Syrie: les djihadistes resserrent l'étau autour de la 3e ville kurde

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, l'État... (PHOTO AHMED DEEB, ARCHIVES AFP)

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Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, l'État islamique contrôle désormais près de 250 des 700 km de frontière entre la Syrie et la Turquie.

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Agence France-Presse
Beyrouth

Les djihadistes de l'État islamique (EI) resserrent l'étau autour d'Aïn al-Arab, troisième ville kurde de Syrie, dans le but de renforcer leur contrôle sur les zones septentrionales frontalières de la Turquie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le groupe extrémiste, qui avait annoncé un «califat» islamique fin juin à l'issue d'une offensive éclair en Irak, tente de relier ses bastions dans l'est et le nord syriens à ses fiefs dans le nord et ouest irakiens.

«L'EI assiège totalement les environs d'Aïn al-Arab (Kobani en kurde)», selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Aïn el-Arab, située dans la province septentrionale d'Alep et frontalière de la Turquie, est la troisième ville kurde de Syrie après Qamishli (province de Hassaka, nord-ouest) et Afrine (province d'Alep).

Les combats aux alentours d'Aïn al-Arab, qui durent depuis deux semaines, font rage depuis samedi soir, les Kurdes défendant farouchement leur bastion.

«Un commandant de l'EI a été capturé et au moins 11 de ses membres ont été tués», a indiqué M. Abdel Rahmane.

Selon l'OSDH, l'EI contrôle désormais près de 250 des 700 km de frontière entre la Syrie et la Turquie.

Cette zone s'étend de Jarablous, une ville arabo-turkmène, jusqu'aux abords de Ras-al-Aïn (kurde), plus à l'est.

«Si l'EI prend Aïn el-Arab, il aura une continuité territoriale», estime Romain Caillet, expert des mouvements djihadistes. «C'est stratégique parce que c'est la frontière avec la Turquie», ajoute-t-il.

Depuis l'apparition de l'EI --autrefois connu sous le nom d'État islamique en Irak et au Levant--, les combats font rage entre kurdes et djihadistes, les premiers défendant à tout prix leurs zones où ils avaient instauré une sorte d'autonomie depuis le début de la guerre en Syrie.

Ce conflit avait commencé comme une révolte pacifique avant de se transformer, sous la répression, en une insurrection armée. Mais celle-ci a dégénéré en guerre civile et la montée de djihadistes bien armés et gagnant du terrain face aux rebelles a changé le visage du conflit.




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