La Turquie boycottera les négociations sur la Syrie si les Kurdes sont invités

Ankara considère le PYD et les YPG comme... (PHOTO DELIL SOULEIMAN, ARCHIVES AFP)

Agrandir

Ankara considère le PYD et les YPG comme directement affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 la rébellion sur le sol turc. Ci-dessus, un combattant des YPG, à une cinquantaine de kilomètres de Raqqa, capitale syrienne de facto de l'EI, le 10 juillet dernier.

PHOTO DELIL SOULEIMAN, ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
ISTANBUL

La Turquie ne participera pas aux pourparlers de paix sur la Syrie qui doivent débuter vendredi à Genève si les Kurdes syriens du Parti de l'union démocratique (PYD) y participent, a prévenu mardi son ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

«Si le PYD est invité aux négociations de Genève, alors bien sûr nous boycotterons» la réunion, a déclaré M. Cavusoglu lors d'un entretien à la chaîne d'information NTV, rappelant que ce parti était considéré par son pays comme une «organisation terroriste».

«Quelle serait la qualité du PYD autour de la table? Est-ce qu'une organisation terroriste peut être considérée comme représentative du peuple? (...) ces négociations réunissent le régime et l'opposition, pas les organisations terroristes», a-t-il insisté.

Auparavant, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait refusé «catégoriquement» la présence du PYD et de la milice kurde des YPG (Unités de protection du peuple) aux discussions de Genève.

Comme les autres grandes puissances, la Turquie ne participe pas directement aux discussions de Genève entre le régime de Damas et l'opposition sous l'égide des Nations unies, mais y joue un rôle d'observateur.

L'ONU a envoyé mardi ses invitations aux groupes participants, mais n'a pas détaillé sa liste. Il n'était pas immédiatement clair si le PYD en faisait partie.

Ankara considère le PYD et les YPG comme directement affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène depuis 1984 la rébellion sur le sol turc.

Les YPG constituent l'un des fers de lance de la lutte contre le groupe État islamique (EI) sur le sol syrien. Elles occupent une large bande de l'extrême nord du territoire syrien le long de la frontière turque.

Dans le cadre de la coalition militaire antidjihadiste, les Américains fournissent armes et assistance aux Kurdes de Syrie. Mais les Turcs y sont farouchement opposés, redoutant qu'ils n'étendent leur influence le long de la frontière turco-syrienne.

Les pourparlers entre l'opposition syrienne et le régime de Damas, sous l'égide de l'ONU, devaient commencer lundi, mais ont été reportés en raison d'un blocage sur la composition des délégations.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé mardi que ces discussions ne pourraient donner «aucun résultat» si le PYD n'était pas invité à Genève. La Russie constitue avec l'Iran le dernier soutien au président syrien Bachar al-Assad.

Le gouvernement islamo-conservateur turc a rejoint la coalition antidjihadiste, mais a fait de son combat contre le PKK sa priorité.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer