L'OIAC s'inquiète d'attaques contre des usines chimiques

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«Les autorités syriennes ont fait état d'attaques contre deux sites. S'il y avait des tentatives de s'emparer d'agents chimiques, ce serait inquiétant», a déclaré lors d'une interview à Rome à quelques journalistes dont l'AFP, Ahmet Uzumcu, directeur général de l'OIAC.

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Dario THUBURN
Agence France-Presse
Rome

Le chef de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s'est inquiété jeudi d'informations du régime syrien sur des attaques contre des usines chimiques, qui ne compromettront toutefois pas, selon lui, la mise en oeuvre du plan de destruction de l'arsenal syrien.

«Les autorités syriennes ont fait état d'attaques contre deux sites. S'il y avait des tentatives de s'emparer d'agents chimiques, ce serait inquiétant», a déclaré lors d'une interview à Rome à quelques journalistes dont l'AFP, Ahmet Uzumcu, directeur général de l'OIAC, organisation installée à La Haye, chargée avec l'ONU d'une mission de destruction de l'arsenal syrien.

M. Uzumcu devait intervenir jeudi devant les commissions Affaires étrangères et Défense du Parlement, aux côtés de la chef de la diplomatie italienne Emma Bonino et du ministre des Infrastructures, Maurizio Lupi. Selon M. Uzumcu, des négociations sont en cours pour «des cessez-le-feu temporaires» pour laisser passer les convois qui doivent acheminer les agents chimiques vers le port syrien de Lattaquié.

Le chef de l'OIAC a souligné que les opérations avaient été retardées aussi par la demande du gouvernement syrien de renforcement de la sécurité des convois, par des véhicules blindés notamment.

Le directeur de l'OIAC s'est dit confiant d'un respect de l'échéance du 30 juin pour la destruction de l'arsenal chimique syrien et a estimé que cela pourrait contribuer à la résolution du conflit.

«Le compromis actuel sur ce sujet particulier pourrait avoir posé les jalons pour un processus (de paix) plus large», a-t-il déclaré, à quelques jours de la conférence Genève II sur la Syrie prévue le 22 janvier.

Il a précisé que le transfert des agents chimiques d'un navire-cargo danois vers le navire américain MV Cape Ray spécialement équipé pour leur destruction devrait avoir lieu «vers la fin janvier ou début février» et devrait durer 48 heures.

Vers le port italien de Gioia Tauro

Le port italien de Gioia Tauro a été choisi pour le transfert prévu de l'arsenal chimique depuis un cargo danois vers un navire américain en vue de sa destruction, a annoncé jeudi le ministre italien des Infrastructures Maurizio Lupi.

«Le gouvernement a considéré le port de Gioia Tauro comme le plus approprié» compte tenu des contraintes techniques et de sécurité requises, a déclaré M. Lupi, devant une commission parlementaire consacrée à l'opération prévue début février.

Actuellement, le cargo danois a pris livraison d'une partie des agents chimiques les plus dangereux de l'arsenal syrien - «un peu plus de 16 tonnes», selon M. Uzumcu - dans le port de Lattaquié et attend dans les eaux internationales d'y retourner pour compléter sa cargaison.

Une fois que le navire aura rassemblé environ 500 tonnes de composants, il traversera la Méditerrannée escorté par des navires danois et norvégiens jusqu'à l'Italie.

Sur le Cape Ray, l'opération de neutralisation des composants selon un processus d'hydrolyse prendra de 45 à 90 jours.

L'Allemagne a proposé de se charger d'éliminer 370 tonnes de résidus des composants chimiques une fois neutralisés.

Le Cape Ray se trouve encore aux États-Unis et devrait partir à la fin de cette semaine ou au début de la prochaine pour rejoindre l'Italie.

L'arsenal syrien inclut des composants servant à fabriquer du gaz moutarde ainsi que des gaz innervants sarin et VX.

Même s'il est prévu que la destruction des composants aura lieu loin des zones habitées, leur transit par un port italien a suscité l'opposition de responsables locaux.

Le président de la Sardaigne Ugo Cappellacci a exprimé son «opposition absolue» à leur transit par sa région, refusant qu'elle devienne «la décharge de l'Italie». Le maire de Brindisi dans les Pouilles (sud), Mimmo Consales, a aussi opposé une fin de non-recevoir.

«Toutes les mesures possibles seront prises pour un transfert en toute sécurité, nous prenons toutes les dispositions pour limiter les risques», a assuré M. Uzumcu.




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