Syrie: les frappes russes «favorisent» l'EI, selon Washington

Les frappes russes autour de la ville syrienne d'Alep contre des groupes... (Photo fournie par le ministère de la Défense russe)

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
Washington

Les frappes russes autour de la ville syrienne d'Alep contre des groupes d'opposition et des civils «favorisent directement» l'essor du groupe Etat islamique, a accusé mercredi un haut responsable américain, à la veille d'une conférence internationale sur ce conflit.

«Ce que la Russie est en train de faire favorise directement l'EI», a jugé l'émissaire spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale anti-djihadistes, Brett McGurk, qui témoignait devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Les États-Unis et leur ministre des Affaires étrangères John Kerry accusent depuis une semaine Moscou d'avoir «en partie» torpillé les efforts de paix en Syrie en bombardant autour de la ville d'Alep, en appui aux forces gouvernementales syriennes.

M. Kerry est arrivé mercredi soir à Munich où il doit participer jeudi, avec une vingtaine de ses homologues de puissances mondiales et régionales, dont le Russe Sergueï Lavrov, à une nouvelle réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG).

Ils tenteront de s'entendre sur un cessez-le-feu et un accès humanitaire aux villes syriennes assiégées.

«Nous aurions voulu un cessez-le-feu il y a deux mois, nous ne l'avons pas obtenu. Nous en avons besoin d'un aussi vite que possible», a fait valoir devant quelques journalistes un diplomate américain s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Et Moscou est-il d'accord avec Washington sur ce cessez-le-feu? «Ils disent qu'ils le sont (...) Demain (jeudi à Munich) sera le moment de prouver qu'ils sont sérieux», a répondu ce diplomate.

Interrogé également sur un éventuel «plan B» pour la Syrie que John Kerry a évoqué mercredi dans le Washington Post, le département d'État a répondu qu'il existait «un processus (diplomatique) en place qui pouvait fonctionner».

«Je ne pense pas que quiconque soit prêt à jeter l'éponge et à regarder un plan B», a contesté le porte-parole du ministère, Mark Toner.

John Kerry avait encore réclamé mardi à Moscou d'oeuvrer à un «cessez-le-feu immédiat» en Syrie et d'arrêter sa campagne de frappes commencée le 30 septembre dernier et qui s'est intensifiée ces derniers jours contre des groupes d'opposition et des civils.

De son côté, Washington pilote une coalition militaire de quelque 65 pays qui effectue des bombardements en Syrie depuis septembre 2014 et n'entend pas changer de feuille de route. Cette coalition ne serait pas concernée par un cessez-le-feu.

«Dans les six mois qui viennent nous allons accélérer et renforcer notre stratégie», a assuré l'émissaire McGurk, tout en reconnaissant que «nos progrès ne seront pas toujours linéaires et (qu')on doit s'attendre à des revers et à des surprises».

Le chef du Pentagone veut plus de contributions

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter rencontre jeudi à Bruxelles ses homologues des pays de la coalition contre l'organisation État islamique pour faire le point des opérations et tenter d'obtenir plus de contributions.

Un peu plus de 18 mois après que les États-Unis et la coalition qu'ils ont assemblée ont commencé à bombarder des objectifs de l'EI, M. Carter espère que l'intensification des activités du groupe jihadiste à travers le monde et particulièrement son déploiement en Libye vont inciter des pays à prendre de plus grands engagements militaire et financiers.

À l'approche de la réunion de l'OTAN mercredi et jeudi à Bruxelles, M. Carter a utilisé une combinaison de diplomatie discrète et de reproches publics, allant jusqu'à accuser certains des 66 membres de la coalition, qu'il n'a pas nommés, de «ne rien faire du tout».

Un haut responsable américain de la Défense a déclaré mercredi que les États-Unis ne recherchaient pas seulement des engagements supplémentaires en termes de soutien militaire ou financier, mais également des idées.

«Le secrétaire (à la Défense) appellera ses homologues à être créatifs, à s'exprimer pour contribuer aux réflexions sur la manière de mener la campagne», a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat. «Il n'y a pas de monopole des bonnes idées».

Depuis le début de ses opérations, la coalition anti-EI sous direction américaine a effectué plus de 10.000 frappes aériennes en Irak et en Syrie. Le Pentagone estime que l'EI a perdu pendant cette période environ 40% des territoires qu'il occupait en Irak et environ 10% de ceux qu'il contrôlait en Syrie.

Mais bien que l'EI ait perdu par exemple le contrôle de la ville irakienne de Ramadi, à l'ouest de Bagdad, la reconquête de Mossoul, deuxième ville d'Irak, dans le nord, ou celle de Raqa, fief de l'EI dans l'est de la Syrie, ne sont pas envisagées avant des mois, et des milliers de combattants de l'organisation jihadiste se sont entre-temps déployés en Libye.

Les efforts de M. Carter ont déjà porté quelques fruits. Le Canada a annoncé lundi qu'il allait tripler l'effectif de ses forces spéciales formant des milices kurdes dans le nord de l'Irak, le portant à 210 hommes. Et la Slovénie a indiqué qu'elle allait commencer à envoyer des instructeurs militaires.

«Il y a un certain nombre d'autres pays qui sont en train de déterminer s'ils peuvent eux aussi» renforcer leurs contributions, a déclaré le responsable américain sous le couvert de l'anonymat. Plusieurs gouvernements examinent «très sérieusement» la possibilité de contributions supplémentaires mais doivent d'abord obtenir l'approbation de leur parlement, a-t-il précisé.

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