Que veut l'opposition libyenne?

Deux représentants du conseil national de transition (troisième... (Photo: AFP)

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Deux représentants du conseil national de transition (troisième et quatrième à partir de la gauche sur cette photo) ont rencontré la presse, mercredi, à Paris pour exposer leurs intentions.

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Ils sont reçus à l'Élysée, ils tiennent le fort dans la ville de Benghazi ou sont exilés un peu partout dans le monde, et ils parlent au nom des Libyens anti-Kadhafi. Mais la composition exacte du Conseil national de transition (CNT) et, surtout, ses intentions pour l'avenir de leur pays, restent nébuleuses.

Hier, à Paris, deux représentants de ce Conseil ont rencontré la presse pour exposer leurs intentions. «Le CNT est composé de 31 membres, mais seule l'identité de huit d'entre eux a été révélée parce que certains vivent encore dans des zones occupées par Kadhafi», a expliqué Ali Zeidan, membre de la Ligue libyenne des droits de l'homme et porte-parole en Europe du Conseil. «Ce sont principalement des avocats, des professeurs, des universitaires».

«Toutes les régions de la Libye sont représentées. Il y a des membres de toutes les tribus, y compris des Kadhafa d'où est originaire Kadhafi.»

À la tête de ce Conseil, l'ancien ministre de la Justice Mustafa Abdel Jalil, de la tribu Harabi, qui a rejoint la révolte à la mi-février. «Un homme de confiance», dit le président de la Ligue libyenne des droits de l'homme, Sliman Bouchuiguir, joint hier par La Presse à Genève.

«Il était ministre de la Justice, mais a toujours dit qu'il n'y avait pas de justice en Libye, dit M. Bouchuiguir. Il a toujours dit que la justice était la dernière préoccupation de l'État libyen!»

M. Jalil, dit M. Bouchuiguir, a été nommé ministre notamment parce qu'il appartient à la même tribu que de la femme de Mouammar Kadhafi. «Il connaît très bien sa famille. La femme de Kadhafi a dit à son fils, Saïf al-Islam, qu'il fallait le nommer ministre. C'est ce qui est arrivé.»

Quand Mustafa Abdel Jalil a publiquement déclaré, en mai dernier, que la justice était le dernier souci du pays, il a écopé d'un blâme du colonel. «Kadhafi lui a dit que ses critiques avaient du sens, mais qu'il ne devait pas dire ces choses en public, il aurait pu venir le voir chez lui», poursuit M. Bouchuiguir.

Gouvernement intérimaire?

Hier, le CNT a déclaré qu'il était en voie de former un gouvernement intérimaire qui n'entrerait pas en fonction avant le départ de Kadhafi. Selon Al-Jazira, Mahmoud Jebril, expert en stratégie qui a surtout travaillé à l'étranger, sera le premier ministre intérimaire. M. Jebril a aussi travaillé brièvement pour le régime afin de moderniser l'économie du pays, mais a jeté l'éponge lorsque ses propositions ont été rejetées.

Aux côtés de Mustafa Abdel Jalil se trouve également l'ancien ministre de l'Intérieur Abdel Fattah Younis. Ces anciens collaborateurs de Kadhafi qui ont retourné leur veste n'ont pas gagné d'emblée la confiance du président de la Ligue libyenne des droits de l'homme. «Ça ne concorde pas toujours avec la logique, reconnaît Sliman Bouchuiguir. Mais c'est un débat qui devra avoir lieu plus tard. Pour l'instant, nous devons nous concentrer autour de l'unité de ce Conseil.»

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