«J'ai vu l'horreur», témoigne un rescapé de l'attentat

Laurent Léger se dit déterminé à publier un nouveau... (PHOTO XAVIER LEOTY, AFP)

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Laurent Léger se dit déterminé à publier un nouveau numéro la semaine prochaine. «On va faire quelque chose. C'est important», a-t-il ajouté, soulignant que le journal avait reçu «des milliers de messages, de SMS, de tous les pays».

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Attentats à Paris

Le siège parisien du journal satirique français «Charlie Hebdo» a été la cible d'un attentat terroriste sanglant ayant coûté la vie à au moins 12 personnes dont son directeur de rédaction et dessinateur emblématique Charb et ses trois autres caricaturistes vedettes: Cabu, Wolinski et Tignous. Le pire attentat en sol français depuis 50 ans. Cet attentat a été suivi par deux attaques qui seraient vraisemblablement liées au carnage chez «Charlie Hebdo». »

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Agence France-Presse
PARIS

«Je me demande comment j'ai pu en réchapper», a confié jeudi, bouleversé, l'un des rares rescapés de l'attentat à Paris contre Charlie Hebdo, qui est parvenu à échapper aux tueurs en se cachant derrière une table.

Grand reporter à l'hebdomadaire satirique, Laurent Léger participait à la traditionnelle conférence de rédaction du mercredi au siège parisien du journal lorsque deux hommes munis d'armes automatiques ont fait irruption.

«Ils ont tiré dans le tas, tout simplement», a-t-il raconté à la radio France Info, démentant l'information selon laquelle les assaillants avaient demandé l'identité des personnes qu'ils voulaient abattre.

«J'ai vu un homme cagoulé, j'ai vu beaucoup de sang, j'ai vu la moitié de la rédaction par terre. Je me demande encore comment j'ai pu en réchapper», a-t-il expliqué, résumant son récit en trois mots : «J'ai vu l'horreur».

Parmi les douze victimes figurent les dessinateurs Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, ainsi que le chroniqueur et économiste Bernard Maris.

«C'était la fin de la réunion de rédaction et tout d'un coup on a entendu quelques «pétards», puis la porte s'est ouverte, un type a jailli en criant 'Allah Akbar'», s'est-il remémoré avec émotion.

«Il ressemblait à un type du GIGN ou du Raid (unités d'élite de la gendarmerie et la police), était cagoulé, il était tout en noir, il avait une arme qu'il tenait par les deux mains, et puis ça a tiré, et puis l'odeur de poudre et puis par chance j'ai pu me jeter derrière une table dans une encoignure, j'ai échappé à son regard (...) et les camarades du journal sont tombés», a-t-il dit encore.

«C'est allé très vite (...) Personne de cette petite équipe de survivants n'a encore compris que c'était vraiment la réalité», a expliqué le journaliste.

«Je voyais les autres par terre, le bruit des détonations et puis tout d'un coup silence. On s'est précipité vers les blessés, j'ai tenu la main de notre webmaster», toujours dans un état très grave, a-t-il poursuivi.

La rédaction, notamment son directeur Stéphane Charbonnier, dit «Charb», se savait menacée depuis la parution en 2006 de caricatures du prophète Mahomet, suivie de menaces de mort. «Charb se sentait plus menacé que les autres, nous on avait fait l'impasse sur cette menace», a confié Laurent Léger.

Lui aussi se dit déterminé à publier un nouveau numéro la semaine prochaine. «On va faire quelque chose. C'est important», a-t-il ajouté, on a «reçu des milliers de messages, de SMS, de tous les pays».

«Je ne veux pas qu'on fasse un journal de nécrologie, je veux qu'on fasse un journal pour dire le défi d'exister, le défi de dire les choses, de continuer à lutter contre la connerie, contre la bêtise humaine, contre l'obscurantisme, contre tous les fondamentalismes», a-t-il conclu.

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