Le chef du Pentagone parle de la Syrie avec son homologue russe

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Le secrétaire à la Défense Ashton Carter.

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Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
WASHINGTON

Les ministres de la Défense américain et russe, qui n'avaient encore jamais eu de contact direct depuis l'arrivée d'Ashton Carter en février, se sont parlés vendredi sur la Syrie et sont convenus de poursuivre ces discussions à l'avenir, selon le Pentagone.

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Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou (au centre).

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Les deux ministres, Ashton Carter et Sergueï Choïgou, ont eu une «conversation constructive» et «sont convenus de poursuivre les discussions» sur les moyens d'échanger des informations sur les activités militaires des différentes parties en Syrie, «et sur la campagne contre le groupe État islamique» (EI), a indiqué le porte-parole du Pentagone Peter Cook dans un communiqué.

À Moscou, le ministère de la Défense russe a également annoncé la conversation entre les deux ministres, «sur le Moyen-Orient en général et la situation en Syrie et en Irak en particulier».

«La nécessité de coordonner les efforts bilatéraux et multilatéraux contre le terrorisme international était au centre» de cette conversation, selon un porte-parole du ministère de la Défense cité par les agences russes.

Le secrétaire à la défense américain n'avait jamais parlé à son homologue russe depuis sa prise de fonction en février dernier.

Les relations directes entre militaires des deux pays étaient également suspendues depuis des mois du fait de la situation en Ukraine.

Les Américains emploient le mot de «deconfliction» pour décrire le contenu des discussions que vont avoir militaires américains et russes sur la Syrie.

Dans un contexte de montée en puissance militaire russe en Syrie, il s'agit d'éviter tout malentendu ou incompréhension débouchant un incident militaire entre les forces russes et les avions ou les drones de la coalition menée par les États-Unis.

Et ce, même si les intentions réelles des Russes sur le terrain ne sont pas encore connues.

«Nous essayons toujours d'avoir plus d'information ce que ce sont les intentions» des Russes sur le terrain en Syrie, a souligné le porte-parole adjoint du département d'État Mark Toner.

Les États-Unis s'alarment depuis des semaines de la montée en puissance militaire russe en Syrie afin de renforcer son aide au régime du président Bachar al-Assad, alors que les Américains pilotent depuis un an une coalition internationale contre le groupe EI.

Le Pentagone a indiqué avoir observé l'apparition près de Lattaquié, fief de Bachar al Assad, de matériel et de troupes russes, laissant penser que l'armée russe est en train d'installer une base aérienne avancée.

Mais malgré l'ouverture de discussions militaires avec les Russes, les Américains continuent de rejeter tout dialogue avec le régime de Bachar al-Assad, ont souligné vendredi les responsables américains.

«Nous n'acceptons pas le postulat russe selon lequel d'une certaine manière Assad peut être un partenaire crédible dans le combat contre le groupe Etat islamique», a souligné Mark Toner.

Ashton Carter de son côté a souligné à son homologue russe «l'importance» de poursuivre «en parallèle» des «discussions diplomatiques» qui assuront «une transition politique en Syrie», autrement dit un départ de Bachar al-Assad, a déclaré le porte-parole du Pentagone Peter Cook

Selon les Américains, c'est la Russie qui a proposé à Washington d'ouvrir un dialogue «entre militaires» sur la situation en Syrie.

La Maison-Blanche avait ensuite donné son feu vert, indiquant que les États-Unis étaient ouverts à des «discussions tactiques et pratiques» avec la Russie.

La Russie étudiera l'envoi de troupes en Syrie si Damas le demande

La Russie est prête à étudier l'envoi de troupes en Syrie si le président Bachar al-Assad lui en fait la demande, a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, tout en soulignant le caractère hypothétique d'une telle éventualité.

«S'il y a une demande (de Damas, NDLR), celle-ci sera naturellement discutée et évaluée dans le cadre de nos contacts bilatéraux», a déclaré M. Peskov, cité par l'agence de presse publique russe Ria Novosti.

«Mais il est difficile de parler de cela alors que cela reste hypothétique», a-t-il ajouté, sans préciser dans quelles conditions ces soldats pourraient être déployés.

Jeudi soir, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a déclaré que «jusqu'à présent, il n'y a pas de combats communs sur le terrain avec les forces russes, mais si nous en avons besoin, nous étudierons (cette possibilité) et ferons une demande».

«Lorsque cela sera nécessaire, il n'y a rien qui puisse empêcher cette coopération» avec les Russes, a-t-il ajouté dans une interview à la télévision d'État.

Le président Vladimir Poutine a cependant affirmé début septembre qu'il était «prématuré» de parler d'un engagement militaire de la Russie en Syrie pour lutter contre l'organisation État islamique (EI).

Interrogé sur un éventuel engagement militaire de la Russie contre l'EI, M. Poutine avait répondu : «Nous envisageons diverses options, mais ce dont vous parlez n'est pas au programme (...) Il est prématuré de dire que nous sommes prêts à y aller là, tout de suite».

Moscou ne prend «aucune mesure supplémentaire» de renforcement de sa présence en Syrie, avait renchéri peu après son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Depuis plusieurs jours, des responsables américains affirment que la Russie a significativement renforcé sa présence dans la province de Lattaquié, fief du président syrien Bachar al-Assad, dont elle est le principal allié et avec qui Moscou a conclu plusieurs contrats de livraison d'armements.

Moscou construit une «base aérienne avancée» à Lattaquié, affirme Washington, alors qu'officiellement, la Russie n'est présente en Syrie que grâce à ses installations logistiques militaires dans le port de Tartous, autre fief du régime syrien.

L'appui militaire de Moscou au régime de Damas risque d'intensifier le conflit en Syrie, a dénoncé mercredi la Maison-Blanche avant de se déclarer jeudi «ouverte» à des «discussions tactiques et pratiques» avec la Russie.

Moscou a appelé à plusieurs reprises la Coalition internationale menée par les États-Unis à se concerter et à coopérer avec l'armée syrienne. La Russie tente par ailleurs en vain depuis plusieurs mois de créer une coalition militaire élargie incluant le régime de Damas et plusieurs pays de la région pour lutter contre l'EI.

Parallèlement, le site d'informations russe Gazeta.ru a rapporté vendredi que des soldats russes protestaient contre de possibles ordres les envoyant en Syrie et qu'ils allaient porter plainte auprès du Conseil des droits de l'homme du Kremlin.

Selon le site internet, qui cite un soldat nommé Alexeï, des troupes ont été envoyées dans un port du sud de la Russie sans être averties de leur future destination et craignent d'être envoyées en Syrie sans ordre officiel.

Le régiment auquel est affecté le soldat Alexeï a cependant nié tout déploiement de ses troupes à l'étranger et M. Peskov a déclaré que le Conseil des droits de l'homme du Kremlin n'avait reçu jusqu'à présent aucune plainte de militaire craignant d'être envoyé en Syrie.




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