Les États-Unis ont «perdu le contact» avec un drone

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Un drone MQ-1 Predator non armé.

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Crise dans le monde arabe

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
Washington

L'armée syrienne a affirmé mercredi avoir abattu un drone américain suspecté d'espionner ses forces, ce qui apparaît comme la première attaque de Damas contre des appareils de la coalition luttant contre le groupe Etat islamique (EI).

Le drone américain a été abattu dans la région côtière de Lattaquié (nord-ouest), une place forte de la communauté alaouite, la confession du clan du président Bachar al-Assad, selon l'agence de presse officielle syrienne.

Il survolait «des régions où Daech (acronyme arabe de l'EI) n'a pas de position», a précisé une source militaire à l'AFP.

«L'avion a pénétré dans l'espace aérien syrien pour surveiller et peut-être rassembler des informations militaires et sécuritaires», a-t-elle ajouté, en soulignant que l'avion ne faisait certainement pas «une promenade».

L'armée syrienne a donc agi en considérant le drone «comme un objectif ennemi», a précisé cette source, en précisant que l'avion n'avait pas été immédiatement identifié comme américain.

«L'armée syrienne est prête à riposter aux objectifs hostiles pour contrer toute agression, quelle que soit son origine», a encore assuré la source militaire.

Les avions de la coalition, active en Irak depuis août, ont commencé leurs frappes en Syrie fin septembre et les a depuis menées essentiellement dans les provinces d'Alep et de Raqa, où l'EI est implanté.

Contact perdu

À Washington, une source militaire américaine a indiqué que les États-Unis avaient «perdu le contact» avec un de leurs drones en vol au-dessus du nord-ouest de la Syrie, mardi vers 12 h 40 (heure de Montréal). Mais elle n'a pas confirmé que l'appareil avait été abattu par l'aviation syrienne.

Si cette annonce était confirmée, ce serait la première fois que Damas vise un appareil américain dans son espace aérien depuis le début des frappes de la coalition internationale antijihadistes dirigée par les États-Unis.

Sans donner de localisation précise, des médias officiels syriens ont publié des photos, de mauvaise qualité, de ce qui est présenté comme des débris du drone abattu.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne, mais qui compte un vaste réseau de sources en Syrie, a affirmé que le drone était tombé sur le village d'al-Maqateh, à dix kilomètres de la ville de Lattaquié.

«Il n'y a ni combattants de l'opposition ni groupes jihadistes dans cette région où les forces du régime sont largement présentes», a précisé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Absence de coordination

La Syrie ne participe pas aux frappes de la coalition, même si son aviation vise depuis quelques mois l'EI.

Après les premiers raids le 23 septembre, Damas avait indiqué en avoir été informée à l'avance, bien que Washington a affirmé refuser de se coordonner avec Damas sur ses frappes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem avait indiqué l'an dernier que Washington s'était engagé à ce que les frappes ne visent pas l'armée syrienne, tout en précisant douter de la durée de cet engagement.

Le conflit en Syrie, débuté en mars 2011 par la violente répression de manifestations pacifiques, s'est complexifié. Opposant au départ forces du régime et rebelles, il met aussi aux prises, depuis deux ans, des djihadistes de la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra, et de l'EI, qui multiplie les atrocités -décapitations, crucifixions, etc. - dans les régions sous son contrôle.

Selon un bilan de l'OSDH publié en février, les raids de la coalition ont tué plus de 1600 personnes en Syrie, dont 1465 membres de l'EI et 73 du Front Al-Nosra.

Depuis le début du conflit syrien, plus de 215 000 personnes ont été tuées et la moitié de la population déplacée.

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