Carnage en Syrie: l'ONU «horrifiée»

Des secouristes transportent un homme blessé lors de frappes... (PHOTO SAMEER AL-DOUMY, AFP)

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Des secouristes transportent un homme blessé lors de frappes aériennes à Douma, le 16 août.

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Roueida MABARDI
Agence France-Presse
DAMAS

Un chef de l'ONU s'est dit «horrifié» lundi à Damas par les raids du régime qui ont fait près de 100 morts sur un marché près de la capitale syrienne, une des attaques les plus meurtrières depuis le début de la guerre en 2011.

Le carnage qui s'est produit dimanche à Douma, fief rebelle dans la région de la Ghouta orientale, survient presque deux ans jour pour jour après l'attaque à l'arme chimique dans le même secteur qui avait fait des centaines de morts le 21 août 2013, et avait été attribuée au régime par les Occidentaux et l'opposition.

La série de frappes menées par les avions du régime du président Bachar al-Assad a visé un marché très fréquenté de la ville de Douma située à 13 km au nord-est de Damas et tenue par les insurgés depuis près de trois ans.

«Le bilan est monté à 96 morts», en grande majorité des civils dont des femmes et des enfants, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), soulignant que le nombre de morts risque d'augmenter en raison de l'état critique de nombreux blessés.

Au moins 240 personnes ont été blessées d'après cette ONG qui dispose d'un large réseau de sources à travers la Syrie, où l'aviation est la principale arme du régime contre les insurgés.

Lundi, quelques heures après ce que l'opposition en exil a qualifié de «massacre», les avions du régime ont encore frappé à quatre reprises la ville meurtrie.

Selon un photographe de l'AFP sur place, des habitants n'ont pas pu enterrer leurs morts au cimetière qui a été la cible de raids dimanche et lundi.

Enfants couverts de sang 

Dimanche, le photographe a décrit l'attaque comme étant la pire qu'il ait couverte à Douma.

Après les raids, il a vu des habitants affolés transportant dans un hôpital de fortune un grand nombre de blessés. Faute de place, des dizaines de cadavres étaient alignés sur un sol maculé de sang et même à l'extérieur de l'hôpital. De nombreux enfants couverts de sang criaient et pleuraient.

Une vidéo mise en ligne par des militants a montré une scène de dévastation à un carrefour avec des véhicules calcinés au milieu des gravats. Plusieurs façades d'immeubles se sont effondrées.

L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a jugé «inacceptable pour un gouvernement de tuer ses propres citoyens quelles que soient les circonstances», selon un communiqué.

«Le bombardement du gouvernement sur Douma hier [dimanche] a été dévastateur, les attaques de zones civiles avec le lancement à l'aveugle de bombes aériennes, telles que des bombes incendiaires, sont interdites par le droit international», a-t-il ajouté.

En visite à Damas au moment des frappes, le patron des affaires humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, s'est dit quant à lui «horrifié par l'absence totale de respect de la vie des civils dans ce conflit», lors d'une conférence de presse lundi.

Le responsable, qui effectuait sa première visite en Syrie, s'est dit «particulièrement atterré» par le bilan à Douma.

«Barbarie primaire»

«C'est de la barbarie primaire, une haine contre l'Homme», a affirmé le chef de la Coalition de l'opposition en exil, Khaled Khoja, dénonçant indirectement la complicité des alliés du régime Assad, notamment la Russie et l'Iran.

«Ceux qui arment ce régime et empêchent le Conseil de sécurité de le tenir pour responsable sont complices dans ce crime», a-t-il ajouté en référence à Moscou qui a opposé son veto à plusieurs reprises à une résolution de l'ONU condamnant le pouvoir à Damas.

La semaine dernière, un rapport d'Amnistie internationale a accusé le gouvernement syrien de commettre des «crimes de guerre» dans la Ghouta orientale située dans la province de Damas, parlant d'«attaques directes, aveugles et disproportionnées».

À Moscou, lors d'une rencontre avec son homologue iranien, Javad Zarif, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a jugé «inacceptable» de poser le départ du président syrien Bachar al-Assad comme condition préalable à une solution politique.

Stephen O'Brien se trouvait à Damas pour évaluer les besoins humanitaires de la Syrie, pays qui compte au moins 7,6 millions de déplacés sur son territoire et 422 000 civils assiégés par les belligérants selon l'ONU.

Plus de 240 000 personnes ont péri depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'OSDH, et plus de quatre millions de Syriens ont fui le pays.

Le conflit a été déclenché par la répression sanglante de manifestations antigouvernementales pacifiques, qui ont dégénéré en révolte armée puis en guerre civile brutale.

Les combats opposent désormais régime, rebelles, Kurdes et djihadistes qui s'affrontent sur un territoire de plus en plus morcelé et se poursuivent aux quatre coins du pays.

Lundi, des roquettes tirées par les rebelles se sont abattues sur la ville de Lattaquié (ouest), tuant six personnes selon la télévision syrienne. L'OSDH a parlé de cinq morts.

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