Le conflit syrien a fait plus de 200 000 morts

Dans le conflit syrien, un civil tué sur... (PHOTO BARAA AL-HALABI, ARCHIVES AFP)

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Dans le conflit syrien, un civil tué sur dix est un enfant. Ci-dessus, un homme porte dans ses bras une jeune fille blessée, lors d'un bombardement sur Alep, le 3 juin.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Sara HUSSEIN, Moussa HATAR
Agence France-Presse
BEYROUTH et AMMAN

La guerre en Syrie a désormais fait plus de 200 000 morts en près de quatre ans, et l'hiver s'annonce rude pour 1,8 million de réfugiés syriens privés de l'aide alimentaire distribuée par l'ONU.

«Nous avons comptabilisé depuis mars 2011 la mort de 202 354 personnes», a annoncé mardi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG qui s'appuie sur un large réseau d'informateurs dans le pays en guerre.

Mais, pour son directeur Rami Abdel Rahmane, ce bilan «est certainement plus élevé», car «il est impossible de travailler dans certaines régions contrôlées par le régime ou par les djihadistes du groupe État islamique (EI)».

Sur les 200 000 morts recensés, plus de 130 000 étaient des belligérants des deux côtés. Un civil tué sur dix était un enfant.

Ce bilan a été publié au lendemain de l'annonce-choc de la suspension du programme d'aide alimentaire de l'ONU pour 1,8 million de réfugiés, qui fait craindre une crise humanitaire majeure en plein hiver.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a expliqué lundi avoir été «contraint», faute de moyens financiers, de suspendre ce programme qui permettait aux réfugiés syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Irak et en Égypte d'acheter de la nourriture dans les magasins locaux.

Cette suspension est «catastrophique», car elle «va mettre en péril la santé et la sécurité de ces réfugiés, et pourrait même provoquer de nouvelles tensions et de l'instabilité dans les pays d'accueil limitrophes», a averti la directrice du PAM, Ertharin Cousin.

Le PAM a lancé un appel d'urgence, expliquant avoir besoin immédiatement de 64 millions de dollars pour aider les réfugiés en décembre.

Ces derniers sont mal préparés pour affronter un nouvel hiver, particulièrement au Liban et en Jordanie où de nombreux enfants vivent pieds nus et sans vêtements adéquats.

«Nous souffrons chaque jour un peu plus et le monde ignore notre misère», se lamente Abou Yaman, un trentenaire originaire de Deraa, qui a trouvé refuge à Ramtha, dans le nord de la Jordanie.

«Ils veulent que nous retournions mourir en Syrie», se désole de son côté Khaldoun Kaddah, 21 ans, hébergé dans l'immense camp jordanien de Zaatari avec 85 000 autres réfugiés.

«Honte à eux!», lance-t-il, en dénonçant «les pays occidentaux qui parlent beaucoup des droits de l'homme, alors qu'ils ne se préoccupent pas de nos droits les plus basiques».

Au «pire moment»

Dans le camp de Zaatari, en plein désert, la température nocturne est tombée à 9 degrés et même 5 degrés en ressenti ces derniers jours, alors que la plupart des réfugiés vivent en caravanes, et les nouveaux venus sous tentes.

«Cela va avoir un impact dévastateur. Cela ne pouvait pas arriver à un pire moment», déclare à l'AFP le porte-parole régional du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), Ron Redman. «Nous faisons tout ce que nous pouvons (...) pour maintenir les abris chauds et aussi secs que possible. Mais même si vous avez chaud et êtes au sec, si vous n'avez pas à manger, vous êtes en grande difficulté».

Fuyant la guerre, plus de 3,2 millions de Syriens ont trouvé refuge dans les pays voisins : 1,1 million au Liban, 1,09 million en Turquie, 618 000 en Jordanie, 225 000 en Irak et 137 000 en Égypte, selon le HCR.

Le programme du PAM vise à leur accorder une carte alimentée chaque mois, dont le montant diffère selon les pays et est censé permettre à chacun d'acheter l'équivalent de 2100 calories de nourriture par jour.

Sa suspension pourrait être particulièrement dévastatrice au Liban, où il n'y a pas de camps formels et où la plupart des réfugiés vivent dans des installations de fortune, des hangars, des garages et des bâtiments inachevés, selon le HCR.

En Jordanie, quelque 450 000 réfugiés ne recevront pas d'aide ce mois-ci, tandis que 900 000 continueront à en bénéficier dans les camps. Le PAM est inquiet du fait que sans son soutien, les familles pourraient se voir forcées à recourir à la mendicité, à faire travailler leurs enfants ou à marier leurs filles mineures.

En Turquie et en Égypte, le PAM dispose de fonds pour fournir de l'aide jusqu'au 13 décembre, mais pas au-delà, a indiqué le coordinateur régional de l'organisation pour les situations d'urgence, Mouhannad Hadi.

«Cela va être un cauchemar pour les réfugiés. Ces gens dépendent complètement du PAM pour se nourrir. Ils n'ont aucun revenu», a-t-il déploré.

La présence de ces réfugiés représente un lourd fardeau pour l'économie et les ressources de ces pays, qui appellent régulièrement à l'aide alors que la situation crée des tensions croissantes avec les habitants.

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