Washington et Moscou déterminés à trouver un compromis sur la Syrie

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Les présidents russe et américain ont posé pour les caméras avant leur rencontre à New York.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Jérôme CARTILLIER, Max DELANY
Agence France-Presse
NATIONS UNIES, New York

La Russie et les États-Unis vont continuer à se parler pour trouver un compromis dans le dossier syrien au lendemain d'une rencontre à New York où Barack Obama et Vladimir Poutine ont étalé leurs divergences concernant le sort à réserver à Bachar al-Assad.

Lundi soir, à l'issue d'un entretien d'environ 90 minutes qui avait débuté par une poignée de main glaciale, le président russe a évoqué un entretien «constructif, étonnamment ouvert» avec son homologue américain et parlé d'une possible coopération.

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Le chef de l'État russe a assuré que le «travail commun» entre les États-Unis et la Russie devait être renforcé, disant réfléchir à la «mise en place de mécanismes appropriés».

Son chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a ensuite évoqué dans une interview à la télévision russe «des discussions entre les ministères de la Défense, entre les ministères des Affaires étrangères» afin de «rendre notre objectif commun (...), la destruction de l'État islamique, plus réalisable».

«Le dialogue avec les Américains va se poursuivre de manière intensive dans les plus brefs délais», a renchéri le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tout en précisant que Washington avait refusé de rejoindre le centre d'échange de renseignements militaires mis en place à Bagdad par l'Irak, la Russie, l'Iran et la Syrie pour combattre l'EI.

Si le président russe n'a pas exclu des frappes de son aviation, il a écarté l'envoi de troupes au sol pour lutter contre les djihadistes de l'EI, mettant plutôt en avant sa volonté «d'aider davantage l'armée syrienne».

Au lendemain de cette rencontre Obama-Poutine, les divergences demeurent nombreuses entre Russes et Occidentaux sur les moyens de mettre un terme à une guerre qui a déjà fait plus de 240 000 morts.

Dans une interview au Wall Street Journal, le premier ministre anglais David Cameron s'est ainsi dit ouvert à une collaboration avec la Russie pour vaincre l'EI tout en répétant que soutenir le président syrien Bachar al-Assad, comme le fait Moscou, «ne pourrait mener à la paix et à la stabilité dans la région».

Preuve des tensions persistantes avec les Occidentaux, le chef du Kremlin n'avait pas résisté à la tentation de tacler Barack Obama et François Hollande: «J'ai le plus grand respect pour mes homologues américain et français, mais ils ne sont pas des ressortissants syriens et ne doivent donc pas être impliqués dans le choix des dirigeants d'un autre pays».

En écho aux propos du président russe, un responsable américain a décrit une «volonté partagée» de trouver des réponses face à la guerre en Syrie qui a provoqué une crise migratoire sans précédent, mais constaté un réel désaccord sur l'issue d'un éventuel processus de transition politique.

Quelques heures plus tôt, les deux hommes avaient affiché leurs désaccords au grand jour à la tribune de l'ONU, s'accusant mutuellement d'avoir contribué aux tensions dans la région.

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Lors d'une rencontre en marge de l'assemblée générale, Vladimir Poutine et le président iranien Hassan Rohani ont affiché leur bonne entente

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Assad le «tyran»

Dans un discours centré sur la force de la diplomatie, exemples de l'Iran et de Cuba à l'appui, M. Obama a clairement indiqué qu'il fallait se préparer à tourner la page Assad: «Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d'avant la guerre».

Et dans une référence claire à Moscou, il a dénoncé la logique consistant à soutenir un «tyran» qui massacre des enfants innocents» sous prétexte que l'alternative «serait pire».

Pour M. Poutine, à l'inverse, le dirigeant syrien représente un gouvernement légitime avec lequel refuser de coopérer serait une «énorme erreur».

«Nous devons reconnaître que personne d'autre que les forces armées du président (syrien) ne combat réellement l'État islamique», a lancé le chef du Kremlin qui faisait son grand retour à l'Assemblée générale de l'ONU après dix ans d'absence.

La Russie a proposé lundi au Conseil de sécurité une résolution soutenant une coalition politique et militaire. Celle-ci devrait inclure également l'Iran et le régime syrien, a précisé devant des journalistes l'ambassadeur russe aux Nations unies, Vitali Tchourkine.

M. Hollande, qui a annoncé dimanche la première frappe de la France contre l'EI en Syrie, a lui aussi réaffirmé lundi, sans avancer de date, que la transition en Syrie passait par le départ du président syrien.

Washington ainsi qu'une soixantaine de pays européens et arabes sunnites pilotent depuis un an une coalition militaire qui frappe des bastions de l'EI en Syrie et en Irak. Mais toutes ces opérations militaires n'ont pas empêché l'organisation djihadiste de consolider ses positions ni de ruiner son pouvoir d'attraction.

Lors d'une rencontre en marge de l'assemblée générale, M. Poutine et le président iranien Hassan Rohani ont par ailleurs affiché leur bonne entente, en particulier sur le Moyen-Orient, M. Rohani assurant que «les relations entre l'Iran et la Russie s'étaient renforcées au cours des deux dernières années».

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