Alep: « la plus grave catastrophe humanitaire» en 5 ans de guerre

Une femme est assise sur le trottoir d'une... (photo Abdalrhman Ismail, REUTERS)

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Une femme est assise sur le trottoir d'une rue anéantie au milieu des immeubles défigurés, dans le quartier rebelle d'al-Myassar, à Alep, le 27 septembre.

photo Abdalrhman Ismail, REUTERS

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
NATIONS UNIES

La situation à Alep est « la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue en Syrie » en cinq ans de guerre, a dénoncé jeudi le chef des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien.

Il a souligné devant le Conseil de sécurité que le système de santé dans la partie assiégée de la ville « était sur le point de s'écrouler totalement ».

Les plus de 100 000 enfants pris au piège dans cette zone bombardée sans relâche, dont une centaine ont déjà été tués, « sont parmi les plus vulnérables, les premiers à souffrir et ceux qui souffrent le plus ».

En raison du siège imposé à la partie Est rebelle d'Alep, « la nourriture reste rare », avec seulement des rations disponibles pour nourrir 40 000 personnes pendant un mois, a indiqué M. O'Brien. Il a cité « des cas de morts par malnutrition, maladie ou empoisonnement » de civils consommant des denrées avariées.

L'eau commence aussi à manquer et on s'attend à une « augmentation dramatique et imminente » de certaines maladies, a-t-il énuméré.

« Un jour, il n'y aura plus d'endroit où se cacher pour les individus et les institutions qui, de manière cynique et sans pitié, commettent ces crimes de guerre », a-t-il souhaité, en soulignant que les preuves s'accumulaient et qu'elles pourront un jour servir à juger ces responsables.

L'ONU est prête à secourir les civils des quartiers rebelles d'Alep qui n'ont reçu pratiquement aucune aide depuis juillet, mais il faut pour cela rétablir le cessez-le-feu ou au moins instaurer d'urgence des « pauses humanitaires de 48 heures par semaine ».

« La Syrie saigne, ses habitants meurent, nous entendons tous leurs appels à l'aide », a-t-il conclu en exhortant le Conseil à « agir immédiatement ».

« Il est temps que le Conseil cesse de tolérer le total mépris pour les lois humanitaires internationales » dont font preuve les belligérants, a-t-il ajouté.

Avant le début de la session du Conseil, l'ambassadrice américaine Samantha Power avait fustigé la « sauvagerie » de l'armée syrienne et des forces russes qui bombardent Alep.

« Nous assistons à la semaine la plus féroce dans une guerre incroyablement féroce qui dure depuis plus de cinq ans », a-telle dénoncé en soulignant que la partie rebelle d'Alep avait été soumise à 1700 raids ayant tué « plus de 1000 » civils.

Pour Mme Power, la Russie « ne se contente pas de soutenir le régime (syrien), mais bombarde avec lui, dépassant en brutalité ce que nous avons vu de la part du régime ».

Cette offensive, a-t-elle prédit, « va générer encore plus de réfugiés (...) c'est un cadeau fait au groupe État islamique et au Front al-Nosra », deux organisations extrémistes que Moscou affirme combattre.

L'ambassadeur français François Delattre a indiqué à la presse que la France avait « commencé à discuter de son projet de résolution sur Alep » qui vise à « imposer un cessez-le-feu ».

Mais il a estimé qu'il était « trop tôt pour dire » si la Russie était disposée à accepter ce texte.

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