L'Iran participera pour la première fois à des pourparlers sur la Syrie

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Le chef de la diplomatie iranienne Javad Zarif, à Téhéran, le 17 octobre.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Maria PANINA, Ali NOORANI
Agence France-Presse
MOSCOU, TÉHÉRAN

L'Iran, principal allié du régime syrien au Proche-Orient, va participer pour la première fois vendredi à Vienne à des pourparlers internationaux sur le conflit syrien, un tournant diplomatique majeur voulu par Moscou.

«Nous avons examiné l'invitation et il a été décidé que le ministre des Affaires étrangères participerait aux pourparlers», a déclaré la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, citée par la télévision d'État.

Ces «pourparlers élargis» seront précédés jeudi soir par une réunion quadripartite entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et ses homologues américain, saoudien et turc, John Kerry, Adel al-Jubeir et Feridun Sinirlioglu, selon une source diplomatique russe.

Une première rencontre du même format s'était déroulée vendredi dernier dans un palace viennois pour évoquer les perspectives de règlement de la guerre civile syrienne qui a fait plus de 250 000 morts depuis 2011.

L'Iran n'avait jamais participé jusqu'ici à des discussions internationales sur le règlement de la crise syrienne, a souligné la diplomatie iranienne.

En 2012, l'Iran n'a pas participé à la conférence de Genève-1 sur la Syrie, et son invitation à participer aux pourparlers de Genève-2 en 2014 avait été retirée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, suite à l'opposition des États-Unis et de l'Arabie Saoudite, a rappelé la porte-parole.

L'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite - les deux grandes puissances rivales de la région - s'opposent ouvertement sur la Syrie. Téhéran apporte un soutien financier et militaire au régime de Damas alors que l'Arabie saoudite soutient les groupes rebelles et participe aux frappes aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis contre le groupe djihadiste État islamique (EI).

L'Iran n'envoie officiellement pas de soldats en Syrie, mais seulement des «conseillers» membres des Gardiens de la révolution, l'unité d'élite de l'armée. Fait sans précédent depuis le début du conflit, Téhéran a annoncé très officiellement depuis début octobre la mort d'une quinzaine d'Iraniens en Syrie.

Cette fois «invité par les États-Unis», l'Iran va rejoindre à Vienne les chefs de la diplomatie russe, américaine, saoudienne, turque, mais aussi libanaise et égyptienne. L'Irak n'a pas encore fait savoir si son chef de la diplomatie serait présent.

Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini seront également à Vienne.

La Russie a insisté depuis le début du conflit en Syrie en 2011 sur la participation de l'Iran. Mais l'implication de Téhéran était fermement rejetée par les États-Unis avant qu'ils n'amorcent mardi à la surprise générale une inflexion de leur position.

«Nous nous attendons à ce que l'Iran soit invité à participer», avait ainsi déclaré le porte-parole du département d'État, John Kirby, évoquant un scénario qui représenterait un tournant diplomatique majeur dans le règlement du conflit syrien.

«Succès de la diplomatie russe»

L'invitation de l'Iran, c'est «d'une certaine manière un succès de la diplomatie russe», a déclaré à l'AFP Alexandre Baounov, analyste du Centre Carnegie de Moscou.

«Les États-Unis ont enfin fait preuve de bon sens et (...) d'une approche réaliste de la situation. Ils voient que leur stratégie en Syrie n'est pas tout à fait un succès et qu'ils n'ont pas réussi à faire basculer le régime sans effusion de sang», estime-t-il.

Le sort du président syrien Bachar al-Assad continue de diviser Washington et Moscou, soutien-clé de Damas. Le directeur de la CIA John Brennan s'est dit convaincu à ce sujet que les Russes chercheraient à terme à obtenir le départ de Bachar al-Assad.

«Malgré ce qu'ils disent, je crois que les Russes ne voient pas Assad dans l'avenir de la Syrie», a estimé mardi le chef de la CIA.

«La question est à quel moment et comment ils vont être capables de l'amener (Assad) à sortir de la scène», a-t-il dit.

Preuve des grandes manoeuvres en cours, le président américain Barack Obama a appelé mardi le roi Salmane d'Arabie saoudite pour évoquer en particulier la lutte contre l'EI et une possible «transition politique en Syrie», selon un compte-rendu diffusé par la Maison-Blanche.

Sur le plan militaire, Washington a affiché sa volonté d'intensifier les frappes en Syrie et en Irak.

«Nous prévoyons d'intensifier notre campagne aérienne, y compris avec des appareils supplémentaires de la coalition et des États-Unis, pour cibler l'EI avec des frappes plus nombreuses et plus fortes», a déclaré le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, devant la commission des forces armées du Sénat.

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