Arrivée du plus grand convoi humanitaire depuis le début de la guerre

Une famille roulant à scooter suit un convoi... (PHOTO AMER ALMOHIBANY, ARCHIVES AFP)

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Une famille roulant à scooter suit un convoi du Croissant-Rouge syrien alors que les camions remplis de produits de première nécessité arrivent dans la ville de Saqba, dans le sud du pays en guerre, le 16 avril.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Maya GEBEILY
Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Le plus grand convoi humanitaire jamais effectué depuis le début de la guerre en Syrie en 2011 est arrivé jeudi dans une ville rebelle assiégée depuis quatre ans, au moment où l'opposition quittait les négociations de Genève.

Dans le même temps, l'ONU a achevé jeudi l'évacuation simultanée de 500 blessés, malades et leur famille vivant dans d'autres localités assiégées par le régime ou les rebelles.

Mais la violence s'accroit chaque jour dans ce conflit complexe où s'affrontent toutes les composantes de la société syrienne, épaulées par des combattants étrangers, malgré un cessez-le-feu en vigueur de principe depuis fin février.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé l'arrivée à Rastane (centre) du convoi d'aide humanitaire composé de 65 camions de nourriture, de médicaments et de matériel médical, avec l'aide du Croissant rouge syrien.

Rastane est une ville rebelle encerclée par l'armée depuis 2012 où vivent 120 000 personnes, des habitants du cru et des réfugiés des environs, qui n'avaient reçu aucune aide depuis quatre ans.

Pawel Krzysiek, porte-parole du CICR à Damas qui était sur place, a indiqué à l'AFP que la nourriture y est «limitée, mais ce qui est le plus frappant, ce sont les vastes fermes en jachère à cause de l'insécurité».

«Beaucoup d'immeubles portent les traces des combats violents et certains sont détruits», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le transfert des 500 personnes de quatre localités assiégées, avec le concours du Croissant rouge syrien, va permettre aux blessés et malades de recevoir des soins dans des zones tenues par les rebelles ou le régime, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Un total de 250 habitants de Madaya et de Zabadani, localités rebelles à l'ouest de Damas encerclées par les forces gouvernementales, ont rallié la province d'Idleb, située dans le nord-ouest du pays et tenue par les insurgés.



Accord inédit avec l'EI

Dans le même temps, 250 habitants de Foua et Kafraya, agglomérations chiites dans la province d'Idleb encerclées par des rebelles islamistes, ont été transférés à Damas et dans la province de Lattaquié, un bastion du régime sur la côte.

Ces évacuations vont de pair avec la livraison d'une aide humanitaire dans ces villes.

Plus de quatre millions de personnes en Syrie vivent dans des régions assiégées ou difficiles d'accès pour l'aide humanitaire.

Par ailleurs, un accord inédit est entré en vigueur entre les rebelles, le régime et les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), à Dmeir, une localité à 40 km au nord-ouest de Damas, selon l'OSDH.

Ainsi, 500 combattants de l'EI et leur famille ont pu quitter cette localité, dont le groupe djihadiste contrôlait plusieurs secteurs, pour gagner plus à l'est Raqa et Deir Ezzor, deux de leurs bastions.

Il ne reste ainsi plus à Dmeir de combattants de l'EI qui avait attaqué cette ville il y a deux semaines et enlevé une partie des employés d'une cimenterie avant de les relâcher.

À Palmyre (centre), ville reprise fin mars par le régime à l'EI, le déminage du site antique parsemé de mines et d'explosifs a été achevé, a annoncé jeudi l'armée russe.

L'EI et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, ne sont pas inclus dans l'accord sur la cessation des hostilités entré en vigueur le 27 mars à l'initiative des États-Unis et de la Russie.

Depuis, les violations se sont multipliées et si aucune des parties prenantes n'a affirmé que la trêve était morte, la trêve semble toutefois à l'agonie.

«Pas un boycott»

Dans le nord-est de la Syrie, 50 combattants prorégime qui s'étaient réfugiés dans une prison à Qamichli, se sont rendus jeudi aux forces kurdes au cours de violents combats dans cette ville, a indiqué à l'AFP une source de sécurité kurde.

Dix membres des Forces de défense nationale (FDN, prorégime), quatre combattants des Assayech (forces de sécurité kurdes) et deux civils, dont un enfant, ont été tués à Qamichli en deux jours d'affrontements entre les forces progouvernementales et kurdes, selon l'OSDH.

La majorité de cette ville est aux mains des Kurdes, mais le régime contrôle quelques quartiers.

Si les États-Unis et la Russie essaient à tout prix de maintenir le cessez-le-feu, les négociations intersyriennes de Genève sont mal en point.

Tous les négociateurs de l'opposition réunis au sein du Haut comité des négociations (HCN) doivent quitter Genève d'ici vendredi, car ils jugent «inacceptable» de continuer de discuter avec le régime qu'ils accusent de poursuivre ses massacres de civils.

L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura doit annoncer vendredi quelle sera la prochaine étape.

Pour le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, ce départ est une bonne chose. «En partant, ils ont peut-être levé le principal obstacle» aux pourparlers, a-t-il affirmé.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a reproché jeudi à la Russie, alliée du régime, qui avait annoncé un retrait partiel de ses troupes, de maintenir une «présence militaire considérable» en Syrie.

Le cessez-le-feu reste «la meilleure base pour une solution pacifique négociée», a ajouté M. Stoltenberg.

Le cessez-le-feu reste «la meilleure base pour une solution pacifique négociée» à la crise, a ajouté M. Stoltenberg.

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