Ankara accusé d'avoir facilité l'entrée de djihadistes en Syrie

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Le président Erdogan espère une large victoire de son parti aux législatives de dimanche, afin de réformer à sa main la Constitution en renforçant ses pouvoirs.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
ISTANBUL

Le quotidien turc Cumhuriyet a affirmé vendredi que le gouvernement avait facilité l'entrée des combattants djihadistes en Syrie, une semaine après avoir provoqué sa fureur en diffusant des images suggérant qu'il leur avait aussi livré des armes.

Dans son édition de vendredi, le journal proche de l'opposition écrit que les services de renseignement turcs (MIT) ont loué deux bus qui ont servi le 9 janvier 2014 à faire illégalement entrer en Syrie à partir du poste-frontière de Reyhanli (sud-ouest) plusieurs dizaines de rebelles islamistes hostiles au régime de Damas.

À l'appui de ses allégations, Cumhuriyet publie les photos des deux véhicules interceptés par les forces de l'ordre turques au lendemain de l'opération, dans lesquels ont été retrouvés des armes et des munitions.

Selon le journal, les chauffeurs des deux véhicules, brièvement interpellés, ont affirmé aux enquêteurs que leurs bus avaient été loués par le MIT, qui leur a présenté leurs passagers comme de simples réfugiés syriens.

Il y a une semaine, Cumhuriyet a suscité la colère du gouvernement islamo-conservateur turc en publiant des images d'armes dans des camions du MIT interceptés en janvier 2014 par les gendarmes turcs près de la frontière syrienne.

Cette opération alimente la polémique depuis que des documents officiels publiés sur l'internet ont révélé que ces armes étaient destinées aux groupes djihadistes.

Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a toujours nié tout soutien à ces combattants, a riposté en portant personnellement plainte contre le quotidien et son rédacteur-en-chef, Can Dündar, réclamant contre eux la prison à vie.

À quelques jours des élections législatives de dimanche, ce nouveau bras de fer entre le chef de l'État et un média a relancé l'inquiétude de l'opposition turque et des ONG de défense de la liberté de la presse, qui dénonce la dérive autoritaire de M. Erdogan.

Quelque 400 intellectuels, artistes ou universitaires, dont le prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, ont manifesté leur soutien au journal dans une tribune.

M. Erdogan espère une large victoire de son parti aux législatives de dimanche, afin de réformer à sa main la Constitution en renforçant ses pouvoirs.

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