Hollande salue la France qui «a fait face», Valls parle de «failles»

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«La France, même si elle est consciente d'avoir fait face, même si elle sait qu'elle peut disposer avec les forces de sécurité d'hommes et de femmes capables de courage et de bravoure, n'en a pas terminé avec les menaces dont elle est la cible. Je vais vous appeler à la vigilance, à l'unité et à la mobilisation», a affirmé le président français.

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

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Agence France-Presse
PARIS

La France «a fait face» mais «n'en n'a pas fini avec les menaces dont elle est la cible», a déclaré le président français François Hollande dans une allocution solennelle à l'issue de trois jours de terreur et d'attaques qui ont fait 17 morts et 20 blessés dans le pays.

«La France, même si elle est consciente d'avoir fait face, même si elle sait qu'elle peut disposer avec les forces de sécurité d'hommes et de femmes capables de courage et de bravoure, n'en a pas terminé avec les menaces dont elle est la cible. Je vais vous appeler à la vigilance, à l'unité et à la mobilisation», a affirmé le président français.

Il a dénoncé l'«acte antisémite effroyable» commis dans un supermarché casher à Paris où s'était retranché l'islamiste Amedy Coulibaly et où ont péri quatre otages.

«Aujourd'hui, dans ce magasin casher, c'est bien un acte antisémite effroyable qui a été commis», a-t-il déclaré vendredi, ajoutant à propos de l'autre prise d'otage au nord de Paris que «ceux qui ont commis ces actes terroristes, ces illuminés, ces fanatiques, n'ont rien à voir avec la religion musulmane».

Le président Hollande participera dimanche à la «marche républicaine» à Paris en hommage aux victimes des tueries commises par trois djihadistes à Paris mercredi, jeudi et vendredi, a-t-il annoncé vendredi soir.

Le Consulat général de France à Montréal a annoncé qu'une marche en hommage aux victimes des attentats de Paris se tiendrait dans la métropole québécoise dimanche à 11h. La marche partira de la Place des Arts et se terminera au Consulat, sur la rue McGill College.

Valls: «il y a eu des failles»

Le premier ministre français Manuel Valls a reconnu vendredi soir qu'avec un bilan de «17 morts» en trois jours il y avait eu «des failles» dans le dispositif de repérage des personnes susceptibles de commettre des attentats.

«Il y a une faille bien évidemment. Quand il a 17 morts, c'est qu'il y a eu des failles», a déclaré Manuel Valls sur BFMTV, rappelant les «centaines d'individus qui partent en Syrie ou en Irak» où ils sont «formés au terrorisme» et d'où certains «reviennent». Il a souligné que les autorités y font face par des «interpellations», des «incarcérations» et l'adoption de deux lois anti-terroristes.

Les États-Unis et l'Europe solidaires

Washington et l'Europe ont exprimé leur solidarité avec Paris, où les principaux dirigeants européens iront manifester dimanche pour soutenir la France, endeuillée par des attentats sanglants suivis de prises d'otages qui ont connu vendredi un dénouement tragique.

Alors que ces événements sans précédent depuis 40 ans en France continuent d'émouvoir le monde entier, le président américain Barack Obama a affiché avec force la solidarité des États-Unis envers la France, mettant en avant leurs «valeurs universelles» communes comme la liberté.

M. Obama a noté que si «la menace immédiate» semblait écartée, le gouvernement français devait «rester vigilant».

Le premier ministre Britannique David Cameron et son homologue espagnol Mariano Rajoy, dont les deux pays ont été frappés par des attentats islamistes ces dix dernières années, ont annoncé qu'ils participeraient à la marche «républicaine» de dimanche, qui devrait réunir des centaines de milliers de Français déterminés à prouver l'unité du pays.

La chancelière allemande Angela Merkel, l'Italien Matteo Renzi, les dirigeants européens Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Federica Mogherini, mais aussi les chefs de gouvernement danois, belge, néerlandais, maltais, finlandais et luxembourgeois ont également répondu à une invitation du président français François Hollande à se joindre à cette manifestation.

Juste avant les assauts, les condamnations sont venues parfois de pays ou d'organisations aux visions diamétralement opposées.

Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a demandé à la France de «maintenir un niveau de sécurité élevé pour les institutions juives même après un retour à la normale».

Son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avait auparavant dénoncé une nouvelle «tentative de la part des forces du mal qu'incarne l'islamisme radical pour infliger la peur et la terreur à l'Occident».

Iran et Hezbollah condamnent

Les deux ennemis historiques d'Israël, l'Iran et le Hezbollah libanais, ont également condamné sans ambages. «La violence et le terrorisme sont condamnables, que ce soit dans les pays de la région, en Europe ou aux États-Unis», a déclaré le président iranien Hassan Rohani. Lors de la prière du vendredi à Téhéran, l'ayatollah conservateur Ahmad Khatami a estimé que «l'islam ne permet pas qu'on tue un innocent, que ce soit à Paris, en Syrie, en Irak, au Yémen, au Pakistan ou en Afghanistan».

Sans évoquer le massacre à Charlie Hebdo, le chef du Hezbollah chiite libanais Hassan Nasrallah a condamné le «comportement de certains groupes terroristes qui se revendiquent de l'islam», qui «ont porté atteinte au prophète et aux musulmans plus que ne l'ont fait leurs ennemis (...), plus que les livres, les films et les caricatures ayant injurié le prophète».

Le président cubain Raul Castro a fait parvenir un message de condoléances à François Hollande. La Corée du Nord a aussi exprimé «sa profonde sympathie» aux familles des victimes. Et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, «soulagé» que les auteurs des attentats aient été tués, a souhaité «courage» à M. Hollande «pour surmonter cette tragédie».

L'émotion restait vive dans le monde entier. Vendredi soir, quelque 500 personnes ont ainsi respecté une minute de silence dans la capitale bulgare Sofia. À Bruxelles, environ 150 personnes ont formé un grand cercle sur une place du centre-ville, tenant des pancartes «Je suis Charlie», brandissant un stylo ou tenant une bougie. À Istanbul, des dizaines de journalistes se sont rassemblés. À Washington, la Chambre des Représentants s'est recueillie en silence.

Comme l'avait fait le président américain Obama à l'ambassade de France à Washington jeudi, le prince britannique Harry a signé vendredi un registre en mémoire des victimes. Un hommage du même ordre a été rendu par le premier ministre japonais Shinzo Abe à Tokyo, et par le Portugais Pedro Passos Coelho à Lisbonne.

La mobilisation devrait se poursuivre bien au-delà de Paris dans les prochains jours: dimanche, à Vienne est prévu un rassemblement «Ensemble contre le terrorisme» avec les communautés religieuses du pays, et une marche silencieuse se tiendra lundi à Berlin à l'appel de plusieurs organisations musulmanes.

L'Australie exprime sa solidarité 

Le premier ministre australien Tony Abbott a exprimé samedi au président François Hollande la solidarité de l'Australie avec la France après les attentats meurtriers qui viennent d'avoir lieu sur son sol.

Au cours d'un entretien téléphonique avec M. Hollande, «Le premier ministre a déclaré, au nom du gouvernement et du peuple australiens, que notre nation déplore profondément toutes les victimes» des attentats djihadistes commis ces jours-ci à Paris et dans sa région, indique un communiqué du bureau de M. Abbott.

Le premier ministre a déclaré que «l'Australie apporte sa solidarité, son amitié et sa sympathie au gouvernement et au peuple français en ce moment difficile», selon le communiqué.

«Les deux dirigeants ont discuté de la nature évolutive de la menace terroriste internationale et du fait qu'il s'agit d'un problème commun auquel notre monde est confronté», ajoute le communiqué australien.

L'Australie avait été elle-même confrontée au terrorisme en décembre dernier avec une prise d'otages dans un café de Sydney par un homme se revendiquant de l'islamisme. Deux otages et l'agresseur avaient péri.

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