20 000 Syriens bloqués à la frontière turque

Environ 20 000, a dit l'ONU, se bousculent... (PHOTO BULENT KILIC, AFP)

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Environ 20 000, a dit l'ONU, se bousculent dans la localité syrienne de Bab al-Salama (nord), face au poste-frontière turc d'Oncupinar toujours fermé samedi après-midi, selon une journaliste de l'AFP sur place.

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Crise dans le monde arabe

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Rana MOUSSAOUI, Mohamed Al GHANDOUR
Agence France-Presse
Beyrouth et Oncupinar

Poussés depuis plusieurs jours à la fuite par l'offensive du régime à Alep (nord), des milliers de Syriens, principalement des femmes et des enfants, attendaient samedi sans abri et dans le froid de passer en Turquie qui garde pour le moment sa frontière fermée.

Réagissant à des déclarations sur d'éventuels envois de troupes saoudiennes et turques dans le pays en guerre, le régime syrien a averti qu'il renverrait dans son pays «tout agresseur, qu'il soit saoudien ou turc, dans des cercueils en bois».

Devant l'offensive des troupes du régime de Bachar al-Assad lancée lundi et les raids intensifs russes -environ un millier- quelque 40 000 Syriens du nord de la province d'Alep ont fui vers la frontière turque, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Environ 20 000, a dit l'ONU, se bousculent dans la localité syrienne de Bab al-Salama (nord), face au poste-frontière turc d'Oncupinar toujours fermé samedi après-midi, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a assuré que son pays restait fidèle à sa «politique de la frontière ouverte» pour les réfugiés, mais il n'a pas précisé quand les Syriens pourraient y entrer.

«La situation est dramatique», a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane. «Les familles dorment depuis plusieurs jours dans les champs ou des tentes, dans le froid alors qu'aucune ONG internationale n'est présente pour les aider».

Appels contradictoires

Selon des vidéos postées par des militants de l'opposition, les déplacés sont massés dans des champs dans la région d'Azaz, à 5 km du poste-frontière, alors que la Croix-Rouge internationale a dit préparer avec le Croissant rouge syrien «une réponse humanitaire dans le nord d'Alep dont l'accès reste difficile».

En attendant la décision d'Ankara, de nouvelles tentes ont été montées dans un camp déjà installé près du poste-frontière d'Oncupinar, appelé Bab al-Salama côté syrien. «Nos équipes sont prêtes à leur fournir de l'eau et de la nourriture dès qu'ils seront chez nous», a dit le Croissant-rouge turc.

Et entre-temps huit camions de l'ONG islamique turque IHH ont été autorisés à franchir la frontière pour apporter de l'aide d'urgence -eau, nourriture, couvertures-, aux Syriens à Bab al-Salama, selon une journaliste de l'AFP au poste-frontière.

Les Européens ont rappelé à la Turquie son devoir, au regard du droit international, d'accueillir les réfugiés syriens, après l'avoir pourtant appelé à mieux endiguer les flux de migrants qui gagnent l'Europe depuis les côtes turques.

Sur le front militaire, la Russie, qui a renversé la situation en faveur du régime depuis son intervention fin septembre dans le conflit, a affirmé qu'elle ne cesserait pas ses frappes après une demande en ce sens des États-Unis.

Après des raids aériens nocturnes sur la localité rebelle d'Anadane, à 10 km de la métropole d'Alep et avec l'aide des combattants du Hezbollah libanais, les forces du régime Assad ont consolidé leurs positions au nord de la ville d'Alep où ils ont pris plusieurs localités ces derniers jours.

11 février, 25 février

Après avoir coupé leur principale route d'approvisionnement, les prorégime assiègent désormais les rebelles dans les quartiers Est sous leur contrôle dans la ville d'Alep, où se trouvent encore quelque 350 000 civils selon l'OSDH, avec l'objectif ultime de les reprendre.

La province d'Alep est l'un des principaux fiefs des rebelles. Elle leur est d'une importante primordiale vu qu'elle est frontalière de la Turquie, un pays hostile au régime d'où ils peuvent acheminer des renforts.

Mais cette énorme province est partagée entre régime, rebelles syriens, organisation djihadiste État islamique et forces kurdes et sa prise totale par le pouvoir n'est pas tâche facile.

Même si Ankara a qualifié de risibles les déclarations russes sur des préparatifs turcs pour une intervention en Syrie, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a mis en garde contre toute «agression terrestre étrangère» sur son sol.

Quant à une éventuelle intervention saoudienne, l'Iran, un autre allié du régime Assad, a affirmé que Riyad  «n'oserait pas» le faire.

Alors que la communauté internationale divisée reste incapable de trouver une solution au conflit qui a fait plus de 260 000 morts et jetée hors de chez elle plus de la moitié de la population, les efforts diplomatiques se poursuivent.

Le 11 février, le Groupe international de soutien à la Syrie se réunit à Munich où Moscou veut mettre «de nouvelles idées sur la table». Le 25 février, l'ONU espère remettre sur les rails les pourparlers indirects entre gouvernement et opposition à Genève.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre ouverte complexe qui a favorisé la montée en puissance de l'EI et l'implication de grandes puissances sur un territoire morcelé.

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