Près de 2000 civils tués à Alep en 2014

Deux hommes regardent par un trou dans un... (PHOTO ABDALRHMAN ISMAIL, ARCHIVES REUTERS)

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Deux hommes regardent par un trou dans un mur le site d'une explosion dans la Vieille ville d'Alep, résultat selon des activistes d'un bombardement aux barils d'explosifs qu'ils attribuent aux forces du régime, le 25 mai.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
DAMAS

Près de 2000 civils dont des centaines d'enfants ont péri dans la campagne aérienne de l'armée syrienne sur la province d'Alep depuis le début de l'année, le régime cherchant à reprendre coûte que coûte la cité stratégique aux rebelles après ses derniers succès.

Ce terrible bilan, qui souligne l'ampleur du drame humain de cette guerre, a été fourni vendredi par une ONG syrienne, à quatre jours de la présidentielle controversée que le chef de l'État Bachar al-Assad est assuré de remporter.

«De début janvier au 29 mai, 1963 civils ont été tués par les barils d'explosifs et les bombes larguées par l'armée de l'air (...) dont 567 enfants et 283 femmes», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de sources civiles, médicales et militaires.

Ex-capitale économique du pays, Alep est divisée depuis juillet 2012 et les quartiers rebelles sont la cible depuis la mi-décembre d'une offensive de l'armée avec des bombardements qui se sont intensifiés en janvier.

Ces raids, souvent menés par des hélicoptères larguant des barils d'explosifs, ont aussi provoqué l'exode de plusieurs milliers de personnes et laissé la ville en ruines.

Cette tactique a été condamnée par l'ONU, mais les militants anti-régime ont accusé la communauté internationale de rester les bras croisés face au «massacre» à Alep.

«Tout criminel à qui on ne demande pas de comptes agit en toute impunité», souligne le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Un groupe d'experts indépendants de l'ONU a d'ailleurs affirmé que la décision du Conseil de sécurité de ne pas s'en remettre à la Cour pénale internationale «pourrait inciter à davantage d'atrocités» en Syrie.

200 Kurdes enlevés 

Le régime a avancé ces derniers mois sur le terrain, s'emparant récemment de la vieille ville de Homs (centre) qu'il a assiégée et bombardée pendant deux ans, réduisant rebelles et civils à la disette.

«Si la tactique à Homs était d'assiéger et d'affamer, à Alep, le régime veut causer le maximum de destruction pour vider la ville de ses habitants», explique M. Abdel Rahmane. Selon lui, le régime a opté pour cette stratégie car «la majorité de la province est aux mains des rebelles, contrairement à celle de Homs».

Le régime continue à surpasser la rébellion en puissance de feu, grâce à son aviation, aux supplétifs syriens et aux combattants aguerris du mouvement chiite libanais Hezbollah.

Dans cette même province, le puissant groupe jihadiste, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), a enlevé près de 200 Kurdes, a rapporté vendredi l'OSDH.

Les milices kurdes croisent le fer avec l'EIIL depuis que les jihadistes ont voulu s'emparer il y a plusieurs mois des champs pétroliers du nord et de l'est du pays.

Alors que les pays occidentaux s'alarment régulièrement du départ de jihadistes en Syrie, les États-Unis ont indiqué qu'un Américain avait commis un attentat suicide en Syrie, confirmant des informations de presse, sans plus de détails.

Situation économique épouvantable 

C'est dans ce contexte que se déroulera le 3 juin le scrutin présidentiel. Organisé dans les régions tenues par le pouvoir et selon une loi excluant de facto toute candidature dissidente, il a été dénoncé comme une «farce» par l'opposition.

Le chef de l'armée syrienne libre (ASL, principale composante de la rébellion), le général Abdelilah al-Bachir, a appelé les Syriens à «boycotter complètement» l'élection, qualifiant le régime de «criminel».

L'Iran, allié de Damas, a indiqué de son côté que la présidentielle renforcerait la «légitimité» de M. Assad, «son peuple ayant réalisé qu'il avait évité à la Syrie la désintégration ou l'occupation».

Selon un nouveau rapport de l'ONU, la guerre a plongé le pays dans une situation économique épouvantable et jeté dans la pauvreté la moitié de la population.

Et d'après la Commission européenne, en plus de 162 000 morts directs de la guerre, «200 000 Syriens sont morts de maladies chroniques en raison du manque d'accès aux traitements et aux médicaments», rappelant que 3,5 millions de personnes sont dans des régions inaccessibles pour les humanitaires.

La Syrie est victime de «la mondialisation de l'indifférence», a dénoncé le pape François, appelant toutes les parties à «faire taire les armes».




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