Amnesty dénonce les «crimes contre l'humanité» à Alep

Plus de 220 000 personnes ont été tuées... (Photo: Reuters)

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Plus de 220 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit, déclenché en mars 2011 par la répression par le régime d'un mouvement de contestation pacifique.

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Agence France-Presse
Beyrouth

Les forces du régime syrien commettent des «crimes contre l'humanité» en bombardant de manière aveugle la ville d'Alep, a accusé mardi Amnesty International en critiquant aussi les «crimes de guerre» perpétrés par les rebelles.

Dans un nouveau rapport, l'organisation de défense des droits de l'Homme affirme que les raids incessants de l'armée de l'air contre l'ancienne capitale économique du pays en guerre ont contraint les habitants «à mener une existence souterraine».

Elle condamne «les terribles crimes de guerre et autres abus commis quotidiennement dans la ville par les forces gouvernementales et les groupes de l'opposition».

«Certaines actions du gouvernement à Alep équivalent à des crimes contre l'Humanité», selon elle.

Le rapport critique surtout le recours par le régime aux barils d'explosifs dans ses frappes, une arme dénoncée par les organisations de défense des droits de l'Homme comme particulièrement destructrice et qui tue de manière aveugle.

«En visant de manière délibérée et continuelle les civils, le gouvernement semble avoir adopté une politique insensible de punition collective contre la population civile à Alep», affirme le directeur du programme Moyen-Orient/Afrique du Nord d'Amnesty, Philip Luther.

Le président Bachar Al-Assad a toujours nié l'usage par son armée de telles armes, malgré les affirmations contraires des militants, des ONG et de pays occidentaux.

Le recours aux barils explosifs suscite «une terreur pure et une souffrance insupportable», assure Amnesty.

L'ONG critique aussi les groupes rebelles présents à Alep, une ville divisée depuis 2012 entre l'est aux mains des insurgés et l'ouest contrôlé par le régime.

Le rapport assure que les rebelles ont commis des «crimes de guerre» en utilisant «des armes imprécises comme les obus de mortier et des roquettes artisanales fabriquées à partir de bouteilles de gaz surnommées (par les rebelles) "les canons de l'enfer"».

Les projectiles, tirés régulièrement par les rebelles contre la partie occidentale de la ville, ont causé, selon Amnesty, la mort de 600 civils en 2014.

Durant la même année, les barils d'explosifs ont tué plus de 3.000 civils dans la province d'Alep, ajouté l'ONG.

La rapport fait également état, documents à l'appui, de «la torture à grande échelle, des détentions arbitraires et des élèvements menés aussi bien par le gouvernement que par les groupes d'opposition armés».

Face à l'insécurité, plusieurs hôpitaux et écoles ont choisi d'emménager dans des sous-sol ou des bunkers souterrains, selon l'ONG.

Amnesty, dans ce contexte, fustige l'incapacité de la communauté internationale à punir les abus et violations en Syrie, la décrivant comme «l'expression d'une froide indifférence» qui encourage l'impunité.

«La persistance de l'inaction est interprétée par les auteurs de crimes de guerre et contre l'Humanité comme un signe qu'ils peuvent continuer à tenir la population d'Alep en otage sans crainte de châtiment», assure Philip Luther.

Il insiste pour que le conflit en Syrie soit transféré à la Cour pénale internationale afin que les belligérants «soient traduits en justice».

Plus de 220 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit, déclenché en mars 2011 par la répression par le régime d'un mouvement de contestation pacifique.




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