La station de métro Maelbeek rouvre à Bruxelles

Seules différences visibles avec la situation d'avant les... (Photo Geert Vanden Wijngaert, AP)

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Seules différences visibles avec la situation d'avant les attentats : la présence de quelques militaires armés sur les quais et un grand tableau blanc où le public est invité à exprimer ses sentiments.

Photo Geert Vanden Wijngaert, AP

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Philippe SIUBERSKI
Agence France-Presse
Bruxelles

L'émotion était perceptible lundi lors de la réouverture de la station de métro Maelbeek, au coeur du quartier européen de Bruxelles, où l'un des kamikazes s'est fait exploser lors des attentats du 22 mars dernier.

« Ça fait des frissons, un sentiment de tristesse, donc je suis vite passée pour vite m'éloigner de cet endroit. Malheureusement il faut y passer tous les matins et tous les soirs », témoigne Vanessa Salembier, une employée de la Commission européenne, dont le bureau est à deux pas.

« Je suis venue pour réfléchir, j'ai mis une fleur et j'ai écrit des mots pour soutenir les familles, les gens qui sont morts, les gens qui ont survécu et dire que, de toute façon, ce sera toujours Bruxelles la meilleure », déclare à l'AFP une autre usagère régulière du métro, Solène Leroy, qui poursuit des études de sage-femme dans la capitale belge.

Maelbeek, située en plein quartier européen, dernière des 69 stations à rouvrir du réseau du métro bruxellois, fonctionnera dorénavant de 05H30 à minuit et demi, comme l'ensemble des lignes, qui retrouvent également leurs horaires habituels à partir de lundi. Elles fonctionnaient jusqu'ici selon une plage restreinte (06H00-22H00).

« Des dispositions adaptées ont été prises afin de mettre en place un niveau de sécurité approprié partout sur le réseau », a expliqué le chef du gouvernement régional bruxellois, Rudi Vervoort.

Des militaires et policiers assureront la sécurité des stations, dont les accès resteront « pour l'instant » limités à deux entrées et sorties, a souligné la Stib, la société gestionnaire du réseau.

« Ça fait quand même un peu drôle, il ne faut pas y penser, la vie continue », philosophait Patrick, 52 ans, l'un des premiers voyageurs à emprunter l'arrêt Maelbeek en tout début de matinée.

« Je pense que c'est un bon signal parce qu'on démontre vraiment que les terroristes ont fait ce qu'ils ont fait, mais qu'on est prêt. La ville a bien répondu, on a montré que tout le monde est ici pour la paix », observe quant à lui Tomaso Comazzi, stagiaire à l'Assemblée des régions d'Europe.

« C'est l'amour qui gagne »

Le 22 mars, à 09H11 (07H11 GMT), un peu plus d'une heure après le double attentat-suicide à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, Khalid El-Bakraoui a déclenché à son tour une explosion dans une rame, où seize personnes ont trouvé la mort. Au total, les attentats du 22 mars ont fait 32 morts et plus de 300 blessés.

Après un mois de travaux, la station présentait son visage habituel, avec ses fresques minimalistes --des esquisses de visages noirs sur du carrelage blanc-- et ses panneaux signalétiques.

Seule différence visible: la présence de soldats lourdement armés et un grand tableau blanc où le public est invité à exprimer ses sentiments.

« Prenons soin de la vie qui nous entoure », indiquait un message signé « Patricia », alors que quelque 200 victimes et proches de victimes ont pu visiter la station samedi à huis clos.

« J'ai tout lu, j'ai tout regardé et ce qui m'a le plus frappé, c'est un message où il est écrit "C'est l'amour qui gagne", car c'est ça que je pense moi aussi », raconte Tomaso Comazzi.

Cette fermeture, « c'était pour de bons motifs », estime Liliana, une ingénieure en médecine nucléaire rencontrée sur le quai du métro. « Je peux comprendre qu'il faut pouvoir analyser, régler tous les dégâts, je peux comprendre tout ça », confie-t-elle.

« Maintenant, je me sens tranquille, car je sais qu'ils ont pris toutes les mesures nécessaires et je vois que c'est bien sécurisé », se rassurait quant à lui un autre passager, Pietro.

« Je pense à tout ce qui est arrivé, (...) Je prie pour toutes les victimes et j'espère que ça ne se reproduira pas », ajoute ce traducteur à la retraite, qui a longtemps travaillé pour la Commission européenne.

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