L'armée française s'attaque à AQMI

Un soldat français monte la garde, alors qu'un... (PHOTO FABIO BUCCIARELLI, AFP)

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Un soldat français monte la garde, alors qu'un groupe de militaires s'apprêtent à s'envoler pour une mission dans le Nord malien, le 21 janvier.

PHOTO FABIO BUCCIARELLI, AFP

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Serge DANIEL
Agence France-Presse
Bamako

L'aviation française a visé un «centre de commandement» d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) à Tombouctou, ville du nord-ouest du Mali, pays vers lequel les États-Unis ont annoncé mardi avoir commencé à transporter troupes et équipements français.

La France s'est attaquée directement à AQMI, le plus important des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, en visant notamment «un centre de commandement des terroristes» près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises.

AQMI a été délibérément visé lors de cette attaque, selon une source proche du gouvernement français.

Lundi, le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées françaises, s'était borné à confirmer des frappes aériennes françaises «à la périphérie» de Tombouctou.

Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako, est une ville phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l'humanité. Les djihadistes y ont détruit à plusieurs reprises d'anciens mausolées de saints musulmans adulés par les populations locales, et s'y sont livrés à des exactions (lapidations, amputations).

La France a dans le même temps bénéficié d'un soutien de taille de la part des États-Unis : «À la demande du gouvernement français, nous avons commencé à affréter par les airs de l'équipement et du personnel de la France vers le Mali», a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée américaine, sans autre précision.

Washington, qui fournit déjà une aide en matière de renseignements à l'intervention française, avait annoncé la semaine dernière qu'elle mettrait prochainement à la disposition de la France des avions de transport, excluant toutefois l'envoi de troupes.

Plus de 2150 soldats français sont déjà déployés au Mali pour combattre les groupes islamistes armés, un chiffre qui va augmenter dans les prochains jours.

Onze jours après le début de l'intervention militaire française qui a donné un coup d'arrêt à la progression des islamistes vers le sud, le général Ibrahima Dahirou Dembélé, chef d'état-major de l'armée malienne a estimé que la «libération» de Gao et Tombouctou pourrait «ne pas prendre plus d'un mois».

Une colonne de soldats tchadiens et nigériens doit notamment se diriger vers Gao depuis Niamey, ouvrant un nouveau front face aux islamistes.

«Cette guerre injuste, qui nous est imposée par des terroristes et des trafiquants (...), nous la gagnerons», a lancé mardi le président du Niger, Mahamadou Issoufou, devant le contingent de soldats nigériens cantonné à Ouallam, une région proche de la frontière malienne.

Gao, située 1200 km de la capitale Bamako, et Tombouctou sont contrôlées depuis plus de neuf mois par des groupes islamistes armés, qui y ont multiplié les exactions.

«Pas une agression contre l'islam»

Mardi matin, des soldats maliens parcouraient les rues de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, comme ils l'avaient fait la nuit précédente, a constaté un journaliste de l'AFP.

Comme annoncé, les soldats français, qui avaient aidé lundi les Maliens à reprendre Diabali tombée aux mains des islamistes le 14 janvier, se sont retirés de la localité dans la soirée.

L'armée française semble réticente à stationner dans les villes : une fois reprises aux islamistes, elle préfère en laisser le contrôle à l'armée malienne.

C'est aussi le cas à Douentza, (à 800 km de Bamako), contrôlée depuis septembre par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), également reprise lundi par une colonne franco-malienne, qui se trouve sur une route stratégique d'où peuvent être menées des opérations vers le Nord.

Plusieurs sources ont fait état d'un repli des islamistes vers Kidal (extrême nord-est), à 1500 km de Bamako, près de la frontière algérienne.

Par ailleurs, de nouveaux pays ont répondu aux demandes d'aide logistique et financière de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) pour le déploiement d'une force au Mali qui, à terme, sera composée de quelque 6000 soldats africains.

Pour sa part, l'Union européenne a proposé d'organiser une réunion internationale sur le Mali le 5 février à Bruxelles, avec la participation de l'Union africaine, de la CÉDÉAO et de l'ONU.

Rompant avec la quasi-unanimité de la communauté internationale, le président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, s'est prononcé lundi contre l'intervention au Mali, «de nature à alimenter le conflit dans la région». Paris a estimé mardi que cette position était «manifestement minoritaire».

Et Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), principale organisation islamique d'un pays à 90 % musulman, a estimé que l'intervention de la France n'était «pas une agression contre l'islam».

 

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