Régime et opposition campent sur leurs positions à Genève

Des partisans du président syrien Bashar al-Assad ont... (Photo Denis Balibouse, Reuters)

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Des partisans du président syrien Bashar al-Assad ont manifesté devant le siège des Nations unies à Genève.

Photo Denis Balibouse, Reuters

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Pierre Taillefer, Rana Moussaoui
Agence France-Presse
Genève

Opposition et régime syrien ont affiché leurs profonds désaccords au terme d'une semaine de discussions à Genève et la délégation du gouvernement a laissé planer un doute sur la suite dans l'attente de consulter Damas.

Pendant ce premier face-à-face d'une semaine depuis le début de la guerre il y a près de trois ans, les deux parties ont campé sur leurs positions, le régime insistant sur le fait qu'il ne voulait pas céder sur la transition politique et l'opposition clamant que Damas était «contraint à négocier» sur cette question centrale.

Ces pourparlers, lancés sous la pression des États-Unis, alliés de l'opposition, et la Russie, soutien du régime, devraient reprendre «en principe» le 10 février, selon l'émissaire international, Lakhdar Brahimi, par l'intermédiaire duquel les deux parties ont «dialogué» pour la première fois dans une même salle depuis le 25 janvier.

Alors que ces discussions, souvent stériles, se déroulaient, environ 1900 personnes ont été tuées durant cette période dans les bombardements et les combats dans différentes provinces syriennes, selon une ONG.

Lakhdar Brahimi a affirmé que la conférence dite de Genève II était un «début très modeste, mais c'est un début (...) sur lequel on peut construire», au cours d'une conférence de presse vendredi.

Relevant «quelques points de convergence» et soulignant que «les deux parties ont pris l'habitude de s'asseoir dans la même pièce», M. Brahimi a toutefois reconnu que «ce fut un démarrage très difficile» et qu'il n'y avait «pas de doute que les positions importantes étaient très éloignées».

«Nous avons demandé des instructions pour savoir si nous retournerons à Genève», a déclaré à la presse le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.

«Le président Bachar al-Assad lira d'abord notre rapport, il discutera avec nous et le gouvernement et ensuite nous prendrons la décision», a affirmé le ministre.

Mais d'ores et déjà, les deux parties ont réaffirmé leurs positions presque irréconciliables, notamment sur la transition politique en Syrie.

Pas de concession, clame le régime

«Ni dans ce round, ni dans le prochain, ils (les adversaires du régime) ne pourront obtenir de la délégation syrienne aucune concession», a ainsi clamé le ministre de l'Information, Omrane al-Zohbi, devant quelque 250 manifestants pro-régime rassemblés devant le siège de l'ONU à Genève.

Walid Mouallem a dit ne pas avoir «obtenu de résultats tangibles» et il a mis en cause le «manque de responsabilité et de sérieux» des dirigeants de l'opposition et «leur volonté de faire imploser la conférence, comme si nous venions là pour une heure et devions tout leur céder».

«Personne ne peut remplacer la direction syrienne», a insisté M. Mouallem faisant allusion au président Assad.

Le chef de l'opposition syrienne, Ahmad Jarba, a accusé pour sa part le régime de ne pas tenir d'«engagement sérieux» dans les négociations,  prévenant que la rébellion armée se poursuivra tant que le pouvoir continuera d'«agresser» la population syrienne.

Les discussions ont la plupart du temps tourné en rond, le régime affirmant que la priorité était de combattre le «terrorisme», la rébellion selon sa terminologie, tandis que l'opposition maintenait que la transition politique aboutissant au départ du président Assad était la voie à suivre pour arrêter la violence.

La conférence de Genève II est jusqu'à présent la tentative la plus sérieuse de la communauté internationale pour mettre un terme au bain de sang en Syrie, où plus de 130.000 personnes sont mortes et plus de neuf millions sont des réfugiés et des déplacés depuis près de trois ans.

M. Jarba sera reçu à Moscou le 4 février pour sa première visite officielle à cet allié du régime syrien, a annoncé l'opposition.

«Sans un consensus international clair pour faire pression sur le régime d'Assad, y compris les Russes (...) nous n'allons pas voir beaucoup de changement de la part du régime», a déclaré à l'AFP Salman Shaikh, directeur du Brookings Institute de Doha.

L'analyste ne s'attend à aucun grand progrès, même si la prochaine «session dure une semaine ou un an».

Pour d'autres, la conférence a été au minimum une victoire symbolique pour l'opposition.

«Cela a été un succès pour l'opposition qui a réussi à se présenter comme organisée et raisonnable», affirme Peter Volker, de l'Institut allemand des affaires internationales et de sécurité, alors que depuis trois ans celle-ci apparaissait profondément divisée et fragilisée par une rébellion tout aussi éclatée.

Sur le plan humanitaire, aucune des «mesures de confiance» que demandait M. Brahimi, pas même le ravitaillement des assiégés dans les secteurs rebelles de Homs (centre), ne s'est concrétisée. La seule percée a eu lieu à Damas avec le ravitaillement jeudi et vendredi du camp palestinien de Yarmouk.

M. Brahimi a quitté vendredi soir Genève pour Munich pour des consultations avec le Secrétaire général de l'ONU et les chefs de la diplomatie américaine et russe qui participent à une conférence internationale sur la sécurité.

À Berlin le secrétaire d'État John Kerry a enjoint le président Assad de respecter ses obligations internationales en matière de destruction de son arsenal chimique et l'a averti de conséquences au Conseil de sécurité s'il ne le faisait pas.




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