La Syrie replonge dans la guerre, Obama veut «rétablir» le cessez-le-feu

Au moins 26 civils ont été tués dimanche... (PHOTO AMEER ALHALBI, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Au moins 26 civils ont été tués dimanche dans des bombardements du régime et des rebelles dans la ville septentrionale d'Alep, meurtrie par des violences pour la troisième journée consécutive.

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Karam Al-MASRI, Rouba EL HUSSEINI
Agence France-Presse
Alep et Beyrouth

Après huit semaines de trêve, la Syrie a replongé dans la guerre, et le président américain Barack Obama dit vouloir «rétablir» le cessez-le-feu entre régime et rebelles alors qu'aucun progrès ne se dessine dans les pourparlers de Genève.

Au moins 26 civils ont été tués dimanche dans des bombardements du régime et des rebelles à Alep, la grande ville du nord de la Syrie, meurtrie par des violences pour la troisième journée consécutive.

Depuis vendredi, au moins 63 civils ont été tués dans l'ancienne capitale économique syrienne, qui vit de nouveau au rythme des raids aériens et des tirs d'obus, après des semaines d'un calme relatif lié à la trêve initiée par les États-Unis et la Russie et entrée en vigueur le 27 février.

Dimanche, des obus tirés par les insurgés contre les zones gouvernementales ont tué 10 civils, dont une femme et deux enfants, a indiqué une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces loyales au président Bachar al-Assad ont répliqué par des raids aériens sur les zones tenues par les rebelles, tuant 16 civils, selon l'OSDH.

Sauveteurs épuisés

Dans les zones rebelles de la ville, les hôpitaux de campagne ont appelé à des dons du sang pour répondre à l'urgence et les écoles ont fermé jusqu'à nouvel ordre en raison des frappes.

Alep est divisée depuis juillet 2012 entre les zones tenues par le régime à l'ouest et celles contrôlées par les rebelles à l'est.

Au siège des «Casques blancs», la défense civile des zones rebelles, les sauveteurs étaient «épuisés», a constaté un correspondant de l'AFP.

Par ailleurs, l'eau a été coupée dans la ville après une frappe du régime qui a touché la principale conduite, selon les autorités locales.

La délégation de l'opposition du Haut comité des négociations (HCN) a réclamé le rétablissement du cessez-le-feu, accusant le pouvoir d'être responsable de sa rupture.

«L'offensive du régime n'est pas seulement une attaque contre les Syriens mais contre le processus de négociations de Genève», a déclaré le porte-parole de la délégation, Salem al-Meslet.

«Les tueries doivent cesser et les négociations reprendre sur la base de la cessation des hostilités», a-t-il ajouté, appelant la communauté internationale dont la Russie, alliée du régime, à agir.

Face à ce délitement de la trêve, M. Obama a appelé à «rétablir» le cessez-le-feu et indiqué s'être entretenu dernièrement à ce sujet avec son homologue russe Vladimir Poutine.

«J'ai parlé avec le président Poutine au début de la semaine dernière pour tenter de garantir que nous pourrons rétablir un cessez-le-feu», a déclaré M. Obama lors d'une conférence de presse à Hanovre, en Allemagne, où il effectuait une visite.

Un porte-parole de l'Union européenne a pressé les États-Unis et la Russie «d'exercer toute leur influence pour mettre fin aux violations» de la trêve.

«Erreur»

Opposé à l'implication de l'armée américaine dans le conflit, M. Obama a estimé que la solution devait être trouvée par la négociation.

«Ce serait une erreur» de la part des États-Unis, du Royaume-Uni ou de toute alliance de pays occidentaux «d'envoyer des troupes au sol et de renverser le régime d'Assad», a-t-il dit samedi à la BBC.

M. Obama doit toutefois annoncer lundi dans un discours à Hanovre qu'il a autorisé l'envoi en Syrie de militaires américains supplémentaires, dont le nombre pourra atteindre 250, selon un haut responsable parlant sous le couvert de l'anonymat. Ces militaires ont pour mission de conseiller et d'assister des groupes rebelles syriens.

«Mais je crois vraiment que nous pouvons faire pression, internationalement, sur toutes les parties en présence (...) pour qu'elles s'assoient à une table et tentent de négocier une transition», a-t-il estimé, citant la Russie et l'Iran - principaux soutiens du président Assad - ainsi que l'opposition modérée syrienne.

Cependant, les tractations diplomatiques sont dans l'impasse.

A Genève, les discussions de paix indirectes entre les parties sous l'égide de l'ONU doivent théoriquement se poursuivre jusqu'à mercredi, mais aucun progrès n'est à attendre puisque le HCN a suspendu sa participation «formelle».

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 270 000 morts et poussé au moins la moitié de la population à quitter son foyer.

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