La France se souvient des attentats de janvier 2015

Entouré de la mairesse de Paris Anne Hidalgo... (PHOTO BENOIT TESSIER, AFP)

Agrandir

Entouré de la mairesse de Paris Anne Hidalgo et du premier ministre Manuel Valls, le président François Hollande a dévoilé une plaque en l'honneur d'Ahmed Merabet, un policier qui avait été abattu peu après l'attaque aux locaux de Charlie par les frères djihadistes Saïd et Chérif Kouachi.

PHOTO BENOIT TESSIER, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Attentats à Paris

International

Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Bertrand PINON, Fabienne FAUR
Agence France-Presse
PARIS

Les autorités françaises ont ouvert mardi une semaine d'hommages aux victimes des attentats de janvier 2015 à Paris, dont l'anniversaire ravive les interrogations sur les failles des services de sécurité et de renseignement face au terrorisme djihadiste.

Un an après cette première vague d'attaques qui a frappé Charlie Hebdo, des policiers et des juifs clients d'un magasin cacher, le président François Hollande qui se présente en «père de la Nation» a dévoilé sur les lieux de la tuerie ayant visé cet hebdomadaire satirique une plaque «à la mémoire des victimes de l'attentat terroriste contre la liberté d'expression» perpétré le 7 janvier 2015.

Accompagné de la maire de Paris Anne Hidalgo et du premier ministre Manuel Valls, il a ensuite dévoilé une autre plaque sur un boulevard proche, où un policier, Ahmed Merabet, avait été abattu dans leur fuite par les frères Saïd et Chérif Kouachi.

Il a refait le même geste devant l'Hyper Cacher de l'est de Paris cible le 9 janvier d'une attaque menée par un troisième tueur, Amédy Coulibaly, qui y a exécuté trois clients et un employé.

Dépôts de gerbes et minutes de silence : les cérémonies, en présence de proches des victimes, ont été sobres.

Un couac les a entachées: le nom du dessinateur Georges Wolinski a été écorché pour devenir «Wolinsky» sur la plaque devant Charlie Hebdo, qui a dû être recouverte d'un voile noir en attendant son remplacement, selon la mairie de Paris.

«Plusieurs personnes du cabinet de Mme Hidalgo sont venues m'expliquer que c'était le marbrier qui s'était trompé. Mais moi, ce que je pense, c'est que quand on va poser une plaque avant de la recouvrir pour la dévoiler, on regarde quand même ce qu'il y a écrit dessus», a réagi «furieuse» sa veuve, Maryse Wolinski.

Le dessinateur figurait parmi les douze personnes tuées dans l'attaque contre l'hebdomadaire satirique, aux côtés notamment d'autres caricaturistes vedettes comme Charb, le patron de la rédaction, et son garde du corps, le policier Franck Brinsolaro.

«On est passé à côté»

La veuve de ce dernier vient de porter plainte contre X pour «homicide involontaire», mettant en exergue des «manquements» des services de renseignement.

«Pour moi, Franck a été sacrifié, il n'y a pas d'autres mots. Il voyait les dysfonctionnements, il regrettait le manque de sécurité dans les locaux, il disait que c'était une passoire», a accusé Ingrid Brinsolaro.

«Elle a exprimé son chagrin, son désarroi», il faut «le respecter» et que «les questions qu'elle pose fassent l'objet de réponses», a réagi mardi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Selon l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), il n'y a toujours pas de «véritable stratégie de l'État» dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

Plusieurs enquêtes diffusées cette semaine sur les chaînes de télévision françaises reviennent sur les conditions dans lesquelles les jihadistes ont pu passer à travers les mailles du filet alors qu'ils étaient pourtant connus pour leur radicalisation.

Le placement sur écoute des frères Kouachi avait été abandonné faute de résultats. Quant à Amédy Coulibaly, il était surtout considéré comme un délinquant de droit commun.

«Oui, on est passé à côté», avait admis l'an dernier, sous le couvert de l'anonymat, un membre de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les attentats de janvier 2015 avaient fait 17 morts : outre les 12 morts de Charlie Hebdo et les quatre du supermarché cacher, une policière avait été abattue par Coulibaly le 8 janvier à Montrouge, au sud de Paris. Une plaque à sa mémoire doit être dévoilée samedi par le président français.

Un an jour pour jour après l'attaque de Charlie Hebdo, François Hollande fera jeudi un discours devant les forces de sécurité déployées dans les lieux publics et sur des sites sensibles.

Les commémorations doivent culminer dimanche sur la Place de la République, au coeur de Paris, avec un rassemblement dédié à toutes les victimes des attentats en France. Un chêne de 10 mètres de haut, «arbre du souvenir», y sera planté. Le chanteur Johnny Hallyday interprétera une chanson, Un dimanche de janvier, pour rappeler la mobilisation de près de quatre millions de Français le 11 janvier 2015 dans des marches contre le terrorisme, en présence à Paris d'une cinquantaine de dirigeants étrangers.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer