Des heurts entre policiers et islamistes font 5 morts

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Des manifestants affrontent la police, dans un quartier de l'est du Caire, vendredi.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Agence France-Presse
LE CAIRE

Cinq personnes, dont une journaliste égyptienne, ont été tuées vendredi au Caire dans des heurts entre des policiers et des islamistes manifestant contre la candidature de l'ex-chef de l'armée, Abdel Fattah al-Sissi, à l'élection présidentielle.

Des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi ont défilé dans plusieurs villes du pays vendredi après l'annonce deux jours plus tôt de la candidature de M. Sissi, artisan de l'éviction de M. Morsi en juillet, à l'élection présidentielle pour laquelle il est donné grand favori.

Alors qu'elle couvrait une manifestation au Caire, dans le quartier de Aïn Chams, la journaliste Mayada Achraf, qui travaillait pour le quotidien privé Al-Doustour et le site internet Masr Alarabia, a été tuée d'une balle dans la tête, a annoncé un responsable des services de sécurité.

Quatre autres personnes ont été tuées et onze blessées dans ce même rassemblement, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

À travers le pays, 79 pro-Morsi ont été arrêtés en possession de cocktails molotov et de feux d'artifices utilisés pour tirer vers les forces de l'ordre, ajoute le communiqué.

Dans son dernier article publié vendredi sur le site d'Al-Doustour, Mayada Achraf affirmait que des combats à balles réelles opposaient des pro-Morsi à des civils qui leur étaient hostiles.

La police est ensuite intervenue, et c'est à ce moment que Mme Achraf a été séparée d'un de ses confrères, Mohamed Rabié, qui a ensuite tenté de la joindre au téléphone, a-t-il raconté.

«C'est un manifestant qui m'a répondu et qui m'a dit qu'elle était morte», a expliqué M. Rabié qui a retrouvé plus tard le corps de la journaliste dans une mosquée où des islamistes l'avaient transporté.

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a accusé les partisans de M. Morsi d'être responsables des morts. Un des manifestants a pour sa part affirmé à l'AFP que la police avait ouvert le feu au moment où le rassemblement commençait à se disperser.

Un responsable au sein du ministère de la Santé, Khaled al-Khatib, a fait état de son côté de 19 blessés dans l'ensemble du pays, dont 15 au Caire et quatre dans la province de Damiette (nord).

À Madinet Nasr, dans l'est du Caire, des étudiants de l'université d'Al-Azhar ont lancé des cocktails molotov et des pierres sur les policiers anti-émeute qui ont riposté à coups de gaz lacrymogènes, selon ces sources.

La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs autres rassemblements islamistes, selon l'agence officielle Mena.

Calendrier électoral annoncé dimanche

Célébrant pour leur part l'annonce de la candidature de Sissi, les partisans de l'homme fort du pays ont tenu plusieurs rassemblements vendredi en Égypte, notamment au Caire, sur la célèbre place Tahrir, et à Alexandrie, sur la côte méditerranéenne.

La commission électorale, chargée de l'élection présidentielle qui doit se tenir avant le mois de juin, a affirmé dans un communiqué qu'elle tiendrait dimanche une conférence de presse pour annoncer le calendrier électoral, a rapporté l'agence Mena.

Lorsqu'il a annoncé sa candidature mercredi soir, M. Sissi a promis de continuer à se battre «pour une Égypte débarrassée du terrorisme», alors que les forces de l'ordre sont devenues des cibles quasi-quotidiennes d'attaques meurtrières depuis l'éviction de M. Morsi.

Si ces attaques ont été revendiquées en grande partie par un groupe inspiré d'Al-Qaïda, Ansar Beit al-Maqdess, les autorités les imputent aux Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, qui ont été déclarés «organisation terroriste» en décembre.

La répression contre les Frères musulmans, lancée l'été dernier, a fait des centaines de morts et la quasi-totalité de la direction de la confrérie, à l'instar de M. Morsi en personne, emprisonnée, encourt désormais la peine de mort.

Dans un pays auquel l'armée a fourni tous les présidents -à l'exception de M. Morsi-, M. Sissi incarne l'homme fort, capable de faire revenir la stabilité dans un pays secoué par des crises à répétition depuis la chute de Hosni Moubarak début 2011.

Mais son accession attendue à la présidence devrait consacrer le retour d'un pouvoir autoritaire en Égypte, estiment les experts.




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