Syrie: reprise des pourparlers jeudi, l'opposition encore réticente

Un hôpital de Maarat al-Noomane, dans le nord... (PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Un hôpital de Maarat al-Noomane, dans le nord de la province d'Idlib, en Syrie, détruit par des frappes aériennes.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Rouba EL HUSSEINI
Agence France-Presse
Beyrouth

Les négociations sur un règlement politique de la guerre en Syrie devraient reprendre jeudi, Washington et Moscou espérant qu'il n'y aura pas de «retards» alors que l'opposition reste réticente à participer à ces discussions.

Sur le terrain, les zones incluses dans l'accord de trêve ont connu dimanche une journée exceptionnellement calme, malgré des tirs sanglants de djihadistes et rebelles sur un quartier kurde de la ville d'Alep (nord).

Les pourparlers, qui doivent se tenir à Genève sous l'égide de l'ONU, seront les premiers depuis l'entrée en vigueur le 27 février d'une trêve inédite entre le régime syrien et les rebelles, qui tient globalement jusqu'à présent malgré des accusations mutuelles de violations.

Lors d'un entretien téléphonique dimanche, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry ont d'ailleurs «exprimé leur appréciation commune positive concernant les avancées réelles constatées concernant le cessez-le-feu sur le territoire syrien, dans l'ensemble respecté et qui a déjà conduit à une forte diminution de la violence», selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Ils ont par ailleurs «souligné la nécessité de ne pas permettre de retard dans le début du processus de négociations intersyriennes».

Dans les zones incluses dans l'accord de trêve conclu entre Russes et Américains, «dimanche a été la journée la plus calme depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie.

Les fronts ont été calmes dans la plupart de ces régions, à l'exception de roquettes tirées par le Front Al-Nosra, branche locale d'Al-Qaïda exclue de l'accord, et des rebelles sur les forces kurdes dans un quartier au nord d'Alep. Ces tirs ont fait au moins neuf morts, selon l'OSDH.

Les bombardements ont continué aussi sur les territoires tenus par les extrémistes du groupe Etat islamique, également exclu de l'accord, et du Front Al-Nosra.

Le ministère russe de la Défense a pour sa part relevé dimanche 15 violations du cessez-le-feu en 24 heures, contre neuf samedi et 27 vendredi.

L'opposition hésitante

D'après M. Abdel Rahmane, le nombre moyen de morts par jour parmi les civils «a baissé de 90%» pendant la trêve comparé à la période antérieure à celle-ci. La baisse est de 80% pour les tués parmi les soldats et rebelles.

Mais à quelques jours des pourparlers, qui devraient débuter jeudi selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, l'opposition, affaiblie sur le terrain, reste réticente à l'idée d'y participer.

«Le HCN (Haut comité des négociations, qui regroupe responsables politiques et représentants de groupes armés de l'opposition) n'a pas pris de décision jusqu'à présent», avait affirmé samedi à l'AFP son porte-parole Monzer Makhos, demandant davantage de progrès sur la question humanitaire et sur le respect du cessez-le-feu.

Depuis les premières négociations qui avaient échoué en 2014, la principale pierre d'achoppement reste le sort du président Bachar al-Assad, qui refuse de partir malgré la révolte de 2011 qui a dégénéré en guerre brutale, faisant plus de 270 000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés.

M. de Mistura a rappelé que «l'ordre du jour du processus est clair: premièrement des négociations en vue d'un nouveau gouvernement, deuxièmement une nouvelle Constitution, et troisièmement des élections parlementaires et présidentielle dans un délai de 18 mois».

Il y a quelques jours, il avait estimé que c'était aux Syriens eux-mêmes de décider du sort du chef de l'État, au pouvoir depuis 2000.

Samedi, l'Arabie saoudite, un des principaux soutiens de la rébellion, a estimé que M. Assad, dont le clan dirige la Syrie depuis plus d'un demi-siècle, devait partir dès la mise en place d'une autorité de transition.

En février, des négociations à Genève avaient tourné court en raison de l'intensification des bombardements de la Russie, alliée du régime. Ces frappes ont infligé de sérieux revers aux rebelles, affaiblissant du même coup l'opposition aux négociations.

Selon M. de Mistura, l'ONU a récemment fait parvenir de l'aide à «115 000 personnes» assiégées, mais 300.000 autres personnes ont besoin d'aide et 4,6 millions se trouvent dans des zones difficiles d'accès.

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