Le régime syrien accusé d'avoir torturé à mort 617 détenus

La télévision officielle syrienne a rapporté jeudi que... (Photo: SANA, Agence France-Presse)

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La télévision officielle syrienne a rapporté jeudi que les autorités avaient libéré plus de 500 prisonniers accusés d'implication dans le soulèvement contre le régime. Il s'agirait d'un nouveau geste du régime syrien pour se conformer au plan de sortie de crise de la Ligue arabe.

Photo: SANA, Agence France-Presse

Bassem Mroué
Associated Press
Beyrouth

Un groupe militant a accusé le régime syrien, jeudi, d'avoir torturé à mort des centaines de personnes dans les prisons surpeuplées et les centres de détention illégaux du pays depuis le début du soulèvement, en mars.

Le groupe Avaaz, une organisation militante internationale très présente sur Internet, a diffusé un rapport selon lequel 617 personnes ont été tuées sous la torture des forces du président Bachar El-Assad dans la répression du soulèvement populaire.

«Les hommes de main d'El-Assad ont tenté de briser le mouvement pro-démocratie dans ces salles de torture, mais de braves Syriens continuent de se lever pour défendre leurs droits», a dit Stephanie Bracaforte, directrice de campagne pour Avaaz.

Les présumées victimes de torture font partie des 6874 personnes tuées depuis le début du soulèvement, selon Avaaz, un bilan sensiblement plus élevé que l'estimation de 5000 morts avancée par les Nations unies il y a plusieurs semaines.

Les Comités locaux de coordination, un groupe d'opposition qui suit l'évolution de la situation en Syrie, ont affirmé que jusqu'à 20 personnes avaient été tuées dans les violences de jeudi.

Dans son rapport, Avaaz affirme avoir confirmé chaque décès par trois sources indépendantes, dont un membre de la famille de la victime et l'imam qui a procédé aux funérailles. L'organisation précise qu'elle travaille avec une équipe de 58 défenseurs des droits de la personne en Syrie.

Le groupe a appelé les observateurs de la Ligue arabe présents en Syrie à «visiter ces salles de torture et à s'assurer que le régime mette immédiatement fin à ces atrocités».

Le gouvernement syrien n'a pas réagi aux allégations d'Avaaz. Le régime affirme depuis longtemps que le soulèvement n'est pas l'oeuvre de militants pro-démocratie, mais de terroristes et de gangs armés par des pays étrangers. Une grande partie de la communauté internationale rejette cette affirmation et estime qu'il s'agit d'une tentative du régime pour terrifier les citoyens et les pousser à abandonner la révolte.

Les chiffres avancés par Avaaz sont impossibles à confirmer de source indépendante, puisque le régime continue d'interdire aux journalistes étrangers et aux organisations de défense des droits de la personne d'entrer dans le pays.

Des prisonniers libérés

La télévision officielle syrienne a rapporté jeudi que les autorités avaient libéré plus de 500 prisonniers accusés d'implication dans le soulèvement contre le régime. Il s'agirait d'un nouveau geste du régime syrien pour se conformer au plan de sortie de crise de la Ligue arabe.

Le chef de la Ligue, Nabil Elaraby, a indiqué cette semaine que la Syrie avait libéré environ 3500 détenus au cours des dernières semaines. D'après la télévision officielle, 552 autres détenus ont été libérés jeudi.

Mais selon Avaaz, quelque 37 000 personnes sont toujours détenues en Syrie.

Le premier ministre du Qatar a par ailleurs admis, jeudi, que la mission d'observation de la Ligue arabe avait fait «certaines erreurs» et qu'elle se tournerait vers l'ONU pour demander son expertise.

Le premier ministre Cheikh Hamad Bin Jassem Al Thani a discuté de la situation avec le secrétaire général de l'ONU, face aux critiques reprochant à la mission de servir de couverture au régime de Bachar El-Assad, qui poursuit la répression contre les manifestants.

«Nous venons demander une aide technique et nous voulons connaître l'expérience de l'ONU, parce que c'est la première fois que la Ligue arabe est impliquée dans l'envoi de moniteurs, et il y a eu certaines erreurs», a dit le premier ministre qatarien, selon les propos rapportés par l'agence de presse du Koweït.

Interrogé sur la nature de ces erreurs, M. Al Thani a déclaré: «C'est une première expérience pour nous. J'ai dit que nous devions évaluer les erreurs que nous avons faites. Il n'y a pas de doute dans mon esprit. Je vois qu'il y a des erreurs, mais nous ne sommes pas allés (en Syrie) pour faire cesser les violences, mais pour observer.»




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