Le sort de Tsarnaev entre les mains des jurés

Djokhar Tsarnaev avait été reconnu coupable le mois... (ILLUSTRATION JANE FLAVELL COLLINS, REUTERS)

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Djokhar Tsarnaev avait été reconnu coupable le mois dernier des attentats du marathon qui avaient fait trois morts et 264 blessés le 15 avril 2013, quand deux bombes artisanales avaient explosé quasi simultanément près de la ligne d'arrivée.

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
BOSTON

Douze jurés américains ont commencé à délibérer mercredi dans le procès des attentats de Boston, ayant à décider entre peine de mort et réclusion à perpétuité pour leur auteur, Djokhar Tsarnaev, 21 ans.

Après plus de deux mois de procès, les jurés ont commencé leurs délibérations un peu après 16h00 avant d'être libérés pour la journée moins d'une heure plus tard. Ils reprendront jeudi matin.

Auparavant, l'accusation avait dans ses déclarations finales décrit le jeune musulman d'origine tchétchène, arrivé à 8 ans aux États-Unis, comme un terroriste sans remords, méritant la mort. La défense avait plaidé à l'inverse pour la réclusion à perpétuité pour un «enfant perdu», sous l'influence de son frère aîné radicalisé.

Les attentats de Boston, le 15 avril 2013, avaient fait 3 morts et 264 blessés, quand deux bombes artisanales avaient explosé près de la ligne d'arrivée du célèbre marathon de cette ville du nord-est. C'était le plus grave attentat dans un espace public aux États-Unis depuis le 11-Septembre.

«La seule sentence qui rendra justice dans ce dossier est une sentence de mort», a déclaré le procureur Steve Mellin.

Il a rappelé l'inscription ensanglantée découverte à l'intérieur du bateau où Djokhar Tsarnaev avait été retrouvé. Elle expliquait qu'il voulait venger les guerres américaines en Irak et Afghanistan, et les musulmans innocents tués.

«Pas de remords, pas d'excuses. Ce sont les mots d'un terroriste convaincu qu'il a fait ce qu'il devait. Il trouvait justifié de tuer, mutiler et blesser grièvement des innocents, hommes, femmes et enfants», a déclaré le procureur, rejetant l'idée que Djokhar ait été sous la coupe de son frère aîné Tamerlan.

Il a rappelé le carnage du marathon, les souffrances «épouvantables» des victimes, les trois morts, les amputés, les familles qui ne s'en remettront jamais. Il a montré des photos de victimes souriant avant les attentats.

Autant de facteurs aggravants justifiant selon lui la peine capitale.

La défense, plaidant les circonstances atténuantes, a insisté sur le passé déraciné de Tsarnaev, enfant «invisible» dans une famille où sa mère et son frère aîné, qu'il adorait, s'étaient radicalisés, avant que ses parents ne repartent en Russie en 2012, alors qu'il commençait l'université.

Il n'avait pas de passé judiciaire, avait des amis, était loyal, drôle, timide, a déclaré Judy Clarke, l'avocate de Tsarnaev qui avait obtenu la nationalité américaine en 2012.

Elle l'a décrit comme un jeune influençable, nourri de magazines d'Al-Qaïda et de prêches extrémistes par son frère Tamerlan.

Il mourra en prison 

«Jahar Tsanev n'était pas le pire du pire, et c'est à cela qu'est réservée la peine de mort», a-t-elle déclaré, en utilisant son surnom. Elle a  souligné que la réclusion à perpétuité, dans une prison de très haute sécurité, éviterait aussi d'en faire un martyr.

«Dans tous les cas, il mourra en prison», a-t-elle ajouté.

«Je ne vous demande pas de l'excuser. C'est inexcusable. Mais je vous demande d'essayer de comprendre», a ajouté Judy Clarke, une spécialiste de la peine de mort aux États-Unis. Elle l'a évitée à plusieurs condamnés notoires, dont «Unabomber» et Zacarias Moussaoui, ce dernier en liaison avec les attentats du 11-Septembre.

Cette «tragédie ne serait jamais produite sans Tamerlan», a-t-elle insisté. Tamerlan Tsarnaev, 26 ans, était décédé lors d'une confrontation avec la police quatre jours après les attentats.

Djokhar, pâle et maigre, en veste sombre, a écouté impassible, regardant le plus souvent la table devant lui.

Il avait été reconnu coupable le mois dernier des attentats, et de la mort d'un policier tué trois jours plus tard dans sa voiture.

Cette phase finale de son procès, avec le même jury, visait à établir sa sentence. Sur les 30 chefs d'accusation retenus contre lui, 17 sont passibles de la peine de mort.

Les jurés qui n'ont le choix qu'entre réclusion à perpétuité et peine capitale devront être unanimes pour imposer la peine de mort.

Parmi les circonstances atténuantes invoquées par la défense, son jeune âge (il avait 19 ans à l'époque), la domination de son frère, la maladie mentale de son père, le départ de ses parents en 2012. Et le témoignage d'une célèbre religieuse, Helen Préjean, affirmant qu'il regrettait son acte.

«C'est à vous de décider entre ces alternatives très graves, et seulement à vous», a déclaré le juge fédéral George O'Toole aux jurés. Le formulaire du verdict compte 24 pages.

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