Attentats: les théories du complot se multiplient

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La question du sang revient depuis quelques jours au sujet de l'attentat contre Charlie Hebdo. Les sites conspirationnistes affirment qu'il n'y en a pas dans la vidéo montrant un policier abattu dans la rue.

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Attentats à Paris

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

Plusieurs sites adeptes de théories conspirationnistes nient que les cercles djihadistes soient à l'origine de l'attentat contre Charlie Hebdo et cherchent à en faire porter la responsabilité à des pays comme les États-Unis ou Israël. Ou carrément à l'État français lui-même.

L'apparition de théories «paranoïaques» de cette nature n'étonne pas outre mesure Mick West, programmeur anglais basé en Californie qui gère depuis plusieurs années un blogue, Metabunk, cherchant à contrecarrer ce type de discours.

Le profil des agresseurs, le fait que l'hebdomadaire français se trouvait depuis longtemps dans la ligne de mire des fondamentalistes en raison de ses dessins sur l'islam, qu'il était régulièrement menacé et avait déjà été attaqué il y a quelques années suffisent largement, selon lui, pour convaincre la vaste majorité des gens des origines de l'attaque.

«Mais il y a toujours un petit, mais bruyant, groupe de personnes qui considère que tout ce qui est relayé dans les médias est faux», relève M. West.

Les personnes qui défendent des théories conspirationnistes vont chercher, explique-t-il en entrevue, à mettre en relief des éléments qui semblent incongrus dans la «version officielle» afin de pouvoir «plaquer leur interprétation subjective des événements».

Dans le cas de la fusillade survenue aux États-Unis dans la ville de Sandy Hook en décembre 2012, l'absence de vidéos ou encore la petite taille du tireur ont été évoquées pour tenter d'invalider la version des autorités, relève le blogueur. Lors de l'attentat au marathon de Boston, des «experts de salon» affirmaient qu'il y avait «trop de sang, pas assez de sang» ou encore que «le sang était trop rouge».

La question du sang revient depuis quelques jours au sujet de l'attentat contre Charlie Hebdo, souligne M. West. Les sites conspirationnistes, souligne-t-il, affirment qu'il n'y en a pas dans la vidéo montrant un policier abattu dans la rue.

Une forme de «religion»

Pour certaines personnes, le recours à des théories conspirationnistes constitue presque une forme de substitution à la «religion». «Elles ont besoin de pouvoir donner un sens à la vie, de comprendre ce qui se passe, et l'évocation de complots leur apporte des réponses», relève-t-il.

Les adeptes de ces théories, ajoute M. West, sont généralement très méfiants envers les gouvernements, une position renforcée par le fait que les États ne font pas toujours preuve d'une transparence parfaite relativement à leurs actions.

Pierre Trudel, professeur de droit public à l'Université de Montréal qui suit de près les médias sociaux, relève que la communication en ligne permet aux individus qui croient déceler un complot de trouver rapidement des éléments et des textes confirmant leur vision des choses et d'échanger à ce sujet.

«Les gens se regroupent en ligne selon leurs croyances et leurs convictions [...]. Ils se convainquent entre eux comme dans les sectes», affirme-t-il.

Toute contestation extérieure de leur vision est accueillie très agressivement, souligne M. West, qui se fait régulièrement accuser d'être à la solde du gouvernement américain ou d'autres États.

Les théories conspirationnistes sont particulièrement populaires auprès des jeunes, note le blogueur, qui espère les aider, par ses écrits, à voir clair.

Plusieurs d'entre eux, dit-il, sont des «personnes influençables [...] susceptibles d'accueillir facilement de nouvelles idées mais qui sont aussi capables de les abandonner lorsqu'on leur démontre qu'elles sont fausses».

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