Attaque islamiste d'envergure contre l'armée syrienne à Alep

Un combattant du Front al-Nosra monte la garde... (PHOTO AMMAR ABDULLAH, ARCHIVES REUTERS)

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Un combattant du Front al-Nosra monte la garde à Ariha, dans la province d'Idleb, le 29 mai.

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Layal ABOU RAHAL
Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Des insurgés islamistes ont lancé une attaque d'envergure pour s'emparer d'une place forte de l'armée dans l'ouest d'Alep, l'ancienne capitale économique de Syrie que le régime contrôle en partie.

Les combats d'une violence inouïe ont duré toute la nuit jusqu'à l'aube.

Avec des centaines d'obus tombés sur les secteurs gouvernementaux comme de l'opposition, «Alep a connu la pire nuit depuis l'entrée des rebelles dans la ville en juillet 2012», a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahmane.

L'offensive a été lancée par une nouvelle coalition d'insurgés islamistes, Ansar al-Charia (Partisans de la Charia), dont la création a été annoncée jeudi avec l'objectif de «libérer Alep et ses environs».

Cette alliance rassemble 13 organisations, notamment le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et Ahrar al-Cham.

Ses combattants cherchent d'abord à s'emparer du quartier général des services de renseignements de l'armée de l'air, dans le quartier de Zahra, selon l'OSDH.

Les combats ont commencé jeudi avant l'iftar, la rupture du jeûne de ramadan, par des bombardements intensifs des rebelles sur ce quartier. Ils ont été suivis par des affrontements avec l'armée, les Forces de défense nationale (FND, milice prorégime) et les combattants chiites libanais du Hezbollah. Ces affrontements se sont étendus aux quartiers d'Achrafiyé (nord) et de Khaldiyé (ouest) et à la ligne de démarcation qui sépare Alep en deux, selon l'OSDH.

L'aviation du régime a bombardé les zones de combat, mais la coalition islamiste a pu avancer et prendre le contrôle de quelques bâtiments à Zahra, selon l'OSDH. «Il y a eu au moins 35 morts dans les rangs des insurgés et des dizaines de morts et blessés dans ceux du régime», précise l'ONG, qui fait également état de neuf civils tués dans les quartiers tenus par le pouvoir.

Selon la télévision officielle syrienne, «l'armée a mis en échec des tentatives d'infiltration sur plusieurs axes à Alep, tuant plus de 100 terroristes».

«On ne savait pas où cela tombait»

«Nous sommes habitués à entendre des explosions, mais hier il y en a eu vraiment beaucoup. C'était très intensif. On entendait le bruit des explosions, mais comme c'était partout, on ne savait pas où cela tombait», a témoigné Sahar, une étudiante de 23 ans, qui habite le Quartier des Syriaques, dans le centre-ville.

Pour le militant Karim Obeid, du centre des médias d'Alep, «les factions ont lancé une opération militaire pour contrôler Zahra, car l'armée bombarde régulièrement de cette position les quartiers tenus par l'opposition et les localités du nord et l'est de la province».

«Sa prise permettrait aussi de sécuriser la route internationale reliant Alep à la localité turque de Gaziantep», a-t-il expliqué.

Le siège des services de renseignement de l'arme de l'air a été attaqué à plusieurs reprises. En avril, les insurgés islamistes alliés à la branche syrienne d'Al-Qaïda avaient lancé sans succès un assaut et un mois plus tôt, le bâtiment avait été ébranlé par l'explosion d'une puissante charge souterraine.

Par ailleurs, les rebelles ont attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi un poste de l'armée à Challah, à l'entrée est de la localité de Zabadani, à 20 km au nord de la capitale Damas, qui résiste toujours aux forces du régime.

Le régime a riposté en menant 20 raids et en larguant 44 barils explosifs sur la ville, selon l'OSDH. Il y a eu au moins trois morts dans les rangs des rebelles et cinq au sein de l'armée.

Selon la télévision officielle, l'armée de l'air a «détruit deux dépôts de munitions, un atelier de fabrication de roquettes, un canon 23 mm et quatre véhicules dotés de mitrailleuses».

Première ville a être tombée aux mains des rebelles en février 2012, Zabadani est la dernière sur la frontière entre le Liban et la Syrie. Elle compte plus de 65 000 habitants auxquels s'ajoutent les déplacés de la Ghouta orientale. La cité est partiellement encerclée depuis quatre ans et les produits alimentaires, médicaux et le carburant y entrent difficilement.

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