Des milliers de militaires déployés en France

Sur ordre du président François Hollande, 10 000 soldats... (PHOTO GONZALO FUENTES, REUTERS)

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Sur ordre du président François Hollande, 10 000 soldats vont être déployés à partir de mardi soir pour assurer «la sécurité des points sensibles du territoire», a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, à l'issue d'un conseil de sécurité intérieure à l'Élysée.

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Attentats à Paris

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Bertrand PINON, Valérie LEROUX
Agence France-Presse
PARIS

La France a décrété lundi la mobilisation de milliers de militaires et policiers pour parer à la menace de nouveaux attentats, et protéger notamment les écoles et lieux de cultes juifs, au lendemain d'une journée historique de manifestations contre le terrorisme.

Sur ordre du président François Hollande, 10 000 soldats vont être déployés à partir de mardi soir pour assurer «la sécurité des points sensibles du territoire», a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

«C'est la première fois qu'une mobilisation de cette ampleur mobilise nos forces (à cette échelle) sur notre territoire», a-t-il déclaré, en évoquant «l'ampleur des menaces» pesant toujours sur le pays.

Peu auparavant, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé la mobilisation immédiate «de 4700 policiers et gendarmes» pour renforcer la protection des 717 écoles et lieux de culte juifs de France ainsi que les mosquées, cibles d'actes de vandalisme.

Selon le premier ministre Manuel Valls, «la traque se poursuit» pour retrouver «d'éventuels complices» des trois djihadistes français auteurs des attentats de Paris, qui ont fait 17 morts la semaine dernière.

La Turquie a confirmé lundi la fuite en Syrie, via son territoire, d'Hayat Boumeddiene, la compagne de l'auteur de la tuerie du magasin casher à Paris, Amédy Coulibaly.

«La France n'en a pas terminé avec les menaces», avait averti dès vendredi le président Hollande alors que le gouvernement a reconnu «des failles» dans la sécurité du pays, engagé au Sahel et en Irak contre les mouvements jihadistes.

À Paris, les rescapés du carnage de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo préparent leur prochain numéro pour mercredi. Cette édition dite «des survivants», qui sera tirée à trois millions d'exemplaires et traduite en 16 langues, comportera «évidemment» des caricatures du prophète Mahomet, a affirmé l'avocat du journal.

«L'esprit du 11 janvier»

Au lendemain de la marée humaine de près de 4 millions de personnes dans les rues du pays pour dénoncer la violence islamiste, la classe dirigeante doit tenter de préserver l'union sacrée provoquée par les attentats.

Lors de cette mobilisation populaire record dimanche en France au moins 3,7 millions de manifestants, dont 1,2 à 1,6 million à Paris, ont défilé aux côtés de M. Hollande et d'une cinquantaine de dirigeants étrangers.

«Ne laissons pas retomber l'esprit du 11 janvier», a appelé Manuel Valls, mettant l'accent sur la lutte contre l'antisémitisme ajoutant «je ne veux pas que l'on puisse dire que l'ennemi (...) c'est le juif».

Quatre juifs, exécutés dans un supermarché casher de la capitale, figurent parmi les 17 morts des attentats jihadistes, outre les douze personnes tuées dans l'attaque du journal satirique Charlie Hebdo et une policière abattue au sud de la capitale.

L'instance de représentation de la communauté musulmane, elle, s'est inquiétée de la cinquantaine d'actes islamophobes recensés depuis l'attentat contre Charlie Hebdo et a appelé l'État à «renforcer la surveillance» des mosquées.

Très impopulaire, le président socialiste François Hollande bénéficie depuis cinq jours de l'élan unitaire d'une France qui lui apporte son soutien inédit depuis son entrée en fonctions en 2012.

«Il a fait ce qu'il devait faire», a même reconnu lundi son principal adversaire et prédécesseur Nicolas Sarkozy, président de l'opposition de droite UMP.

Proposée par l'ancien président (2007-2012), la création d'une commission parlementaire d'enquête a été approuvée par le gouvernement.

En réponse aux demandes provenant de la droite, d'une législation antiterroriste renforcée, Manuel Valls a mis en garde contre les «procédures d'exception» comme le Patriot Act, promulgué aux États-Unis après le 11 septembre 2001 et critiqué pour ses restrictions aux libertés publiques.

Il a plaidé pour renforcer les systèmes d'écoutes dans les enquêtes antiterroristes et généraliser l'isolement en prison des islamistes radicaux afin de prévenir le prosélytisme.

Le preneur d'otages du supermarché casher, Amédy Coulibaly, et Chérif Kouachi, l'un des deux frères auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, avaient basculé dans l'islam radical en prison.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'était invité à la marche dimanche selon la presse israélienne, s'est recueilli lundi sur les lieux de la tuerie du supermarché casher, allumant une bougie à la mémoire des victimes.

«Il lui a tiré dans le dos»

Une ex-otage de Coulibaly a décrit de son côté «l'horreur» vécue dans le supermarché. «Une personne a voulu partir: il lui a tiré dans le dos», a expliqué Sophie sur la radio Europe 1. Un jeune homme a tenté de le neutraliser, mais le preneur d'otages «a été plus rapide et il lui a mis une balle dans la gorge», a-t-elle raconté en sanglots.

Coulibaly l'a alors désigné pour aller chercher des clients cachés dans les chambres froides du sous-sol par un employé du magasin, Lassana Bathily, musulman pratiquant.

«Il y avait un père avec son enfant de trois ans. (...) Je me suis dit que j'ai fait monter un enfant de trois ans, c'est une horreur», a confié l'ex-otage.

La mobilisation populaire suscitée par les attentats a été inédite par sa dimension planétaire et la présence dimanche d'une cinquantaine de dirigeants étrangers défilant en même temps, dont M. Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Washington, représenté uniquement par son ambassadrice, Jane Hartley, a regretté lundi de ne pas avoir envoyé de haut responsable à la marche de Paris. Un porte-parole de la Maison-Blanche a précisé «ceci étant dit, il ne fait aucun doute que les Américains et cette administration sont pleinement aux côtés de la France».

Les attaques contre la France ont suscité un mouvement de réprobation générale dans le monde avec des marches et rassemblements sous la bannière «Je suis Charlie» dans de nombreuses capitales d'Europe et d'Amérique.

«Procédures d'exception»?

En réponse aux demandes provenant de la droite, d'une législation antiterroriste renforcée, Manuel Valls a mis en garde contre les «procédures d'exception» comme le Patriot Act, promulgué aux États-Unis après le 11 septembre 2001 et critiqué pour ses restrictions aux libertés publiques.

Il a en revanche plaidé pour renforcer les systèmes d'écoutes dans les enquêtes antiterroristes et généraliser l'isolement en prison des islamistes radicaux afin de prévenir le prosélytisme.

Le preneur d'otages du supermarché casher, Amédy Coulibaly, et Chérif Kouachi, l'un des deux frères auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, avaient basculé dans l'islam radical en prison.

Des hommages aux victimes des attentats se dérouleront toute la semaine. Une cérémonie nationale se tiendra aux invalides, au coeur de Paris. Une autre est prévue mardi à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui s'était invité à la marche dimanche selon la presse israélienne, s'est recueilli lundi sur les lieux de la tuerie du supermarché casher, allumant une bougie à la mémoire des victimes.

«Il lui a tiré dans le dos»

Une ex-otage de Coulibaly a décrit lundi «l'horreur» vécue dans le supermarché. «Une personne a voulu partir: il lui a tiré dans le dos», a expliqué Sophie sur la radio Europe 1. Un jeune homme a tenté de le neutraliser, mais le preneur d'otages «a été plus rapide et il lui a mis une balle dans la gorge», a-t-elle raconté en sanglots.

C'est elle que Coulibaly a alors désignée pour aller chercher des clients cachés dans les chambres froides du sous-sol par un des employés du magasin, Lassana Bathily, musulman pratiquant.

«Il y avait un père avec son enfant de trois ans. (...) Je me suis dit que j'ai fait monter un enfant de trois ans, c'est une horreur», a confié l'ex-otage.

La mobilisation populaire suscitée par les attentats a été inédite par sa dimension planétaire et les images stupéfiantes qu'elle a données dimanche de dirigeants étrangers défilant sur la même ligne, dont M. Nétanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Les attaques contre la France ont suscité un mouvement de réprobation générale dans le monde, où des défilés de soutien ont aussi eu lieu dans de nombreuses capitales d'Europe et d'Amérique, à Madrid, Londres, Bruxelles, Berlin, Washington, Montréal...

La France s'expose à de nouvelles attaques, menace l'AQMI

Le groupe islamiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a averti lundi la France qu'elle s'exposerait à de nouvelles attaques si elle persistait dans sa politique «hostile à l'islam».

«La France paie aujourd'hui le prix de son agression contre les musulmans et sa politique hostile à l'islam», estime AQMI dans son message diffusé sur des sites islamistes, après trois attaques la semaine dernière à Paris, où 17 personnes ont été tuées par des djihadistes.

«Tant que ses soldats occupent des pays comme le Mali et la Centrafrique et bombardent nos peuples en Syrie et en Irak, et tant que sa presse stupide continue à porter atteinte à notre prophète, la France s'exposera au pire», poursuit AQMI qui salue «les trois cavaliers de l'islam héros de la bataille de Paris», en référence aux auteurs des attentats ayant secoué la capitale française.

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