Les parties syriennes à Genève pour tenter de mettre fin à la guerre

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L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Layal ABOU RAHAL, Cécile FEUILLATRE
Agence France-Presse
Genève et Paris

Des négociations indirectes entre le régime syrien et l'opposition s'ouvrent lundi à Genève pour tenter de mettre fin à une guerre qui entre dans sa sixième année mais le fossé entre les parties reste abyssal malgré une trêve sur le terrain.

Washington et Paris ont appelé dimanche à de «vraies» négociations, accusant Damas d'essayer de «faire dérailler le processus» en voulant exclure des discussions le sort du président Bachar al-Assad dont l'opposition et ses alliés réclament le départ.

A Genève, l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré dimanche soir qu'il n'y avait pas encore d'accord sur l'ordre du jour, après avoir rencontré les délégations de l'opposition et du régime lors de «réunions informelles».

L'opposition a elle affirmé qu'elle n'était pas venue à Genève dans l'intention de se retirer des discussions.

«Nous sommes venus pour discuter d'une solution politique visant à mettre un terme aux souffrances du peuple syrien et nous espérons que l'autre partie (le régime de Damas, ndlr) sera aussi sérieuse que nous», a déclaré à la presse Salem al-Meslet, porte-parole de la délégation du Haut comité des négociations (HCN), rassemblant les groupes clés de l'opposition.

La guerre en Syrie qui a débuté en mars 2011 après la répression sanglante par le régime de manifestations pacifiques réclamant démocratie et liberté s'est transformée en un conflit complexe impliquant une multitude d'acteurs locaux et internationaux. Elle a fait plus de 270.000 morts, poussé plus de la moitié de la population à quitter son foyer et provoqué par ricochet une importante crise migratoire.

Fin janvier et début février, des pourparlers de paix convoqués par l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura avaient tourné court, l'opposition dénonçant une offensive concomitante du régime avec l'appui de l'armée russe dans le nord de la Syrie. 

Contexte différent 

Les discussions qui s'ouvrent lundi à Genève se tiendront dans un contexte radicalement différent en raison d'une trêve sur le terrain entre les rebelles et le régime.

Initié par les États-Unis et la Russie et entré en vigueur le 27 février, ce cessez-le-feu tient malgré des violations, et l'ONU avec ses partenaires ont pu apporter de l'aide à près de 250 000 personnes vivant dans des zones assiégées, une assistance réclamée par l'opposition.

Européens et Américains ont de nouveau insisté dimanche à Paris sur l'importance du respect de ce cessez-le-feu et l'acheminement de l'aide humanitaire pour garantir des négociations «crédibles».

«Toute violation, même sporadique, de la cessation des hostilités, met en danger le processus», a souligné le secrétaire d'État américain John Kerry, appelant une nouvelle fois les alliés russe et iranien de Damas à user de leur influence pour faire respecter la trêve.

Pour le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui a admis que les négociations de Genève seraient «difficiles» mais devaient porter sur «une vraie transition politique», la trêve en Syrie «doit être pleinement respectée et l'accès humanitaire libre et sans entrave».

La Russie dont l'intervention militaire en Syrie a permis au régime d'engranger d'importants succès face aux rebelles, a de son côté accusé la Turquie d'«expansion rampante» au-delà de sa frontière avec la Syrie.

Elle a insisté une nouvelle fois sur la «nécessité» d'inclure les Kurdes dans les négociations de paix afin d'éviter le risque d'une partition du territoire syrien. 

Organe de transition

Les négociations de Genève doivent aborder pour la première fois de manière concrète l'avenir du pays.

«Nous espérons que les négociations commenceront demain avec des discussions sur l'organe de transition, qui aura tous les pouvoirs y compris ceux du président de la République», a dit M. al-Meslet. «Il n'y aura aucun rôle dans cet organe pour ceux qui ont commis des crimes, y compris pour (le président syrien) Bachar al-Assad», a martelé le représentant de l'opposition.

Mais pour le régime, il est hors de question de discuter de la présidentielle ou du sort d'Assad, réélu en 2014 en pleine guerre pour un nouveau septennat.

Le régime a aussi une tout autre interprétation que celle de l'opposition sur l'autorité transitoire. Pour lui, il s'agit d'un simple remaniement ministériel avec un «gouvernement d'unité», c'est-à-dire élargi à des opposants mais toujours placé sous l'autorité de M. Assad comme le prévoit la Constitution actuelle.

Ce nouveau gouvernement, selon le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, désignera un comité pour «rédiger une nouvelle constitution ou amender l'actuelle». Le texte sera ensuite soumis à référendum.

Pour Joshua Landis, directeur des études sur le Moyen-Orient de l'Université d'Oklahoma, l'agenda établi par l'ONU pour Genève «n'est pas réaliste, car (le président Bachar) al-Assad est plus fort que jamais et ne va pas quitter son poste».

Même en cas d'accord entre rebelles et régime à Genève, les combats risquent de se poursuivre en Syrie alors que les jihadistes du Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda et du groupe État islamique (EI) contrôlent plus de la moitié du territoire et sont exclus de la trêve en vigueur.

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