Pluie de bombes sur les quartiers rebelles d'Alep

Des blessés reçoivent des soins dans un hôpital... (PHOTO KARAM AL-MASRI, AFP)

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Des blessés reçoivent des soins dans un hôpital de fortune à la suite des frappes survenues sur Alep, le 24 septembre.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Karam AL-MASRI, Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
Alep et Beyrouth

Au moins 32 civils ont péri samedi dans les quartiers rebelles d'Alep ravagés par une pluie de bombes larguées par le régime syrien et son allié russe pour le cinquième jour consécutif, après un nouvel échec des discussions américano-russes sur une trêve.

Au moins sept d'entre eux, parmi les rares personnes à s'aventurer dehors à la recherche de nourriture, ont été fauchés par une bombe alors qu'ils faisaient la queue pour acheter du yaourt, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le correspondant de l'AFP a décrit une scène tragique, avec une mare de sang et des parties de corps déchiquetées sur le sol. Les cliniques étaient débordées par l'arrivée des nombreux blessés, dont beaucoup gémissaient de douleur au sol, faute de lits.

Ajoutant à leurs souffrances, les quelque 250 000 habitants de la partie rebelle d'Alep étaient privés d'eau samedi, tout comme 1,5 million de personnes du côté loyaliste de la deuxième ville de Syrie, selon l'ONU.

Malgré plusieurs réunions cette semaine à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, Russes et Américains, qui soutiennent des camps opposés dans cette guerre, n'ont pas réussi à s'entendre sur un nouveau cessez-le-feu en Syrie et se renvoyait à la figure la responsabilité de ce naufrage diplomatique.

Les ministres américain et russe des Affaires étrangères, John Kerry et Sergueï Lavrov, étaient parvenus à imposer une trêve entrée en vigueur le 12 septembre, mais elle avait volé en éclats une semaine plus tard.

Secouristes dépassés

Depuis lundi, les bombardements du régime de Bachar al-Assad et de l'armée russe frappent de plus belle l'ancienne capitale économique du pays, divisée depuis 2012 entre quartiers est tenus par les insurgés et secteurs ouest aux mains du pouvoir de Damas.

Les habitants des quartiers rebelles étaient terrés chez eux samedi matin alors que les bombardements n'ont pas cessé, faisant au moins 32 morts, selon l'OSDH.

L'Observatoire a fait état de raids de l'aviation russe et du largage de barils d'explosifs par les hélicoptères du régime pour la seconde nuit consécutive après l'annonce jeudi soir par Damas d'une vaste offensive visant à reprendre les secteurs rebelles, assiégés par les forces gouvernementales.

Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, a estimé que le régime avait durement frappé le quartier Boustane al-Qasr, où sept civils ont été tués samedi, «parce qu'il veut pousser les gens à partir pour les secteurs d'Alep tenus par le gouvernement et reprendre ce secteur» proche de la ligne de démarcation.

Vendredi, au moins 47 civils dont sept enfants avaient été tués dans les bombardements, selon l'OSDH.

Le correspondant de l'AFP dans les zones rebelles a rapporté samedi des destructions massives, notamment dans les quartiers d'Al-Kalasseh et Boustane al-Qasr, dont certaines rues ont quasiment disparu en raison de l'effondrement des bâtiments.

Les «Casques blancs», les secouristes en zone rebelle, étaient totalement dépassés par l'ampleur des bombardements. Ils ont indiqué qu'il ne leur restait désormais que deux camions de pompiers pour porter secours à l'ensemble des quartiers insurgés.

Les ambulances rencontrent de plus en plus de difficultés pour circuler en raison du manque de lumière -dû aux coupures de courant-, et de carburant ainsi qu'aux gravats dans les rues, qui rendent certains secteurs inaccessibles.

Alep sans eau 

Dans la nuit, des habitants et militants ont décrit l'utilisation d'un nouveau type de roquettes qui secoue le sol comme un tremblement de terre et assez puissant pour qu'un immeuble de plusieurs étages s'écroule comme un château de cartes.

L'explosion, qui provoque d'énormes cratères, détruit également le sous-sol du bâtiment, où les habitants trouvent habituellement refuge.

En plus des violences, les habitants d'Alep se sont retrouvés sans eau courante samedi, a indiqué dans un communiqué l'Unicef, qui craint l'«apparition catastrophique de maladies à transmission hydrique» notamment chez les enfants.

«Des attaques intenses la nuit dernière ont endommagé la station de pompage de Bab al-Nayrab» qui alimente l'est de la ville et en raison des violences, les équipes de réparation n'ont pu y avoir accès, a indiqué Hanaa Singer, représentante de l'Unicef en Syrie.

Si les habitants de l'ouest peuvent avoir recours à des puits profonds pour pallier cette coupure d'eau courante, ceux de l'est ont des puits, mais leur eau est contaminée, selon l'Unicef.

Alep, principale ville du nord du pays, est un enjeu majeur de la guerre en Syrie qui a fait plus de 300 000 morts depuis 2011 et engendré la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ailleurs dans le pays, un convoi de 36 camions d'aide humanitaire destinée à quelque 75 000 personnes a pu arriver samedi à al-Waer, dernier quartier rebelle de la ville de Homs (centre), a annoncé le CICR.

Les Nations unies avaient suspendu la distribution d'aide humanitaire en Syrie pendant deux jours après l'attaque meurtrière contre un convoi lundi près d'Alep, qui a tué une vingtaine de civils et provoqué un tollé international.

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