Première apparition en 17 mois de l'auteur des attentats de Boston

En juillet 2013, Dzhokhar Tsarnaev, qui risque la... (ILLUSTRATION JANE ROSENBERG, ARCHIVES REUTERS)

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En juillet 2013, Dzhokhar Tsarnaev, qui risque la peine de mort, était apparu au tribunal fédéral de Boston le visage gonflé et encore partiellement paralysé, un bras plâtré.

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Attentats de Boston

Le fil d'arrivée du 117e marathon de Boston s'est rapidement transformé, lundi après-midi, en une véritable scène d'horreur. Vers 14h50, deux bombes ont explosé à deux endroits différents rue Boylston. Trois personnes sont mortes, dont un garçon de 8 ans. Selon un bilan provisoire, au moins 170 personnes, coureurs et spectateurs, ont été blessées, dont certaines gravement. »

Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

L'auteur présumé des attentats de Boston Dzhokhar Tsarnaev doit assister jeudi à une audience finalisant les détails de son procès, sa première apparition publique en 17 mois.

Détenu dans la prison-hôpital de Fort Devens, à quelque 70 km du tribunal fédéral de Boston où est prévue l'audience, Tsarnaev, 21 ans, n'a pas été revu depuis qu'il a plaidé non coupable le 10 juillet 2013.

Son procès doit s'ouvrir le 5 janvier, et cette ultime audience préparatoire doit permettre de discuter des derniers points d'organisation, dont notamment la sélection des jurés.

Tsarnaev, jeune musulman d'origine tchétchène, naturalisé américain en 2012, est accusé d'avoir déposé avec son frère Tamerlan deux bombes artisanales cachées dans des sacs à dos, près de la ligne d'arrivée du célèbre marathon de Boston le 15 avril 2013.

Ce double attentat simultané, l'un des plus graves commis depuis le 11-Septembre aux États-Unis, avait fait trois morts et 264 blessés, endeuillant un événement sportif extrêmement populaire et relançant les craintes de terrorisme.

Tamerlan Tsarnaev avait été tué quatre jours plus tard lors d'une confrontation avec la police. Son jeune frère avait été arrêté le 20 avril, caché dans un bateau entreposé dans le fond d'un jardin, grièvement blessé.

Trois mois plus tard, en juillet 2013, Dzhokhar Tsarnaev, qui risque la peine de mort, était apparu au tribunal fédéral de Boston le visage gonflé et encore partiellement paralysé, un bras plâtré.

Le jeune musulman d'origine tchétchène, en tenue de prisonnier orange, s'y était vu signifier les 30 chefs d'accusation retenus contre lui, dont «utilisation d'une arme de destruction massive ayant causé la mort» et «attentat dans un lieu public ayant causé la mort».

Il avait plaidé non coupable.

Un procès de plusieurs mois

Il a depuis vécu selon ses avocats quasi à l'isolement dans la prison fédérale de Fort Devens, qui accueille 1095 prisonniers, en raison de restrictions particulières imposées en août 2013 par le ministre de la Justice Eric Holder.

Ces restrictions, appelées mesures administratives spéciales, l'ont confiné à sa cellule selon ses avocats, et ont limité ses visites à sa seule famille immédiate et à ses défenseurs. Elles ont également limité ses conversations téléphoniques, ses courriers, et lui ont interdit tout contact avec les médias.

L'audience de jeudi est la dernière avant le procès, qui débutera le 5 janvier par la sélection des jurés.

Sur une paroi intérieure du bateau dans lequel il avait été retrouvé le 20 avril 2013, dans un jardin de Watertown, en banlieue de Boston, Dzhokhar Tsarnaev avait donné une sorte d'explication aux attentats.

«Le gouvernement américain tue nos civils innocents. Je ne peux pas supporter de voir ce mal rester impuni. Nous, musulmans, sommes un seul corps, vous faites du mal à l'un de nous, vous nous faites du mal à tous.» «Je n'aime pas tuer des civils innocents. L'islam l'interdit (...), mais arrêtez de tuer nos innocents et nous arrêterons», avait écrit Tsarnaev.

Arrivé à Boston à l'âge de 8 ans avec sa famille en provenance du Daguestan, Dzhokhar Tsarnaev était profondément marqué par son histoire familiale, ballotté, enfant, du Caucase du Nord au Kirghizstan, avant d'immigrer aux États-Unis en 2002.

Les deux frères, qui semblent avoir agi seuls, avaient préparé leurs bombes à partir d'instructions du magazine en ligne Inspire, une publication d'Al-Qaïda, selon l'acte d'accusation.

Le procès de Dzhokhar Tsarnaev devrait durer plusieurs mois.

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