Il y a un an, une attaque chimique tuait plus de 1400 Syriens

Le 21 août 2013, une attaque au gaz... (PHOTO BASSAM KHABIEH, ARCHIVES REUTERS)

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Le 21 août 2013, une attaque au gaz sarin sur la Ghouta orientale et Moadamiyat al-Cham, deux bastions de la rébellion de l'est et du sud-ouest de la capitale syrienne, faisait des centaines de morts.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Un an après l'attaque chimique qui a fait des centaines de morts près de Damas, ce massacre reste impuni, dénoncent des ONG et l'opposition, au moment où le conflit en Syrie a fauché la vie à plus de 180 000 personnes.

Alors que la rébellion, née il y a trois ans contre le régime de Bachar al-Assad, fait désormais face aux troupes loyalistes et aux jihadistes de l'État islamique (EI), la France a annoncé jeudi avoir livré des armes il y a plusieurs mois aux insurgés, dont les bastions sont notamment menacés dans le nord.

Le 21 août 2013, une attaque au gaz sarin sur la Ghouta orientale et Moadamiyat al-Cham, deux bastions de la rébellion de l'est et du sud-ouest de la capitale syrienne, faisait des centaines de morts.

Les images de corps d'enfants sans vie choquent le monde, des militants affirmant que des familles entières ont été décimées. L'opposition accuse alors les troupes du régime de Bachar al-Assad qui dément toute implication.

Les États-Unis, qui évoquent un chiffre d'au moins 1429 morts, dont 426 enfants, ont également accusé Damas et des frappes américaines contre les positions du régime ont été évitées in extremis grâce à un accord avec la Russie, soutien de M. Assad, sur la destruction de l'arsenal chimique syrien.

Lundi, le Pentagone a annoncé que toutes les armes chimiques syriennes avaient été détruites à bord d'un navire américain en Méditerranée, en application d'une résolution du Conseil de sécurité adoptée le 27 septembre 2013.

«La justice reste hors d'atteinte pour les victimes de l'attaque à l'arme chimique», a déploré l'ONG de défense de droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), dans un communiqué.

«Aussi importante soit-elle, la destruction des armes chimiques de l'arsenal syrien ne servira en rien les centaines de victimes mortes il y a un an ni leurs proches qui ont survécu», indique Nadim Houry, directeurs adjoints de l'ONG pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, appelant à la poursuite des auteurs.

Selon HRW, «les preuves disponibles suggèrent nettement que les forces syriennes ont mené les attaques».

L'organisation critique le fait que les efforts internationaux visant à punir ces attaques et les autres crimes commis en Syrie restent vains.

Rebelles «pris en tenaille»

Le Conseil national syrien (CNS), importante composante de la Coalition de l'opposition syrienne en exil, a également critiqué l'inaction internationale face à la machine de guerre du régime.

«Un an après le massacre à l'arme chimique dans lequel 1400 civils ont péri dans leur sommeil, le monde n'a pas rendu justice aux victimes et a accepté que le (régime) criminel reste impuni», selon le texte.

«Le coupable continue de perpétrer des crimes contre l'humanité avec d'autres armes, en bombardant les maisons et les marchés avec des missiles et des barils d'explosifs», rappelle le CNS en référence aux barils largués par les hélicoptères du régime notamment sur les secteurs rebelles de la métropole d'Alep, ayant fait plusieurs centaines de victimes depuis fin 2013.

Selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 180 000 personnes, dont un tiers de civils, ont trouvé la mort dans le conflit qui ravage la Syrie. Parmi eux figurent 9428 enfants.

Face à une rébellion minée par les divisions et affaiblie par la poussée de l'EI, le président français François Hollande a annoncé que son pays avait livré il y a quelques mois des armes aux insurgés.

«D'un côté, l'État de Bachar al-Assad qui continue de pilonner et de massacrer, (de l'autre) l'État islamique et, au milieu, celles et ceux qui étaient supposés préparer l'avenir et qui sont pris en tenaille», a-t-il dit.

Par ailleurs, un haut gradé de la défense anti-aérienne au sein de l'armée a été tué avec trois de ses gardes du corps par l'explosion d'une mine alors qu'il inspectait une zone près de Mleiha, selon l'OSDH.

Conquise à la mi-août, Mleiha permet à l'armée d'attaquer les localités de la Ghouta orientale, en majorité tenues par des rebelles. En mai, c'était le chef de la défense anti-aérienne, le général Hussein Issac, qui mourrait dans les combats à Mleiha.




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