Syrie: le régime et la Russie repousse les rebelles près d'Alep

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Alep est divisée depuis juillet 2012 entre quartiers ouest aux mains du régime et quartiers est contrôlés par les rebelles et totalement assiégés par l'armée depuis le 17 juillet.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Maya GEBEILY
Agence France-Presse
Beyrouth

Les forces du régime appuyées par des raids massifs russes ont repris mercredi aux rebelles de nouvelles positions près d'Alep, deuxième ville du pays et dont la prise totale par le pouvoir pourrait marquer un tournant dans la guerre.

Cette contre-offensive a réduit presque à néant les gains engrangés par les rebelles lors de leur offensive lancée dimanche pour briser le siège imposé par le régime à leurs quartiers dans l'est de la ville septentrionale d'Alep.

L'opération est la plus importante menée par les rebelles d'Alep depuis celle de 2012 qui leur avait permis de conquérir la moitié de cette métropole et de faire vaciller le régime de Bachar al-Assad.

Mais, les rebelles ont perdu plusieurs positions au profit du régime qui s'est aussi emparé de deux collines et de deux petits villages au sud-ouest d'Alep dans la nuit de mardi à mercredi. «Le régime a lancé des contre-attaques pour mettre en échec l'offensive majeure des rebelles», a dit le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Selon le quotidien progouvernemental al-Watan, les forces du régime «avancent de nouveau au sud et sud-ouest d'Alep après les importants revers subis» par les groupes rebelles.

Alep est divisée depuis juillet 2012 entre quartiers ouest aux mains du régime et quartiers est contrôlés par les rebelles et totalement assiégés depuis le 17 juillet par l'armée qui cherche à les reprendre.

Dans la bataille, les rebelles sont soutenus par le groupe djihadiste Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra qui a coupé ses liens avec Al-Qaïda). Le régime est lui aidé par l'aviation russe et au sol par des combattants iraniens et du Hezbollah libanais, selon l'OSDH.

40 civils tués

L'objectif premier de l'assaut était de s'emparer du quartier gouvernemental de Ramoussa -situé à la périphérie sud-ouest d'Alep- dont le contrôle permettrait aux rebelles d'ouvrir un axe de ravitaillement vers leurs quartiers est.

C'est aussi à travers Ramoussa que transite le ravitaillement de l'armée et des civils dans la partie ouest d'Alep.

Selon le site progouvernemental almasdarnews, «les rebelles ont réussi à entrer à Ramoussa en faisant exploser un tunnel qu'ils avaient foré, mais ils ont ensuite été bloqués et ont dû se retirer après une féroce bataille et le régime contrôle complètement le quartier».

Dans la nuit, au moins 10 civils, dont quatre enfants, ont péri dans un pilonnage rebelle sur des quartiers prorégime à Alep, selon l'OSDH. Depuis dimanche, plus de 40 civils y sont morts.

Selon M. Abdel Rahmane, il s'agit de la «bataille de la dernière chance pour les rebelles» pour briser le siège de leurs quartiers. Il s'agit également d'une «question de vie ou de mort» pour le régime qui prépare depuis des mois la bataille.

«Les succès de l'armée notamment à Alep augurent d'une grande victoire», a affirmé de son côté Alaeddine Bouroudjerdi, le chef de la commission parlementaire de la sécurité nationale et de la politique étrangère, en visite à Damas.

L'Iran est le principal allié régional du régime et a envoyé des conseillers militaires et des officiers soutenir ses forces.

«Inacceptable»

Mercredi, une quarantaine d'ONG ont dénoncé comme une décision «consternante» et «inadéquate» l'ouverture par le régime de «prétendus couloirs humanitaires» pour  évacuer des civils et des combattants qui se rendraient, des quartiers est d'Alep.

Le régime a assuré que des «dizaines de familles» étaient sorties, mais l'opposition a démenti, à la suite de l'annonce de cette ouverture la semaine dernière.Quelque 250 000 habitants sont bloqués dans les quartiers rebelles et manquent de tout.

Après un appel des États-Unis aux protagonistes à Alep à faire preuve de retenue, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergei Ryabkov a dénoncé le fait que «dès qu'il y a des progrès dans les combats contre les terroristes, grâce à l'armée syrienne avec notre soutien, les Américains nous demandent d'arrêter de les combattre». C'est «inacceptable», a-t-il dit.

Les États-Unis soutiennent l'opposition à M. Assad, mais tentent avec la Russie de relancer un processus de négociations actuellement au point mort.

Déclenché par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit s'est complexifié avec l'intervention militaire de puissances régionales et internationales et la montée en puissance de groupes djihadistes, dont l'EI.

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