La Russie a proposé aux États-Unis un dialogue «militaire»

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Des supporters de Bachar al-Assad manifestent leur appui à la Russie à Damas.

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
Washington

Moscou a proposé à Washington d'ouvrir un dialogue «entre militaires» des deux puissances sur le conflit en Syrie, afin d'éviter en particulier tout incident entre forces armées américaines et russes sur le terrain, a révélé mercredi le secrétaire d'État John Kerry.

Les États-Unis s'alarment depuis des semaines d'une montée en puissance militaire de la Russie en Syrie afin de renforcer son aide au régime du président Bachar al-Assad, alors que les Américains pilotent depuis un an une coalition internationale contre le groupe État islamique (EI).

«Les Russes ont proposé que nous ayons une conversation et une réunion de militaires à militaires» sur la guerre en Syrie, a confié le patron de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse au département d'État, au côté de son homologue sud-africaine Maite Nkoana-Mashabane.

Il n'a pas précisé si ce dialogue porterait sur la lutte contre les jihadistes de l'EI, qui sont également les ennemis de la Russie.

Pour s'expliquer sur une éventuelle coopération américano-russe, John Kerry a employé le terme militaire de «deconfliction», qu'on pourrait traduire en français par «réduction du conflit»: cela définit la nécessité de réduire au maximum les risques d'incidents aériens entre des avions de différentes armées intervenant sur un conflit aux multiples belligérants, comme en Syrie.

L'expression avait été utilisée en septembre 2014 quand la coalition conduite par Washington avait commencé ses frappes en Syrie contre l'EI et qu'il fallait empêcher toute confrontation avec des appareils de l'armée de l'air syrienne.

Il s'agit, a souligné M. Kerry, d'«avoir une compréhension claire et complète de ce que sont les intentions» de Moscou afin d'«éviter les incompréhensions et les mauvais calculs».

L'ensemble de l'administration américaine, «la Maison-Blanche, le département de la Défense et le département d'État», est «en train d'examiner» l'offre russe, a dit M. Kerry.

Mais d'après son porte-parole, Mark Toner, on en est encore à un «stade préliminaire» avant d'éventuelles discussions militaires entre les deux puissances, aux relations exécrables depuis l'éclatement du conflit en Ukraine.

Dans le cas de la Syrie, sur laquelle Washington et Moscou ont des positions antagoniques depuis 2011, «s'il est vrai que la Russie est uniquement focalisée contre l'EI, alors une coopération est possible», a toutefois plaidé M. Toner.

Un responsable du Pentagone a lui rappelé que la coopération militaire américano-russe avait été suspendue en 2014 en raison du conflit ukrainien et a exclu tout canal alternatif de discussion entre les ministres de la Défense des deux pays sur la Syrie.

Ce sont MM. Kerry et Lavrov qui maintiennent le contact et multiplient depuis des semaines les consultations diplomatiques pour tenter de trouver une porte de sortie à la guerre.

Mardi, lors d'une troisième conversation téléphonique en une semaine avec M. Lavrov, «j'ai dit clairement que le soutien continu de la Russie à Assad risquait d'intensifier le conflit et de saper notre objectif commun de lutte contre l'extrémisme», a martelé le ministre américain.

Il a également réaffirmé que les États-Unis cherchaient une «solution politique» en Syrie en même temps qu'ils combattaient l'État islamique et que Washington serait favorable à ce que Moscou joue «un rôle constructif» en la matière.

La Russie apporte un soutien militaire et diplomatique au régime de Damas et a renforcé ces derniers jours sa présence dans la province syrienne de Lattaquié, fief du président Assad. Washington a dénoncé ces actions russes, tandis que Moscou a appelé à une «véritable consolidation des efforts» contre l'EI.

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