Djokhar Tsarnaev condamné à mort

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Djokhar Tsarnaev dans un croquis d'audience publié en avril.

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Attentats de Boston

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

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Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
BOSTON

Deux ans après le carnage des attentats du marathon de Boston, leur auteur de 21 ans, un jeune musulman d'origine tchétchène, a été condamné vendredi à mort par un jury populaire américain.

Djokhar Tsarnaev n'a montré aucune réaction particulière, quand le verdict a été lu dans la salle d'audience comble du tribunal fédéral de Boston, en présence de nombreuses victimes.

Il avait été reconnu coupable le 8 avril dernier, et 17 des 30 chefs d'accusation retenus étaient passibles de la peine de mort. Les jurés ont été unanimes pour six de ces chefs d'accusation.

S'agissant d'un acte grave de terrorisme, Tsarnaev, relevait de la justice fédérale, dans un État du Massachusetts qui a aboli la peine de mort depuis 1984 et où personne n'a été exécuté depuis 1947.

Mais l'ancien ministre de la Justice Eric Holder avait requis la peine capitale, soulignant le caractère particulièrement haineux des attentats qui avaient visé le 15 avril 2013 le célèbre marathon de Boston, qui chaque année attire des milliers de spectateurs.

Trois personnes avaient été tuées, dont un enfant de 8 ans, et 264 blessées, dont 17 ont été amputées, quand deux bombes artisanales avaient explosé quasi simultanément dans la foule, près de la ligne d'arrivée.

Les condamnations à mort fédérales sont rares aux États-Unis: C'est la 39e depuis 2004. Les exécutions le sont encore plus: quatre seulement depuis 1963.

Mais les procureurs avaient insisté sur le fait que Djokhar Tsarnaev la méritait. C'est un terroriste sans remords qui la mérite pour avoir tué des Américains innocents, avait déclaré l'accusation à la fin du procès mercredi, soulignant plusieurs facteurs aggravants.

La défense avait plaidé à l'inverse les circonstances atténuantes, demandant la réclusion à perpétuité pour un «enfant perdu», sous l'influence de son frère aîné Tamerlan, auto-radicalisé.

Seulement trois jurés ont estimé dans le verdict qu'il était effectivement sous l'influence de son frère.

Le procureur Steve Mellin avait aussi rappelé l'inscription ensanglantée découverte à l'intérieur du bateau où Tsarnaev avait été retrouvé, qui expliquait qu'il voulait venger les guerres américaines en Irak et Afghanistan, et les musulmans innocents tués. Il avait refusé de faire une différence entre les deux frères.

«Pas de remords, pas d'excuses. Ce sont les mots d'un terroriste convaincu qu'il a fait ce qu'il devait. Il trouvait justifié de tuer, mutiler et blesser grièvement des innocents, hommes, femmes et enfants», avait déclaré le procureur.

«Ses actions méritent la peine de mort», avait-insisté, rappelant, photos à l'appui, les souffrances «épouvantables» des victimes, les trois morts, les amputés, les familles qui ne s'en remettront jamais.

La défense à l'inverse avait insisté sur le passé déraciné de Tsarnaev, né au Kirghizistan, ayant ensuite vécu au Daguestan, avant d'arriver aux États-Unis à l'âge de 8 ans. C'était le plus jeune de quatre enfants, «invisible» dans une famille où sa mère et son frère aîné, qu'il adorait, s'étaient radicalisés, et où le père était malade mental, avait souligné l'avocate Judy Clarke.

Certains jurés lui ont d'ailleurs reconnu des circonstances atténuantes, comme la maladie de son père et la radicalisation de sa mère, mais sans infléchir le verdict.

Ils ont aussi reconnu que Djokhar, qui à l'époque était étudiant et avait obtenu la nationalité américaine en 2012, n'avait pas de passé judiciaire, et avait des amis et des tantes en Russie qui l'aimaient.

«Djokhar Tsanev n'était pas le pire du pire, et c'est à cela qu'est réservée la peine de mort», avait plaidé Judy Clarke, soulignant aussi que la réclusion à perpétuité, dans une prison de très haute sécurité, éviterait d'en faire un martyr.

«Dans tous les cas, il mourra en prison», avait-elle souligné.

Outre les trois morts du marathon, il avait été également reconnu coupable de la mort d'un policier tué trois jours plus tard dans sa voiture.

Les jurés n'avaient le choix qu'entre réclusion à perpétuité et peine capitale.

Ce verdict est le premier échec pour Judy Clarke, célèbre avocate qui a évité la peine de mort à plusieurs condamnés notoires aux États-Unis, dont l'auteur de l'attentat des Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, Eric Rudolph, l'«Unabomber» Ted Kaczynski, et le Français Zacarias Moussaoui en liaison avec le 11-Septembre.

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