Aide humaniaire bloquée: le régime d'Assad responsable

Des combattants de l'armée syrienne libre escortent un... (Photo BASSAM KHABIEH, Reuters)

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Des combattants de l'armée syrienne libre escortent un convoi d'aide humanitaire transporté par l'ONU, le 20 mars, à Damas.

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Agence France-Presse
NATIONS UNIES

Les Occidentaux considèrent que le régime de Bachar al-Assad est le principal responsable du blocage de l'aide humanitaire en Syrie et vont discuter des pressions à exercer sur Damas, ont indiqué vendredi des diplomates à l'ONU.

Les Occidentaux considèrent que le régime de Bachar al-Assad est le principal responsable du blocage de l'aide humanitaire en Syrie et vont discuter des pressions à exercer sur Damas, ont indiqué vendredi des diplomates à l'ONU.

Le Conseil de sécurité a débattu vendredi pour la première fois à huis clos d'un rapport de l'ONU qui conclut que malgré une résolution demandant aux belligérants d'améliorer l'accès humanitaire en Syrie, celui-ci reste «extrêmement difficile».

«Le gouvernement syrien a clairement une responsabilité écrasante» dans ce domaine, a affirmé l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant. Il a dit avoir «commencé à discuter avec ses collègues du Conseil des mesures supplémentaires (qui) pourraient être prises» pour obliger Damas à coopérer. «Nous sommes en train de constituer un faisceau de preuves solides».

Pour l'ambassadrice américaine Samantha Power, «le gouvernement syrien reste le principal obstacle à la livraison de l'aide humanitaire». Elle a accusé Damas de «retarder les convois et d'en retirer régulièrement les fournitures médicales». Mais elle a refusé de prédire quelles mesures le Conseil pourrait prendre: «Je ne peux pas prendre d'engagements, c'est une négociation».

La France considère elle aussi que la résolution 2139 du 22 février «n'est pas appliquée: le régime bloque l'aide humanitaire, notamment les médicaments, et intensifie les bombardements», a déclaré la mission française auprès de l'ONU.

Selon l'ambassadrice luxembourgeoise Sylvie Lucas, qui préside le Conseil en mars, «la plupart des pays membres ont déploré qu'il n'y ait eu aucun progrès significatif dans aucun domaine». Les largages de barils d'explosifs sur les civils par l'armée de l'air syrienne ont continué, de même que le blocage des convois ou les obstacles administratifs, a-t-elle énuméré. «La situation n'a fait qu'empirer».

La résolution du 22 février appelait tous les belligérants à permettre le passage de l'aide par les frontières terrestres et réclamait la levée des sièges de plusieurs villes syriennes et la fin des largages de «barils explosifs».

En cas de non respect de ces exigences, le Conseil peut agir contre les récalcitrants. Mais de nombreux diplomates estiment que la Russie mettrait à coup sûr son veto à toute sanction contre son allié syrien, comme elle l'a déjà fait trois fois depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

Mme Power a fait valoir que la Russie s'était ralliée à la résolution 2139. «J'espère qu'ils ont l'intention de la faire appliquer», a-t-elle ajouté.

Interrogé à son entrée au Conseil, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a affirmé que, contrairement aux Occidentaux, Moscou considérait «qu'il y avait certains progrès» dans l'accès humanitaire en Syrie.

L'ambassadeur syrien Bachar Jaafari a pour sa part estimé que le rapport de l'ONU «manquait d'informations crédibles».

Pour la patronne des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos, qui s'est adressée au Conseil, «la situation ne s'est pas améliorée pour des millions de gens». Ainsi, seuls 6% des civils bloqués dans des zones assiégées par l'armée ou les rebelles ont pu être secourus en février.

«La situation humanitaire reste sombre et le restera tant que nous n'aurons pas un accès total et sans entraves» à la population, a-t-elle affirmé en demandant aux membres du Conseil «d'user de leur influence sur les belligérants».

Depuis la résolution de février, le gouvernement n'a autorisé l'entrée de l'aide venant de Turquie qu'au point de passage de Qamichli (nord-est), le seul poste-frontière avec la Turquie encore sous son contrôle. Les huit autres postes-frontières sont aux mains des jihadistes ou des rebelles.

L'ONG Human Rights Watch a elle aussi accusé le régime syrien d'entraver l'acheminement des secours destinés aux civils en Syrie. En refusant l'entrée de l'aide à travers les postes-frontières tenus par les rebelles, le gouvernement syrien «empêche les livraisons d'aides à des centaines de milliers de gens désespérés», a indiqué HRW dans un communiqué.




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