Boston: Tsarnaev mérite la mort, selon les procureurs

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La décision reviendra aux mêmes 12 jurés qui avaient reconnu coupable Djokhar Tsarnaev (2e en partant de la gauche) le 8 avril dernier des 30 chefs d'accusation retenus contre lui.

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
BOSTON

L'auteur des attentats de Boston Djokhar Tsarnaev est «le pire cauchemar de l'Amérique» et mérite la peine de mort, ont insisté mardi les procureurs, à l'ouverture de la deuxième partie de son procès.

Dans une salle d'audience comble, en présence de plusieurs victimes, ils ont montré une photo du jeune musulman d'origine tchétchène, en tenue orange de prisonnier, faisant un doigt d'honneur à une caméra de surveillance, alors qu'il attendait en cellule d'être inculpé en juillet 2013.

«C'est Djokhar Tsarnaev. Imperturbable, sans remords, et inchangé», a affirmé la procureure Nadine Pellegrini.

Tsarnaev avait été reconnu coupable le 8 avril dernier des 30 chefs d'accusation retenus contre lui, et cette deuxième partie du procès doit permettre aux 12 mêmes jurés de décider de sa sentence: exécution et réclusion à perpétuité sont les seules options possibles. L'unanimité est requise pour la peine capitale.

«Pourquoi la peine de mort est-elle appropriée? Parce que Djokhar Tsarnaev avait comploté et planifié pour tuer», a déclaré la procureure, rappelant les vies brisées par les attentats du marathon de Boston qui avaient fait trois morts et 264 blessés le 15 avril 2013. 17 de ces blessés ont été amputés.

«Insupportable, indescriptible, inexcusable, insensé», a-t-elle asséné.

Dans la salle d'audience du tribunal fédéral de Boston, les jurés ont revu des photos du jour des attentats, avant et après le carnage. Une vidéo amateur a été diffusée, montrant des gens à terre, du sang. On y entend des pleurs déchirants d'enfant.

Tsarnaev «croyait au terrorisme, et partageait ses croyances avec son frère» Tamerlan, depuis décédé, a aussi déclaré Mme Pellegrini. «Pour lui, les gens dans la foule étaient ses ennemis».

Son idéologie extrémiste le destinait à devenir «le pire ennemi de l'Amérique», a-t-elle ajouté, avant que les procureurs n'appellent à la barre leurs cinq premiers témoins.

La défense n'a fait aucune déclaration, préférant se réserver pour la semaine prochaine, quand elle présentera ses témoins.

Tsarnaev impassible

Tsarnaev, 21 ans, en veste noire sur pull gris, pâle et maigre, était assis entre ses deux avocates, impassible comme à son habitude, ne regardant personne.

Une double amputée, Celeste Corcoran, a été la première à témoigner, rappelant la belle journée qu'était le marathon, jusqu'au carnage, et ses épouvantables souffrances ensuite. Une étudiante de 20 ans, Gillian Reny, a également raconté, parfois en larmes, la peur, le sang, les cris, «le chaos».

«Je l'appelais princesse. Et elle me manque énormément», a ensuite témoigné, étreint par l'émotion, le père de Krystle Campbell, 29 ans, tuée dans les attentats.

«Elle me rendait heureux. Elle m'appelait tous les jours. Elle était belle, forte, intelligente. Un rêve pour un père», a-t-il ajouté, expliquant que depuis sa mort, plus rien n'avait été pareil.

Les procureurs ont montré des photos de Krystle enfant, en famille, avec des amis, et son frère, également appelé William Campbell, a raconté à quel point ses coups de téléphone quotidiens lui manquaient.

«J'étais là pour elle, elle était là pour moi. On aimait sortir, danser, rencontrer des gens».

À l'extérieur du tribunal, une quinzaine de manifestants arboraient des panneaux contre la peine capitale.

«Pourquoi tuons-nous des gens qui tuent des gens pour montrer que tuer n'est pas bien?», pouvait-on lire sur un de ces panneaux.

Durant la première partie du procès, l'avocate de Tsarnaev Judy Clarke, avait reconnu sa culpabilité. Mais elle avait demandé aux jurés de garder l'esprit ouvert pour cette deuxième partie, où elle entend plaider les circonstances atténuantes, et montrer que le jeune étudiant, arrivé à l'âge de 8 ans aux États-Unis, était sous la coupe de son frère aîné Tamerlan, autoradicalisé. Elle devrait aussi chercher à l'humaniser, racontant son enfance déracinée, sa famille dysfonctionnelle...

Deux amputés, et la famille de la plus jeune victime, Martin Richard, 8 ans, ont ces derniers jours fait savoir qu'elles étaient opposées à la peine de mort pour Tsarnaev, préférant la prison à vie. Elles redoutent une multitude d'appels si Tsarnaev est condamné à la peine capitale. Mais d'autres victimes sont favorables à la peine de mort.

Depuis qu'elle a été rétablie au niveau fédéral en 1984, 79 personnes relevant de la justice fédérale ont été condamnées à la peine capitale aux États-Unis. Seules trois ont été exécutées.

Selon un nouveau sondage CNN/ORC, 53% des Américains se disent pour la peine de mort pour Tsarnaev, 45% étant favorables à la prison à vie.

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