Terrorisme: «On sera toujours deuxièmes», estime un expert belge

Touchés par des attentats meurtriers qui ont fait... (PHOTO AFP)

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Touchés par des attentats meurtriers qui ont fait 32 morts le mois dernier, des milliers de Belges se sont réunis dimanche dans les rues de Bruxelles pour une marche «contre la haine».

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Les djihadistes revenus de zones de guerre comme la Syrie ont de bonnes chances d'être mieux entraînés que vous au combat et, contrairement à vous, ils n'ont pas peur de mourir. Voilà le message inquiétant lancé par un responsable de la police belge venu au Québec pour faire part de la douloureuse expérience de son pays à des policiers et militaires canadiens.

Benoit Blanpain, commissaire de police à Bruxelles, s'est adressé à un large auditoire de policiers, militaires et autres travailleurs des services d'urgence vendredi dernier au Collège militaire royal de Saint-Jean, dans le cadre du colloque «L'islamisme radical au Canada: quelle menace? Quelles réponses?»

En plus d'être touchée par des attentats meurtriers le mois dernier, la Belgique est le pays européen qui, proportionnellement à sa population, fournit le plus de combattants étrangers aux groupes djihadistes en Syrie, selon un récent rapport de l'International Center for Counter-Terrorism. Plusieurs attentats, dont ceux de novembre dernier à Paris, ont été fomentés à partir de Bruxelles, et plusieurs opérations policières antiterroristes y ont mené à des arrestations et saisies d'armes.

La police belge consacre aujourd'hui énormément d'énergie à surveiller les combattants qui sont revenus au pays après avoir fait la guerre en Syrie.

«Ce sont des gens surentraînés, nettement mieux que certaines forces de police et militaires. Des gens qui pourraient passer à l'acte», a souligné le commissaire Blanpain devant un auditoire très attentif.

Au Canada, les services de renseignement fédéraux estimaient en février qu'une soixantaine de Canadiens sont revenus après avoir rejoint des groupes terroristes à l'étranger. Certains sont dégoûtés par ce qu'ils ont vu là-bas, mais d'autres sont surveillés de près, car les autorités croient qu'ils représentent une menace, a expliqué le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada lors de son dernier témoignage aux Communes.

«Tous nos services policiers et militaires, on sera toujours deuxièmes, car on ne joue pas avec les mêmes règles du jeu. Vous essayez de rester vivant. Pas eux», croit de son côté le commissaire Blanpain.

Il a aussi souligné comment les attentats récents, avec des attaques coordonnées contre des cibles multiples, dénotaient une planification efficace. «Ils sont très professionnels», a-t-il observé au sujet des terroristes.

Le commissaire a aussi évoqué l'aide précieuse apportée à la police par les travailleurs de rue à Bruxelles. Certains suivent les recruteurs à la trace dans les rues de la capitale et proposent systématiquement un contre-discours aux jeunes que ceux-ci tentent d'influencer.

Le commissaire s'est aussi livré à un constat qui a résonné fortement auprès de l'auditoire réuni au Collège militaire: dans le contexte actuel, il est tout à fait prévisible que d'autres attentats surviennent en Belgique, malgré tous les efforts pour prévenir ce scénario.

«On sait qui, on sait quoi... mais on ne sait pas où, ni quand. Mais la population n'est pas prête à entendre ça», a-t-il laissé tomber.

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