Le procès de Boston reprendra lundi

Le procès de Djokhar Tsarnaev, 21 ans, jeune... (PHOTO JANE FLAVELL COLLINS, ARCHIVES AP)

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Le procès de Djokhar Tsarnaev, 21 ans, jeune musulman d'origine tchétchène, avait commencé le 4 mars au tribunal fédéral de Boston.

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
BOSTON

Après un jour et seulement quatre témoins, la défense a annoncé mardi qu'elle en avait terminé au procès des attentats de Boston, qui a été suspendu jusqu'à lundi prochain.

Les déclarations finales du procureur et de la défense auront lieu lundi, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, à l'issue de cette première phase du procès portant sur la culpabilité de l'accusé.

L'accusé Djokhar Tsarnaev, 21 ans, jeune musulman d'origine tchétchène qui est resté impénétrable depuis le début du procès le 4 mars, risque la peine de mort pour ces attentats qui avaient fait trois morts et 264 blessés près de la ligne d'arrivée du marathon le 15 avril 2013.

Face aux nombreux éléments l'accusant, notamment les images des caméras de surveillance le montrant sur le lieu des attentats, la défense avait préféré reconnaître dès le premier jour du procès qu'il était impliqué.

Mais, déterminée à lui éviter la peine de mort, elle a cherché à minimiser son rôle, affirmant que son frère aîné Tamerlan, 26 ans, décédé depuis, était le cerveau de ces attentats, les plus graves depuis le 11-Septembre aux États-Unis.

Mardi, une experte en empreintes digitales du FBI, Elaina Graff, a ainsi expliqué dans la salle d'audience du tribunal fédéral pleine à craquer, que les empreintes trouvées sur de nombreuses pièces à conviction --bocal de clous, reçus, reste d'une cocotte-minute ayant servi à fabriquer les bombes, ruban adhésif, outils, carnets de notes, mais aussi détonateur--, «appartenaient à Tamerlan Tsarnaev». Elle a ajouté que celles de Djokhar n'y figuraient pas.

Un expert en informatique, Mark Spencer, a aussi expliqué que l'examen des trois ordinateurs et autres appareils appartenant aux frères Tsarnaev, où se trouvaient plus de 5 millions de documents, avait montré que des recherches liées au «marathon de Boston», aux mots «détonateur», «magasins d'armes», «système de mise à feu» avait été effectuée dans les jours précédant les attentats, depuis l'ordinateur de Tamerlan Tsarnaev.

Il a reconnu n'avoir trouvé aucune recherche de ce type dans l'ordinateur portable de Djokhar Tsarnaev.

L'intégralité du magazine Inspire d'Al-Qaïda avait été téléchargée et mémorisée le 21 décembre 2011 par Tamerlan Tsarnaev, a aussi expliqué l'expert.

Ces documents avaient ensuite été copiés via une clé USB sur l'ordinateur portable de Djokhar, le 21 janvier 2012. Le jour même, a souligné la défense, où Tamerlan Tsarnaev quittait les États-Unis pour un long séjour en Russie.

Elle a aussi souligné via M. Spencer, que les principaux sites internet fréquentés par Djokhar Tsarnaev avant les attentats étaient Facebook et son équivalent russe, alors que son frère mémorisait «comment faire une bombe dans la cuisine de votre mère», ou téléchargeait des vidéos de l'imam Anouar Al Aulaqi, responsable décédé de la filière yéménite d'Al-Qaïda.

Défense minimaliste

Lundi, après le bref témoignage d'une photographe déjà interrogée par les procureurs, un expert en informatique, Gerry Grant, avait aussi expliqué que lorsque des cocottes-minute avaient été achetées en janvier 2013 à Saugus, le téléphone portable de Djokhar Tsarnaev émettait depuis l'université du Massachusetts Dartmouth, à quelque 80 km au sud. Et que ce soir-là, le jeune étudiant avait utilisé son badge pour dîner sur le campus.

Lors de l'achat d'armes à air comprimé, dans le New Hampshire (nord-est des États-Unis) en mars 2013, son téléphone le localisait aussi sur son campus, avait-il dit.

La défense a été minimaliste, au regard de la présentation de l'accusation qui, en quatre semaines (15 jours pleins), a fait défiler à la barre 92 témoins, dont des amputés aux témoignages bouleversants. Elle a achevé lundi sa présentation par des photos et descriptions parfois insoutenables, des blessures mortelles causées par les bombes, notamment à la plus jeune victime, Martin Richard, 8 ans.

Mais, selon les experts, la défense pourrait se réserver pour la seconde phase du procès.

Si les jurés reconnaissent Tsarnaev coupable, comme c'est probable, commencera en effet la deuxième partie de procès fédéral.

La peine de mort étant en jeu, accusation et défense devront à nouveau présenter arguments et témoins. La défense aura alors tout loisir de chercher à humaniser l'accusé, à l'enfance ballotée du Kirghizistan au Daguestan avant qu'il n'arrive aux États-Unis à huit ans.

Les jurés décideront ensuite, à l'unanimité, entre peine de mort et réclusion à perpétuité.

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