Bombardements aériens sur des hôpitaux à Alep

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Un homme transporte son bébé sorti des décombres, dimanche, dans le nord d'Alep.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Maya GEBEILY
Agence France-Presse
Beyrouth

Des bombardements aériens ont touché ces dernières 24 heures quatre hôpitaux de campagne et une banque de sang à Alep en Syrie, aggravant la situation humanitaire pour les 200.000 habitants des quartiers rebelles assiégés par les forces du régime.

À Damas, bastion du président Bachar al-Assad, huit personnes ont été tuées et plus de 20 blessées dimanche dans la chute de roquettes tirées par des rebelles, la première attaque du genre depuis des mois sur la capitale syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alors que la situation humanitaire empire à Alep, la deuxième ville du pays en guerre, quatre hôpitaux ont été touchés par des raids samedi soir et dimanche dans le secteur est contrôlé par les rebelles. Trois sont désormais hors service et le quatrième, où un nourrisson est décédé, a été endommagé sérieusement, selon le «service de la santé» géré par les insurgés.

Outre le risque de manque de soins médicaux, les dizaines de milliers d'habitants bloqués dans les secteurs rebelles sont confrontés à des pénuries croissantes de produits alimentaires et de médicaments.

Les établissements touchés sont situés dans le quartier al-Chaar, a précisé l'Association des médecins indépendants (IDA) qui soutient des centres médicaux de la ville divisée depuis 2012 entre secteurs ouest pro-régime et secteurs est prorebelles.

L'OSDH n'était pas en mesure de dire si les raids avaient été menés par l'aviation du régime ou par celle de l'allié russe.

Les quartiers rebelles sont totalement assiégés depuis le 17 juillet par les prorégime qui cherchent à les reprendre, Alep étant l'un des principaux enjeux du conflit en Syrie. 

Huit morts à Damas 

Dans l'un des hôpitaux visés, un nourrisson est mort après la rupture de son alimentation en oxygène provoquée par une frappe à 01h00 locale, la deuxième contre l'établissement en quelques heures, selon IDA.

Ce n'est pas la première fois que cet hôpital est touché, a dit Malika, l'infirmière en chef de l'hôpital des enfants.

Ces derniers mois, de nombreux hôpitaux ont été endommagés et des membres du personnel médical tués par des bombardements sur les quartiers rebelles.

Seuls cinq hôpitaux y sont encore opérationnels, a indiqué IDA. «Nous sommes face à un désastre humanitaire majeur».

Les raids se sont poursuivis sur les quartiers rebelles d'Alep et ont coûté la vie à cinq civils dont un enfant, selon l'OSDH.

La crise humanitaire en Syrie, notamment à Alep, sera au centre lundi des discussions du Conseil de sécurité de l'ONU à New York.

Dans la capitale syrienne, huit personnes ont été tuées et plus de 20 blessées dans la chute d'obus sur des quartiers du vieux Damas, dont celui de Bab Touma, tirées à partir de la banlieue par des rebelles, selon l'OSDH.

«Je m'apprêtais à entrer à Bab Touma quand j'ai vu les forces de sécurité à un barrage routier crier et demander aux gens de partir vite», a dit à l'AFP Leila al-Jawabra, 23 ans.

«Je me suis cachée dans l'entrée d'un immeuble et une  explosion a retenti après laquelle j'ai vu des gens courir, leurs habits tachés de sang», a-t-elle ajouté, apeurée.

Des images sur les réseaux sociaux ont montré des tables et des chaises renversées dans l'un des restaurants, avec du sang sur le carrelage.

Efforts antidjihadistes 

Plus au nord, à Minbej, fief du groupe État islamique (EI), des combats ont continué d'opposer les djihadistes aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde qui tente de reprendre la ville assiégée.

«Les FDS essaient d'encercler l'EI dans le centre-ville» et se sont emparés d'un quartier du nord-ouest, selon l'OSDH. Huit civils qui tentaient de fuir Minbej ont été tués par l'EI, alors que cinq membres des FDS et 18 djihadistes ont péri dans les combats, a ajouté l'ONG.

Déclenché en mars 2011, le conflit syrien s'est mué en une guerre complexe impliquant une multitude d'acteurs locaux, régionaux et internationaux, ainsi que des djihadistes. Il a fait plus de 280.000 morts et forcé des millions de personnes à fuir.

Dimanche, le régime s'est dit «prêt à poursuivre le dialogue intersyrien sans aucune condition préalable», alors que tous les efforts en vue d'un règlement politique du conflit ont échoué jusque-là.

Moscou et Washington se sont mis eux d'accord pour coopérer militairement contre l'EI et le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et leurs chefs de la diplomatie doivent de nouveau discuter de cette question en début de semaine au Laos.

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