Deux ambulances bombardées en Syrie

Un homme porte dans ses bras un bambin... (photo Abdalrhman Ismail, REUTERS)

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Un homme porte dans ses bras un bambin blessé lors d'une frappe aérienne, alors qu'il tente de se frayer un chemin parmi les gravats dans le quartier rebelle d'Al-Qaterji, à Alep, le 21 septembre. Des dizaines de frappes ont visé la deuxième ville de Syrie et ses environs, deux jours après l'annonce par l'armée de la fin de la trêve dans le pays.

photo Abdalrhman Ismail, REUTERS

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

Consultez notre dossier complet sur les tumultes, conflits et guerres qui ont suivi le «Printemps arabe». »

Karam Al-MASRI, Cécile FEUILLATRE
Agence France-Presse
ALEP et NEW YORK

De violents bombardements secouaient mercredi Alep, épicentre du conflit syrien, un raid ayant notamment tué quatre infirmiers et ambulanciers, alors qu'une relance de la trêve en Syrie est empoisonnée par les désaccords entre Russes et Américains.

« Tout peut basculer d'un côté comme de l'autre », a prévenu mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devant le Conseil de sécurité, réuni pour une session de crise sur la Syrie après l'échec d'un énième accord de cessez-le-feu décrété le 9 septembre sous le parrainage des chefs de la diplomatie américaine et russe John Kerry et Sergueï Lavrov.

L'armée russe a annoncé le déploiement de son porte-avion en Méditerranée pour renforcer ses capacités militaires alors que les violences en Syrie ont repris de plus belle lundi soir.

Mardi soir, 24 heures après un raid meurtrier contre un convoi humanitaire de l'ONU, une frappe aérienne a visé deux ambulances à Khan Toumane, au sud d'Alep, qui venaient évacuer les blessées d'un premier raid.

Deux ambulanciers et deux infirmiers ont été tués et un troisième se trouve dans un état critique, a indiqué l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM).

Dans un premier temps, en raison d'une « confusion », cette ONG qui opère à travers la Syrie avait affirmé que le raid avait dévasté un de ses centres médicaux, ce qui n'est pas le cas.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le premier raid visait un dispensaire de l'Armée de la Conquête, coalition regroupant des rebelles et des djihadistes du Front Fateh al Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, appelée alors Front al-Nosra). C'est en évacuant les blessés que les deux ambulances ont été prises pour cible.

Khan Toumane est une localité rebelle qui a changé plusieurs fois de mains et que le régime tente de reprendre.

La nationalité des avions ayant mené ce raid n'a pas été déterminée dans l'immédiat, mais les forces aériennes du régime et de son allié russe frappent fréquemment dans la province d'Alep.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, la Syrie est le pays le plus dangereux pour les personnels soignants avec 135 attaques contre des centres médicaux en 2015.

Pluie d'obus à Alep

Des dizaines de frappes ont visé Alep et ses environs, deux jours après l'annonce par l'armée de la fin de la trêve dans le pays.

Le journaliste de l'AFP dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie a compté « au moins 100 » explosions de minuit jusqu'à 5 h du matin (22 h mardi, heure de Montréal).

Un immeuble de six étages s'est effondré dans le quartier rebelle de Soukkari. « Il n'y avait dans l'immeuble que deux frères », a indiqué à l'AFP Abou Ahmad, qui vit dans un bâtiment voisin, en dégageant les gravats sur le trottoir.

« Je leur avais rendu visite une heure avant la frappe, on a bu du thé ensemble et maintenant ils sont morts », s'est-il désolé.

Dans un autre quartier rebelle, celui de Qadi Askar, plusieurs immeubles se sont effondrés, selon une vidéo obtenue par l'AFP. Les images montrent un volontaire de la Défense civile tentant de se frayer un chemin parmi les gravats au premier étage d'un bâtiment tandis que des enfants marchent au milieu des ruines.

Dans la partie gouvernementale, deux personnes ont été tuées et sept blessées par des obus tirés depuis les quartiers rebelles.

Par ailleurs, au moins sept personnes ont perdu la vie et 35 ont été blessées par huit missiles tirés sur la localité rebelle de Khan Cheikhoun, dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Moscou accusé

À New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le ton est encore monté mardi entre Russes et Américains à propos de la frappe aérienne menée la veille sur un convoi humanitaire organisé par l'ONU près d'Alep.

La Maison-Blanche a affirmé qu'elle tenait « le gouvernement russe pour responsable » de ce bombardement, soulignant que seuls Moscou ou le régime syrien pouvaient en être à l'origine.

Un responsable américain anonyme a même confié que selon « notre meilleure estimation (...) ce sont les Russes qui ont mené cette frappe » et que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone au même moment.

La diplomatie russe a aussitôt condamné « avec indignation et colère » des allégations « sans fondement et hâtives », faites par des « protecteurs de terroristes et de bandits ».

Environ 20 personnes, dont un responsable du Croissant-Rouge, ont trouvé la mort dans cette attaque, la plus meurtrière en Syrie contre un convoi humanitaire depuis 2011. Le raid a entraîné la suspension de l'acheminement par camions de l'aide de l'ONU qui avait à peine démarré.

Présent à New York, un des principaux dirigeants de l'opposition syrienne, Riad Hijab, a dénoncé « la faiblesse totale » de la communauté internationale, qui « n'a pas eu de gestion de la crise à la hauteur de la gravité de la situation ».

À l'image de John Kerry, pour qui « le cessez-le-feu n'est pas mort », la diplomatie américaine veut à tout prix maintenir le dialogue avec Moscou pour trouver une porte de sortie diplomatique.

L'accord américano-russe de Genève prévoyait une cessation des hostilités pendant sept jours à compter du 12 septembre, de l'aide humanitaire et une collaboration militaire Washington-Moscou contre les djihadistes via un centre de coordination.

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