Le procès de Djokhar Tsarnaev s'ouvrira demain

Djokhar Tsarnaev, détenu quasi à l'isolement depuis son arrestation,... (ILLUSTRATION JANE FLAVELL COLLINS, ARCHIVES AP)

Agrandir

Djokhar Tsarnaev, détenu quasi à l'isolement depuis son arrestation, a plaidé non coupable des 30 chefs d'accusation retenus contre lui, dont utilisation d'une arme de destruction massive ayant entraîné la mort, et attentat dans un espace public.

ILLUSTRATION JANE FLAVELL COLLINS, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Attentats de Boston

International

Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

Le procès de Djokhar Tsarnaev, accusé des attentats de Boston, doit s'ouvrir mercredi dans cette ville du nord-est des États-Unis, presque deux ans après le drame qui avait endeuillé son célèbre marathon, faisant 3 morts et 264 blessés.

Tsarnaev, 21 ans, jeune musulman d'origine tchétchène qui avait obtenu la citoyenneté américaine en 2012, risque la peine de mort pour ce double attentat, le plus grave aux États-Unis depuis le 11-Septembre : deux bombes artisanales cachées dans des sacs à dos avaient explosé près de la ligne d'arrivée du marathon le 15 avril 2013, semant la terreur parmi les dizaines de milliers de spectateurs massés sur le parcours.

Les déclarations d'ouverture, de l'accusation puis de la défense au tribunal fédéral, sont prévues mercredi, une fois le jury finalisé. Le procès, très attendu, devrait durer jusqu'en juin.

La défense a tout tenté pour qu'il soit déplacé dans une autre ville, affirmant qu'il était impossible de constituer un jury impartial dans une ville de 650 000 habitants profondément marquée par ces attentats.

Mais à trois reprises, le juge responsable, George O'Toole, a refusé. Une cour d'appel, saisie à son tour, a rejeté une demande similaire vendredi dernier. La défense n'a pas désarmé, déposant une quatrième requête lundi, condamnée à subir le même sort selon les experts.

De nombreuses familles de victimes sont attendues au procès, anxieuses de trouver des réponses au drame qui a brisé leur vie. Une quinzaine de blessés ont dû être amputés, un petit garçon de 8 ans figurait parmi les morts.

De nombreuses zones d'ombre demeurent sur les préparatifs des attentats et sur la personnalité de l'accusé, tignasse rebelle et carrure frêle, qui était étudiant en 2013 et semblait bien intégré.

Selon l'accusation, il avait préparé ces attentats avec son frère aîné Tamerlan, 26 ans à l'époque, tué dans la nuit du 18 au 19 avril 2013 à Watertown, en banlieue de Boston, lors d'un échange de coups de feu avec la police. Les frères en fuite avaient peu avant tué un policier.

La défense a prévu de décrire Tamerlan comme le meneur, le conspirateur en chef autoradicalisé, sans lequel rien ne serait arrivé. Elle espère pouvoir en discuter dans la première phase du procès, et non la deuxième, où sera décidé quelle peine doit être imposée.

Djokhar Tsarnaev avait été arrêté le 19 avril au soir, après une gigantesque chasse à l'homme. Il était caché dans un bateau entreposé dans un jardin de Watertown, grièvement blessé.

«Le gouvernement américain tue nos civils innocents. (...) Nous, musulmans, sommes un seul corps, vous faites du mal à l'un de nous, vous nous faites du mal à tous. (...) Arrêtez de tuer nos innocents et nous arrêterons», avait-il écrit sur une paroi du bateau.

Un bateau au tribunal?

Lundi, ses avocats ont demandé que le bateau éclaboussé de sang soit apporté au procès pour être montré aux jurés. Les procureurs ont estimé qu'une copie du message suffirait.

La sélection des 12 jurés et six remplaçants pour ce procès a pris deux mois, alors que le juge avait initialement parlé de trois semaines.

Plus de 1300 personnes avaient été convoquées début janvier au tribunal, pour remplir un questionnaire. Quelque 250 ont ensuite été interrogées individuellement, et une soixantaine retenues, parmi lesquelles devait être sélectionné mardi le jury final. Cette sélection a été ralentie par plusieurs tempêtes de neige, durant lesquelles le tribunal est resté fermé.

Avant même l'ouverture du procès, la question de la peine de mort est déjà dans tous les esprits. L'une des avocates de Tsarnaev, Judy Clarke, est une spécialiste de la peine capitale, et l'a évitée à plusieurs clients célèbres, dont l'auteur de l'attentat des Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, Eric Rudolph, l'«Unabomber» Ted Kaczynski, ou encore Jared Loughner, auteur d'une fusillade mortelle dans laquelle avait été grièvement blessée Gabrielle Giffords, une élue du Congrès en 2011.

Tous avaient plaidé coupable à un moment donné, en échange de l'abandon de la peine capitale. Ils ont été condamnés à la réclusion à perpétuité.

Tsarnaev, détenu quasi à l'isolement depuis son arrestation, a plaidé non coupable des 30 chefs d'accusation retenus contre lui, dont utilisation d'une arme de destruction massive ayant entraîné la mort, et attentat dans un espace public.

Mais il peut décider de plaider coupable à tout moment.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer