Les 7 otages français dans les montagnes de Kidal?

Sept otages français sont retenus par des groupes... (IMAGE ARCHIVES AFP/AL-ANDALUS)

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Sept otages français sont retenus par des groupes islamistes au Sahel, qui avaient menacé de les tuer en cas d'intervention française.

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Serge DANIEL et Marc BASTIAN
Agence France-Presse
Bamako et Tombouctou

Les sept otages français enlevés par des islamistes au Niger et au Mali en 2011 et 2012 se trouvent probablement dans les montagnes proches de Kidal, dans l'extrême nord-est malien, a déclaré Paris jeudi, au lendemain de l'arrivée de soldats français à l'aéroport de la ville.

L'aviation française a d'ailleurs procédé ces derniers jours à des frappes aériennes «assez importantes» dans la région d'Aguelhok, à une centaine de kilomètres au nord de Kidal, selon le ministère français de la Défense.

«Les objectifs visés (sic) étaient des centres de commandement, des dépôts logistiques, des centres d'entraînement», a précisé le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard.

Un détachement des forces spéciales françaises a pris mercredi sans combat le contrôle de l'aéroport de Kidal, ancien fief du groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), à 1500 km au nord-est de Bamako, mais une tempête de sable perturbe la suite des opérations.

Un détachement d'environ 1400 militaires tchadiens remonte par ailleurs par la route de la frontière nigérienne, où il était positionné, en direction de Kidal, selon Paris.

Au même moment, à 340 km au sud de Kidal, une importante colonne franco-malienne de blindés et de véhicules 4x4 est partie de Gao en direction de Bourem, à 90 km plus au nord, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des combattants islamistes auraient été repérés dans des villages de cette zone, en cours de sécurisation, selon des habitants.

Et au moins deux soldats maliens ont été tués jeudi par une mine au passage de leur véhicule, entre les villes de Hombori et Gao (nord du Mali), récemment reprises aux islamistes.

«On soupçonne fortement les islamistes d'avoir posé cette mine. C'est arrivé dans une zone qu'ils contrôlaient. Mais on ne sait pas encore si elle avait été posée avant leur départ ou s'ils sont revenus depuis la poser», a indiqué une source malienne de sécurité.

C'est à Hombori que deux Français avaient été enlevés par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en novembre 2011. Sept otages français sont retenus par AQMI et un autre groupe islamiste, qui avaient menacé de les tuer en cas d'intervention française.

«Il est probable» que les otages «soient dans la région» du massif des Ifoghas au nord de Kidal, a déclaré sur la radio France-Inter Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, ajoutant : «Nous ne perdons jamais de vue, ni d'esprit, ni de sensibilité, le fait qu'il y a des otages français dans ce territoire».

Kidal, après Gao et Tombouctou, reprises en moins de trois jours du 26 au 29 janvier, est la dernière grande ville du Nord encore aux mains des groupes armés.

Longtemps tenue par le groupe islamiste Ansar Dine d'Iyad Ag Ghaly, ex-rebelle touareg, Kidal venait de passer sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) quand les Français y sont arrivés.

Le MIA a fait savoir mercredi qu'il s'opposait à la venue à Kidal de soldats maliens et ouest-africains.

Que «mijote» l'adversaire?

Experts et sources sécuritaires régionales pensent que c'est dans les montagnes des Ifoghas, dans la région de Kidal, berceau des Touareg proche de la frontière algérienne, que les combattants et chefs des groupes liés à Al-Qaïda se sont repliés après avoir fui les raids aériens français sur Gao et Tombouctou.

La région d'Aghelhok, dans l'Adrar des Ifoghas, est, selon le colonel Burkard, «assez logiquement une zone de repli des groupes terroristes qui sont en train de remonter vers le nord».

Sur Radio France International (RFI), le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, s'est de son côté interrogé sur la stratégie des groupes islamistes, se demandant «pourquoi il n'y a pas eu de combats, ce que l'adversaire mijote». Les islamistes «se sont retirés des grandes villes pour ne pas se trouver coincés et ils ont dû se retirer pas très loin de ces agglomérations», a-t-il ajouté.

Concernant le volet politique de la crise et la perspective de l'après-guerre, M. Traoré a déclaré que «le seul groupe avec lequel nous pouvons envisager des négociations c'est certainement le MNLA, à condition que le MNLA renonce à toutes ses prétentions territoriales».

Rébellion laïque, le MNLA a renoncé à sa revendication d'indépendance du nord du Mali, d'où il avait été totalement évincé en juin 2012 par AQMI et ses alliés, Ansar Dine et Mujao.

M. Traoré a estimé que le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur ouest-africain, se «trompe» en pensant pouvoir négocier avec Ansar Dine, à l'origine de l'offensive du 10 janvier vers le sud du Mali qui a déclenché l'intervention française.

«Ansar Dine s'est disqualifié, il n'est plus éligible au dialogue quel que soit par ailleurs le masque que certain d'entre eux ont décidé de porter désormais», a affirmé M. Traoré, allusion au mouvement dissident MIA.

De son côté, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a salué jeudi l'action «rapide et efficace» de la France, mais a indiqué que l'Alliance n'avait pas de rôle à jouer dans la stabilisation du Sahel.

 

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