Pluie de bombes sur Alep

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Un garçon examine les dommages causés dans sa rue à la suite d'un intense pilonnage par l'aviation du régime et de son allié russe du quartier de Tariq al-Bab dans lequel il réside à Alep, le 23 septembre.

photo Abdalrhman Ismail, REUTERS

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Karam AL-MASRI
Agence France-Presse
ALEP

Un déluge de feu s'est abattu vendredi sur les quartiers rebelles d'Alep soumis à des bombardements d'une violence inouïe du régime syrien et de son allié russe, prélude à une opération terrestre contre cette partie de la ville où vivent 250 000 habitants.

Malgré une rencontre à New York entre les chefs de la diplomatie américaine John Kerry et russe Sergueï Lavrov, dont les pays soutiennent des camps opposés, la communauté internationale semble incapable d'arrêter ce conflit qui a fait plus de 300 000 morts et engendré la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon le journaliste de l'AFP dans la partie rebelle d'Alep (nord), les frappes aériennes sont incessantes, les destructions considérables et les services de secours impuissants face à l'ampleur de la violence.

Au moins 45 civils, dont six enfants et cinq femmes, ont été tués dans les bombardements, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Le bilan pourrait s'alourdir, des habitants se trouvant encore sous les ruines d'immeubles pulvérisés par les bombes du régime et de la Russie.

Dans le quartier Al-Kallasé, les secouristes, avec seulement un bulldozer et leurs mains, fouillent de manière dérisoire dans les gigantesques amas de décombres après l'effondrement de trois bâtiments.

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Le quartier Ansari, contrôlé par les rebelles, a... (PHOTO KARAM AL-MASRI, AFP) - image 3.0

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Le quartier Ansari, contrôlé par les rebelles, a été touché par les frappes, le 23 septembre.

PHOTO KARAM AL-MASRI, AFP

Deux centres des « Casques blancs », des secouristes récemment récompensés par une fondation suédoise pour « leur courage exceptionnel », ont été touchés par les bombardements. L'un d'eux est complètement dévasté.

Les secouristes ont indiqué à l'AFP ne plus disposer que de 2000 litres de carburant. Ils doivent désormais le rationner et choisir où intervenir.

« Abandonnés à la mort »

« En deux jours, les hôpitaux soutenus par Médecins sans frontières ont reçu 145 blessés (...), mais nous savons que dans de nombreux quartiers, les blessés et les malades n'ont aucun endroit où aller et sont simplement abandonnés à la mort », a déploré l'organisation humanitaire.

Sur les réseaux sociaux, des militants d'Alep racontent la peur. « Chacun est dans sa maison en attendant la mort », a écrit l'un d'eux.

La coalition de l'opposition syrienne a dénoncé « une campagne criminelle » du régime Assad et critiqué le « silence » de la communauté internationale.

Ancienne capitale économique de la Syrie, Alep est un enjeu majeur de la guerre. La ville est divisée depuis 2012 entre des quartiers ouest contrôlés par le régime et des quartiers est rebelles.

Dans l'ouest de la province d'Alep, 15 personnes, dont 11 enfants, ont par ailleurs été tuées par un raid russe sur le village rebelle de Bechkatine, selon l'OSDH qui fait aussi état de bombardements aériens ayant fait 11 morts à al-Bab, fief du groupe État islamique (EI) dans la province, sans pouvoir déterminer la nationalité des avions.

L'armée du régime Assad, qui assiège la partie rebelle d'Alep depuis deux mois, a annoncé jeudi soir le lancement d'une offensive pour reprendre ces quartiers.

« Nous avons commencé des opérations de reconnaissance et de bombardements aériens et d'artillerie », a affirmé une source militaire de haut niveau. « Elles peuvent durer des heures ou des jours avant une opération terrestre. »

Une autre source militaire à Damas a assuré que « le nombre de combattants (du régime) permettait très bien de commencer une opération terrestre, car de nombreux renforts sont arrivés à Alep ».

« Négociations par le feu »

« Ce qui se passe, c'est qu'Alep est attaquée et que tout le monde a repris les armes », a déploré jeudi à New York l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Une trêve convenue le 9 septembre par Moscou et Washington a volé en éclats lundi et n'a pas permis de livrer de l'aide humanitaire dans la partie d'Alep assiégée.

L'ONU a annoncé vendredi envisager une route alternative pour faire parvenir vivres et médicaments aux habitants des quartiers rebelles, alors que 40 camions d'aide humanitaire sont bloqués depuis une semaine à la frontière entre la Turquie et la Syrie.

Sur le plan diplomatique, la réunion jeudi du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) à New York a été un échec.

Vendredi, le secrétaire d'État américain a finalement rencontré son homologue russe en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, mais sans résultat marquant.

« Nous avons échangé des idées et nous avons fait de petites avancées », a brièvement déclaré M. Kerry.

Bien que l'aviation de la Russie soutienne son allié syrien dans les bombardements qui frappent Alep, M. Lavrov a estimé à la tribune de l'ONU « essentiel » de préserver l'accord pour un cessez-le-feu en Syrie.

Pour le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, le régime de Damas « joue la carte d'une partition de la Syrie ».

« À Alep, ce sont les négociations par le feu », affirme un analyste proche du régime à Damas.

La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression dans le sang de manifestations prodémocratie. Elle s'est complexifiée avec l'entrée en jeu d'acteurs étrangers et de djihadistes.

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