux et les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent depuis des semaines les bombardements, accusant la Russie d'avoir visé des cibles civiles, notamment des hôpitaux.

Les 28 pays de l'UE, réunis en sommet jeudi, envisagent « toutes les options y compris des sanctions supplémentaires » ciblant « les soutiens du régime », selon un projet d'accord qu'a pu consulter l'AFP.

La première ministre britannique Theresa May a appelé à une réponse « forte et unie » face « à l'agression russe » en Syrie.

La « pause humanitaire » russe n'a suscité que méfiance chez les groupes rebelles. Les Russes « ont violé toutes les initiatives précédentes, et nous ne leur faisons aucunement confiance », a indiqué à l'AFP Yasser al-Youssef un responsable de l'influent groupe rebelle d'Alep, Noureddine al-Zinki.

Au nord d'Alep, l'armée turque a annoncé avoir mené une série de frappes contre des milices kurdes, tuant entre 160 et 200 membres des Unités de protection du peuple kurde (YPG), branche armée du parti kurde syrien PYD. De son côté, l'OSDH a fait état d'au moins 11 morts et 24 blessés parmi les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington.

La guerre en Syrie a fait plus de 300 000 morts et implique une multitude d'acteurs syriens et étrangers ainsi que des groupes djihadistes.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer