Crispation croissante entre Moscou et Ankara

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été... (PHOTO NICOLAS MAETERLINCK, AFP/BELGA)

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été jusqu'à appeler la Russie à ne pas «perdre l'amitié de la Turquie». «Nous ne pouvons nous asseoir et regarder, tolérer ça», a-t-il martelé.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
DAMAS

De nouveaux incidents aériens ont accentué les crispations mardi entre la Turquie et la Russie dont les avions ont poursuivi leurs frappes en Syrie.

Une source militaire syrienne a fait état pour la première fois de bombardements russes sur la ville mondialement connue de Palmyre, dans le centre du pays, mais Moscou a démenti ces informations.

Dans le dernier incident en date depuis l'intervention militaire russe dans le conflit en Syrie le 30 septembre, l'armée turque a affirmé que ses F-16 avaient été victimes lundi d'un nouvel «harcèlement» de la part d'un MIG-29 non identifié à la frontière turco-syrienne, après un incident similaire dimanche.

Elle a fait aussi état d'un autre «harcèlement» visant ses mêmes avions, cette fois par une batterie de missiles sol-air SA déployée en Syrie.

Samedi, des avions turcs avaient intercepté un chasseur de l'armée de l'air russe et l'avaient forcé à faire demi-tour. Mais selon Moscou, fidèle allié de Damas, cette incursion a été causée par les «mauvaises conditions météo».

«Ce n'est pas un accident. Il s'agit d'une sérieuse violation», a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg en référence aux incidents du week-end. Il a demandé à Moscou que «cela ne se reproduise pas».

La Turquie, qui est farouchement opposée au président Bachar al-Assad, a convoqué à deux reprises l'ambassadeur de Russie pour l'avertir que Moscou «serait tenue responsable» si de tels incidents se reproduisaient.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été jusqu'à appeler la Russie à ne pas «perdre l'amitié de la Turquie». «Nous ne pouvons nous asseoir et regarder, tolérer ça», a-t-il martelé.

Raids sur Palmyre?

En fait, l'aéroport où sont basés les appareils russes acheminés en renforts, est situé près de la cité de Lattaquié dans le Nord-Ouest syrien, elle-même à moins de 50 km de la Turquie.

La Russie est intervenue en Syrie pour venir en aide au régime et ses avions frappent l'EI, qui contrôle la moitié du territoire syrien, ainsi que les groupes rebelles islamistes et ceux dits «modérés» qui se trouvent notamment à la lisière de la frontière turque.

L'armée de l'air russe a visé notamment l'EI dans son fief à Raqqa (nord-est) et dans d'autres régions, ainsi que des groupes rebelles comme le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et ses alliés islamistes.

Une source militaire syrienne a indiqué que la Russie avait frappé lundi, pour la première fois, Palmyre, connue pour sa cité antique classée au patrimoine de l'Humanité, et ses alentours.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 30 raids russes ont fait 15 morts djihadistes dans la ville située dans le désert du centre du pays.

«Toutes les informations des médias étrangers suggérant que les avions russes ont soi-disant lancé des raids aériens sur la ville de Palmyre sont totalement fausses», a déclaré cependant le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, cité par les agences russes.

«Les opérations vont s'étendre»

Depuis le début de l'intervention de Moscou, la polémique n'a cessé d'enfler sur les cibles de son aviation, les États-Unis et leurs alliés l'accusant de viser des groupes rebelles «modérés» qu'ils soutiennent et de chercher à voler au secours d'Assad dénoncé comme «un tyran» par Washington.

Les États-Unis sont eux à la tête d'une coalition d'une soixantaine de pays, qui poursuit depuis plus d'un an des frappes quotidiennes contre l'EI en Syrie et en Irak voisin, sans parvenir à venir à bout du groupe djihadiste.

Expliquant la stratégie russe, un haut responsable militaire syrien a affirmé que durant la première semaine de leur intervention à la demande de M. Assad, les appareils russes avaient surtout cherché à couper les liaisons entre rebelles dans les provinces du Centre, du Nord et de l'Ouest syrien.

Une source militaire syrienne a précisé à l'AFP que les opérations allaient «s'étendre et durer plusieurs mois. Elles ont visé pour le moment des secteurs stratégiques qui relient entre elles les capitales provinciales».

Déclenché en mars 2011, le conflit très complexe en Syrie avec la multiplication des protagonistes a fait plus de 240 000 morts, poussé à la fuite plusieurs millions de Syriens et provoqué une grave crise migratoire qui a touché surtout l'Europe.

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